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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


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    25
    11
    2014

    VoD : le web de demain sera-t-il ouvert ou fermé ?

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    Contenu gratuit ou payant, technologies ouvertes contre terminaux propriétaires : les acteurs de la VoD tentent différentes stratégies pour attirer et retenir leur public.

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    22
    09
    2014

    VoD gratuite : la stratégie perdante ?

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    Alors que l’on nous prédisait la fin du modèle payant sur Internet, c’est le contraire qui se profile. Médias, majors : tout le monde souhaite sa part du gâteau. Et avec l’essor de la publicité en ligne, l’enjeu est de taille.

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    25
    11
    2013

    La VoD face au gratuit

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    En pleine croissance depuis 2007, le marché de la vidéo à la demande est face à un défi de taille : prouver à l’internaute qu’acheter ou louer un film en ligne est plus facile et moins contraignant que de télécharger illégalement.

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    26
    03
    2013

    Vers un monde sans humain ?

    A l’heure des nanotechnologies, les machines vont-elles nous permettre de transcender la mort ? Demain, un monde sans humains ? Des progrès scientifiques pour qui, pourquoi ?
    Un documentaire à voir :

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    1
    03
    2013

    Leadership & Creative Team Habits

    ‘Greatness is the act of being courageous—courageous enough to be yourself—, of surrendering to an ambition you share with others, and go change the world.’

    Here is how Keith Yamashita finished the speach he gave at a 99U conference in December 2012 on ‘The 3 Habits of Great Creative Teams’. An inspiring speach to say the least.

    If you need to know, Keith Yamashita is chairman and founder of SYPartners. For the past two decades, he has worked alongside CEOs and their leadership teams to define—and then attain—greatness for their institutions. Keith is also an author and essayist on leadership and design.

    Here is the video of the speach:




    And here is what you should keep in mind:

    We tend to think of creativity as the work of a soloist. Interestingly, virtually all acts of greatness are the work of an ensemble.

    Brilliant people who are soloist get stuck all the time. If this is your case, you have to develop your own unique method of getting unstuck. You have to find your rythm, your pattern.

    As part of a team, to achieve greatness, you have to have an understanding of each member ‘superpower’, to have a habit of purpose building, to be resilient, to base the team’s work on trust, to build belief in others so that they will take action, to focus on decision-making.

    Image 2


    - Habits of Great Creative Teams: Forces

    Image 7

    To do so you need the ability to see (not only look), to switch lenses.


    - Habits of Great Creative Teams: Superpower

    Image 4

    It is amazing how much people allow and settle for time in teams where they are not using their superpower. Once you know your superpower, your job is to stay in that zone as long as you can and in every team interaction you can. You will be happier because your contribution will be based on something you love to be, and your team will be better off cause it is your true talent that you are bringing to the table.


    - Habits of Great Creative Teams: Duos

    Duos is the smallest atomic unit of trust you can have in a team. Think of the top 10 duos in your life. Writte them down. Go through that list regularly, and see how you can build strength in that relationship. It all come down to how you react in that duo at any moment; you have two choices always: do you respond with a sens of love, or fear? We find the best way to build duos is to extend that love and trust, before it is safe for you to do so. In that act of generosity lays greatness.

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    20
    12
    2012

    Auto-distribution: the future for filmmakers?

    VHX: a sharp vision of digital content distribution, an innovative tool for filmmakers, a new company to follow!!

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    3
    12
    2012

    E-éducation : quels sont les grands enjeux de demain ?

    La semaine dernière avaient lieu Les Assises du Numérique 2012 à Paris Dauphine. Entre autres sujets abordés, la table ronde sur la e-éducation intitulée « De la craie à la tablette numérique : la révolution éducative » rassemblait un panel intéressant d’experts, industriels et chercheurs. L’occasion de faire un rapide point sur les avancées, défis et enjeux de l’intégration du numérique dans les pratiques éducatives.

    « Je crains que l’on ne puisse pas s’adapter » lançait d’entrée de jeu Michelle Laurissergues. Pour la Présidente de l’An@é (Association nationale des acteurs de l’école), il s’agit en France, non plus de considérer la maîtrise de la technique comme une fin en soi (un écueil bien français), mais plutôt d’agir de manière opérationnelle, au grès des évolutions technologiques.

    Le paramètre numérique change radicalement l’école. Pour Michelle Laurissergues, « il faut tout changer ». Plus possible de ne s’appuyer que sur un programme validé. Le système éducatif se dématérialise : partout et tout le temps. Désormais l’environnement numérique doit être du 24/24 heures.

    Mais il reste à régler les questions de l’infrastructure technique, de la disponibilité de ressources attractives et de l’intérêt pédagogique des solutions mises en œuvre. « On pense toujours aux usages finaux, à l’infrastructure technique (le haut débit par exemple), mais il ne faut pas oublier l’expérience utilisateur (l’offre de contenus, l’interface) », remarquait Marc Charrière d’Alcatel France.

    Il décrivait ainsi 3 phases stratégiques pour le développement de ce qui devient la m-éducation (mobile education) : 1) construction du réseau ; 2) mise en place des plateformes de cloud ; 3) édition des manuels disponibles sur les tablettes.

    Il faut revenir aux fondements philosophiques : quoi, pourquoi ? Il s’agit de s’interroger sur le type d’école que l’on veut, sur la valeur ajoutée que les TIC peuvent apporter pour les parents, les enseignants, les élèves et la société dans son ensemble, comme le soulignait François Taddei, généticien et membre du Haut conseil de l’éducation.

    Nous devons encourager le développement d’une « technologie socratique », la co-construction de solutions, la création de lieux ouverts, accompagner les enfants et leur apprendre à partager et à coopérer, leur inculquer l’éthique et favoriser les relations humaines.

    Car au final, à l’heure du numérique où tout s’accélère, « on ne peut pas former les jeunes aux métiers de demain, on ne peut que les accompagner ». Il est ainsi essentiel de prendre la mesure de l’impact des TIC sur le processus même d’apprentissage, comme le montre bien cette vidéo très juste d’une vingtaine de minutes faisant intervenir plusieurs experts :

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    24
    10
    2012

    Rencontres cinématographiques de Dijon : Focus sur les enjeux du marché de la VoD

    Le week end dernier s’est tenue la 22ème édition des Rencontres cinématographiques de L’ARP, pour la 7ème fois à Dijon. L’occasion pour les professionnels et politiques de se retrouver, d’échanger et de définir des objectifs communs pour l’avenir de la filière à l’ère du numérique.

    Les débats organisés ont abordé divers sujets cruciaux : la place de la VoD dans l’écosystème, la légitimité du principe d’exception culturelle, l’accès aux salles des films indépendants, le problème de la concentration des financements et l’adaptation de la copie privée dans le cloud.

    Focus sur le débat « Quelle place pour les plateformes VoD dans l’écosystème du cinéma européen ? » qui a eu lieu vendredi 19 octobre 2012.

    Au programme : la situation des plateformes VoD en France (et plus largement en Europe) face aux opérateurs mondiaux (Apple, Amazon, Google, Netflix), l’évolution des modèles économiques et des avantages comparatifs pour l’offre légale, l’enjeu de l’intégration des nouveaux acteurs dans le financement de la création, le sujet épineux de l’adaptation du système de chronologie des médias.

    Le service à la demande Netflix, invité à participer au débat, aurait répondu selon Florence Gastaud, déléguée générale de L’ARP (qui organisait les rencontres et modérait ce débat) : « Non merci. C’est un peu tôt. Certainement l’année prochaine. » Une réponse en forme d’annonce plutôt claire. Car si l’arrivée en France du géant américain de la VoD par abonnement (S-VoD) se fait attendre depuis bientôt un an, elle semble imminente à en croire ces propos.

    Le marché français doit donc s’organiser et consolider les quelques offres de S-VoD (FilmoTV, VideoFutur, CanalPlay Infinity), malgré une chronologie des médias qui ne permet pas (pour l’instant) de proposer les films en streaming illimité avant 3 ans après leur sortie salles…

    Rodolphe Belmer, Directeur général de Canal+, a débuté le débat en soulignant que la consommation de films en VoD est aujourd’hui « un état de fait » ainsi qu’un phénomène en accélération. Désormais, être présent sur le Web n’est plus une option. Il faut aller là où va l’audience.

    Avec un chiffre d’affaires total de la VoD payante en France (à l’acte et par abonnement) estimé à 219,7 millions d’euros en 2011 (baromètre NPA-GFK), le marché des films à la demande est en pleine croissance (en augmentation de 44,4% par rapport 2010). Il demeure toutefois encore très relatif face au marché du DVD (1,38 milliard d’euros de chiffre d’affaires en janvier 2011) et avec des prix de transactions qui continuent de baisser.

    La situation est donc difficile pour les plateformes VoD françaises. En rajoutant la TVA aux prix fixés par Apple, « on ne gagne pas d’argent » déplore le représentant de Canal+. Sur ce « marché qui croît très vite, soit la rentabilité est très faible, soit on perd de l’argent » confirme Jean-Yves Bloch, Directeur de la plateforme française UniverCiné et de la fédération européenne des plateformes VoD du cinéma indépendant EuroVoD.

    Pour Canal, le plan d’action est très clair.
    3 axes d’action pour le développement de la VoD :

    (1) Adapter l’offre légale :

    Préparer les modèles de la chaîne à cette évolution en renforçant, d’une part, la ligne éditoriale sur le cinéma français ainsi que le sport, et d’autre part, en intégrant les différentes offres gratuites, payantes, à l’acte, par abonnement.

    Il s’agit donc, dans un premier temps, de développer la ligne éditoriale afin de concurrencer l’offre illégale. Un point crucial, comme le souligne José Antonio de Luna, co-fondateur de Filmin, plateforme VoD espagnole.

    Il s’agit également de proposer la palette la plus large de services, et sur tous les terminaux connectés (téléviseurs, tablettes, téléphones, ordinateurs). Dans un univers dématérialisé où tout est à portée de clic, il convient d’utiliser dans la chaîne de valeur quelque chose qui ne puisse pas être reproduit. Il est donc primordial d’être en mesure d’offrir un contenu le plus varié possible sur tous les terminaux connectés et facilement accessible.

    Mais comme le déplore Jean-Yves Bloch d’UniversCiné/EuroVoD : « Aujourd’hui, on n’a fait que remplacer le marché de la vidéo locative. » Et tandis que les exclusivités restent un atout concurrentiel, « les films doivent être sur toutes les plateformes légales afin de lutter contre le P2P » souligne José Antonio de Luna.

    (2) Ajuster la réglementation :

    Le numérique bouleverse les schémas établis. La notion de territorialité s’efface, le phénomène de globalisation s’accentue. Face à un phénomène de distorsion fiscale entre les différents pays européens, et à une situation concurrentielle déséquilibrée avec des acteurs globaux qui ne sont pas soumis aux mêmes obligations de diffusion et de financement, les acteurs de la VoD en France apparaissent pénalisés.

    Pour être concurrentiels, les mêmes règles doivent s’appliquer pour tous les acteurs souligne Rodolphe Belmer. Une position qui sera défendue par l’opérateur auprès de la mission Lescure. Et « si on n’a pas ça au niveau français, on le demandera au niveau européen » prévient le DG de Canal.

    (3) Lutter contre le téléchargement illégal :

    « Trouver un équilibre pour convaincre les autorités de sanctionner, et de plus en plus, le piratage. » Sur ce point, il s’agit pour Canal de développer au maximum l’offre légale afin de pouvoir demander au législateur d’accroître la lutte contre le P2P. Pour contrer l’offre illégal, l’offre légale doit être clairement identifiée et identifiable, rappelle Bruno Delecour, Président de FilmoTV.

    Alors tombe la question présente dans tous les esprits :
    Y a-t-il encore de la place sur le marché de la VoD pour les acteurs européens ?

    « Oui, car il faut de la concurrence » affirme Jérôme Chung, co-fondateur d’Under The Milky Way, société de services dédiée au marketing et à la distribution digitale de films et programmes audiovisuels. Sans minimiser les aspects réglementaires qui doivent être harmonisés en Europe (TVA et chronologie des médias), Jérôme Chung souligne l’aspect commercial qui demeure pénalisant pour les acteurs européens.

    Les stratégies de développement à l’international sont essentielles pour rester compétitif dans un marché composé d’acteurs globaux tels qu’Apple, Netflix, Google ou Amazon ; acteurs qui disposent de ressources financières infiniment plus importantes, d’une image de marque extrêmement forte, et qui sont déjà positionnés sur les marchés des technologies à forte valeur ajoutée tels que le cloud computing, affirme Jérôme Chung.

    Sur ce point, la route est encore longue pour les acteurs européens. Pour voir un acteur français émerger et devenir un acteur puissant, « on a un besoin important d’investissements afin de réaliser assez de marge » lance Rodolphe Belmer.

    Face à des offres d’acteurs globaux qui rencontrent un large succès, les divers services payants de VoD européens peinent à émerger. Nombre de films disponibles ridiculement bas, faiblesse de la promotion des offres et indigence des plateformes, les points noirs ne manquent pas et chacun suffit à conforter un certain manque d’enthousiasme des éditeurs et des consommateurs.

    L’intervention d’Antoine Rein, producteur chez Delante Films, membre du Conseil d’administration du Syndicat des producteurs indépendants (SPI) aura d’ailleurs permis de constater une certaine frilosité des producteurs à confier leurs films aux plateformes VoD (conditions financières, problème de l’exclusivité). Pour les ayants droit du cinéma, la valeur du film est au sein d’un catalogue et si le film est trop exposé dans le cadre d’une offre illimitée, les ventes sur les fenêtres suivantes peuvent être compromises.

    Abordé timidement, le problème crucial de la chronologie des médias est bien sûr resté en suspend. Véritable « dilemme » pour l’industrie du film, comme l’affirme Jérôme Chung d’Under The Milky Way, ce système « protège mais empêche », dans une certaine mesure, le développement du secteur.

    Tandis que Jean-Yves Bloch d’UniversCiné/Eurovod souligne le risque de cannibalisation, Rodolphe Belmer de Canal+ laisse entrevoir une évolution possible : ajuster la fenêtre de VoD par abonnement à la fenêtre de TV en clair, selon le modèle qui prévaut aujourd’hui aux Etats-Unis.

    Une pirouette qui ne règle pas vraiment le problème de l’exclusivité de la fenêtre Canal et des chaînes de TV en clair co-productrices. Cela ferait gagner en France à peine 6 mois pour le déploiement de l’offre S-VoD. Les films seraient alors disponibles dans les catalogues S-VoD 2 ans et demi (au lieu de 3) après leur sortie en salles…

    Pourtant, à l’heure où les utilisateurs préfèrent de plus en plus l’accès à un catalogue illimité plutôt que l’achat unitaire, ce marché représente également un levier extraordinaire de fidélisation, de création d’un parc d’abonnés et de différenciation des plateformes.

    En toile de fond, la question centrale de l’intégration des nouveaux acteurs au financement de la création a bien sûr été effleurée, puis traitée un peu plus en détail lors de la table ronde sur l’exception culturelle. Sur ce point, nous restons un peu sur notre faim. Mais pour parler de ces sujets, les grands absents à ce débat étaient les acteurs de l’électronique grand public et autres grands acteurs américains. Espérons que les prochaines Rencontres de l’ARP sauront se prêter au jeu de la multitude des nouveaux acteurs de la VoD pour ouvrir un dialogue constructif sur l’avenir du cinéma à l’ère du numérique.

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    13
    10
    2012

    La future régulation mondiale du net entre les mains de l’UIT

    Article publié dans le magazine en ligne d’actualité et d’analyse du monde informatique, PC INpact.


    Vous n’en avez certainement pas encore entendu parler, mais un événement majeur pour la régulation internationale des télécommunications aura lieu à la fin de l’année.

    Il s’agit de la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales, CMTI (en anglais World Conference on International Telecommunications, ou WCIT prononcé « Wickit »), qui se tiendra à Dubaï du 3 au 14 décembre 2012. Un sujet tout aussi complexe que passionnant : juste la future régulation mondiale d’Internet !

    Organisée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), cette grand-messe des télécoms est cruciale, car elle va réviser le Règlement des télécommunications internationales (RTI, ne soyons pas avares de sigles), traité global mettant en place les principes généraux régissant l’établissement et l’exploitation des télécommunications internationales. Le but : faciliter l’interopérabilité des réseaux et l’échange de trafic à travers les frontières.

    Dans un monde interconnecté où les technologies de l’information et de la communication sont au cœur de presque toutes nos activités, le rôle joué par l’UIT est plus décisif que jamais. Mais tandis que l’Union joue un rôle important pour ce qui est de la promotion du déploiement du réseau large bande, de l’élaboration des normes techniques, de la gestion du spectre à l’échelle mondiale et de la négociation des cadres internationaux en matière de cybersécurité, la question se pose toutefois de la légitimité d’un élargissement de son mandat pour inclure la gouvernance et la régulation mondiale d’Internet.

    L’UIT : cadre mondial contraignant pour les télécommunications internationales

    Retour en arrière sur l’UIT. Fondée à Paris en 1865, sous le nom d’Union télégraphique internationale, elle porte son nom actuel depuis 1932. En 1947, elle devient l’une des institutions spécialisées des Nations unies, et travaille en partenariat avec les secteurs public et privé. Entre la toute première Convention signée en 1865, et les Constitution et Convention actuelles, l’Union est passée de 20 membres à 193 États Membres et plus de 700 entités du secteur privé et établissements universitaires Membres de secteur.

    L’importance de l’UIT repose essentiellement sur la force de ses textes fondamentaux, qui établissent un cadre mondial contraignant pour les télécommunications internationales dont la portée considérable vise à promouvoir les télécommunications. Pour ce faire, l’UIT se compose de trois secteurs : celui des radiocommunications (UIT-R), celui de la normalisation des télécommunications (UIT-T) et celui du développement des télécommunications (UIT-D). Les travaux de chacun des trois secteurs de l’Union trouvent leur aboutissement dans les conférences ou réunions au cours desquelles les Membres négocient les accords qui servent de base à l’exploitation des services de télécommunication dans le monde.

    Habilitées à réviser le Règlement des télécommunications internationales, les Conférences mondiales des télécommunications internationales sont, pour leur part, convoquées à la demande de la Conférence de plénipotentiaires. Organe suprême de l’Union, celle-ci est composée de délégations représentant les États Membres, et convoquée tous les quatre ans pour définir les grandes orientations stratégiques de l’organisation, déterminer sa structure et ses activités.

    Après avoir examiné un certain nombre de contributions présentées par les États Membres, la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT (Antalya, 2006) a adopté la Résolution 146, par laquelle elle a décidé qu’il faudrait procéder à un examen du Règlement des télécommunications internationales. Et c’est lors de la dernière Conférence de plénipotentiaires de l’UIT (Guadalajara, 2010) qu’il a été décidé dans la Résolution 171 « d’examiner et d’étudier toutes les propositions de révision du RTI » lors de la CMTI de 2012.

    Contexte : première révision du traité des Nations unies depuis 24 ans

    Initialement, cette agence intergouvernementale était dédiée à la télégraphie, puis à la gestion du spectre des fréquences radioélectriques. Les industries des télécommunications étaient alors établies en monopoles étatiques, et les services concernés étaient plutôt les échanges voix que data. Les coûts des télécommunications internationales, pour appeler par exemple de la France à la Tunisie, étaient décidés directement entre États Membres, entre monopoles étatiques. Et l’UIT servait de forum pour négocier ces tarifs.

    Puis, dès le début des années 90, on assiste à un phénomène de privatisation et de libéralisation des marchés des télécoms dans la plupart des pays, en parallèle du développement d’Internet, de la croissance exponentielle du volume du trafic, et de l’émergence de nouveaux intermédiaires techniques. Se pose alors la question de la légitimité d’un traité qui établit les relations entre gouvernements, à l’heure où ces accords se passent désormais entre acteurs privés.

    Mais plutôt que d’annuler le règlement intergouvernemental, il est toutefois décidé que celui-ci sera révisé. L’objectif déclaré de la conférence : soutenir une croissance équitable et un développement durable des réseaux, en donnant notamment plus de voie aux pays en voie de développement.

    Les 193 États Membres de l’UIT procéderont donc en décembre prochain à la première révision du traité depuis son établissement à Melbourne (Australie) en 1988, il n’y a pas moins de 24 ans.

    Enjeux politiques : préserver un Internet ouvert sans entraver le marché

    La révision du traité est un événement de premier plan. Les enjeux sont tout d’abord politiques. Tandis qu’il s’agit pour les acteurs économiques et la plupart des États Membres de l’UIT de s’assurer de la pérennité du modèle pro-concurrentiel qui a prévalu jusque-là, histoire qu’aucune règle contraignante ne vienne entraver leurs pratiques et acquis, certains amendements proposés pourraient viser « à étendre le mandat de l’UIT à certaines problématiques comme l’adressage et le routage IP ou la coopération en matière de cybercrime, et ainsi saper la gouvernance globale d’Internet » prévient La Quadrature du Net.

    « Les modifications du RTI pourraient entraîner des changements dans l’architecture, les opérations, le contenu et la sécurité d’Internet » s’inquiète l’ISOC. La réglementation des nouvelles technologies serait ainsi susceptible d’ « ouvrir la voie à la censure grâce à des technologies comme le filtrage DNS qui fragmentent l’Internet mondial ». La protection des données et la cyber sécurité sont également en ligne de mire. Et lorsque l’on sait que des pays comme la Russie, la Chine, l’Égypte ou l’Algérie figurent parmi les États Membres qui demandent la prise en compte de ces sujets dans le nouveau Règlement, cela ne semble pas de bon augure.

    « Les inquiétudes grandissent quant au fait que certains États Membres s’efforceront d’affirmer l’autorité réglementaire sur Internet par le biais de l’UIT, et que de tels États pourraient utiliser une telle autorité pour adopter des politiques dommageables pour le développement et la portée mondiale d’Internet » souligne le Centre pour la Démocratie et la Technologie (CDT) dans son analyse de la contribution de l’ETNO, le lobby des gros opérateurs télécoms européens.

    « Le nouveau traité pourrait conférer aux Nations unies une emprise sans précédent sur Internet. Des douzaines de pays, comme la Russie ou la Chine, sont en train de faire pression pour atteindre ce but avant la fin de l’année » s’inquiétait ainsi Robert M. McDowell, commissaire américain à la Commission fédérale des communications, dans une tribune parue en février 2012 dans le Wall Street Journal.

    Certaines des propositions d’amendement font ainsi débat quant à la gouvernance et au contrôle d’Internet souligne le CDT, notamment dans les domaines suivants :

    • Tarification et interconnexion : l’ETNO, membre sectoriel de l’UIT, a proposé une série de changements radicaux dans le système de peering et d’interconnexion entre les fournisseurs de réseaux IP.
    • Régulation du trafic de routage : l’Égypte et les États arabes ont proposé qu’ « un État Membre a le droit de savoir par où passe son trafic et devrait avoir le droit d’imposer des règles de routage dans ce domaine, à des fins de sécurité et de lutte contre la fraude« . Une proposition similaire a été faite par l’autorité russe en charge des télécommunications, la RCC, soutenue par la Fédération de Russie.
    • Allocation des adresses IPv6 : la Côte d’Ivoire et la Fédération de Russie ont proposé un amendement qui entend confier à l’UIT un rôle dans l’attribution d’une partie des adresses IPv6.
    • Limitations de l’accès et de l’utilisation des télécommunications : la Fédération de Russie et la RCC ont mis en avant une proposition qui impose aux États Membres de veiller à l’accès aux infrastructures de télécommunications, sauf quand elles sont utilisées « à des fins d’ingérence dans les affaires intérieures ou de sape de la souveraineté, de la sécurité nationale, de l’intégrité territoriale et de la sécurité publique dans d’autres États, ou pour divulguer des renseignements de nature délicate ».

    Enjeux économiques : soutenir la capacité d’innovation et la qualité de service

    Les enjeux sont donc principalement politiques. Mais pas seulement. Ils sont également économiques. Pour financer la poursuite du développement de l’Internet mondial, la question de l’interconnexion des divers acteurs sera au cœur de la conférence.

    Face à la croissance de la demande en bande passante et à l’accroissement des coûts d’investissement techniques, les modèles économiques pour un partage équilibré de la valeur entre opérateurs et éditeurs sont remis en question.

    Dans le droit fil du débat technico-économique sur la neutralité du Net, les télécoms font pression pour pouvoir instaurer un Internet à deux vitesses avec une qualité de service minimale garantie, tout en proposant parallèlement des offres payantes premium.

    Pour les fournisseurs de contenus, cela ne va bien sûr pas de soi. Selon l’analyse de Scott Marcus, consultant spécialisé dans les télécommunications, du cabinet WIK Consult GmbH : « (1) Le trafic Internet est certes en hausse, mais le coût d’usage par abonné dans le réseau fixe est relativement constant. (2) Les prix des services à large bande fixes sont stables étant donné que les coûts sont stables. Face à l’augmentation réelle des coûts, les opérateurs réseaux semblent être en mesure d’augmenter les prix en conséquence. (3) L’argument des subventions croisées repose sur la théorie des marchés bifaces, mais cette théorie n’implique pas forcément que les subventions devraient passer des fournisseurs de contenus aux opérateurs réseaux. »

    Toutefois, d’après l’ETNO, le nouveau traité devrait « permettre l’accroissement des revenus grâce à des accords de tarification de la qualité de service de bout en bout et de la valeur des contenus » et autoriser l’instauration de « nouvelles politiques d’interconnexion basées sur la différenciation des critères de qualité de service pour des services et des types de trafic spécifiques (non uniquement pour les « volumes ») ». Dans sa contribution, le lobby des télécoms européen appelle ainsi à un nouvel écosystème d’interconnexion IP, décidé directement entre opérateurs et éditeurs – sans passer par la case régulation – et qui leur permettrait de : (1) fournir des services réseau à forte valeur ajoutée à la fois aux clients finaux, aux acteurs « over the top » et aux fournisseurs de contenu ; (2) projeter la valeur de la livraison du trafic sur les infrastructures de réseau.

    Dans le contexte de la révision du traité de l’ONU, les opérateurs télécoms craignent donc, comme le souligne La Quadrature du Net, « d’être empêchées par les législateurs et les régulateurs, d’établir de tels modèles économiques. L’adoption récente d’une loi dans ce sens aux Pays-Bas, sous la pression de la société civile, montre que les législateurs peuvent décider de protéger effectivement la neutralité du Net, en mettant en place des règles strictes pour lutter contre les pratiques de discrimination du trafic et réglementer les accords commerciaux ».

    Doit-on en avoir peur ?

    À cette question posée par Benoît Tabaka, ancien secrétaire général du Conseil National du Numérique (CNNum), désormais responsable des relations institutionnelles chez Google, et qui modérait mardi 2 octobre 2011 une conférence organisée par l’ASIC sur la conférence de l’UIT, le directeur des affaires institutionnelles de Skype/Microsoft, Jean-Jacques Sahel répondait : « Non, mais certaines propositions pourraient avoir de graves conséquences. »

    Point crucial : « la structure de l’UIT manque de transparence et ne réunit pas tous les acteurs, des paramètres nécessaires pour légiférer sur un média qui a beaucoup d’intervenants différents et qui fonctionne sur une base aussi décentralisée, participative et gérée par les utilisateurs, que ne l’est celle d’Internet », comme le souligne le CDT.

    Prévenant contre le « risque d’un gentleman agreement », Félix Treguer de La Quadrature du Net s’est d’ailleurs inquiété d’une certaine « inertie des pouvoirs publics ». Il sera alors intéressant de voir la réponse prochaine du ministre des Affaires étrangères, suite à la récente question écrite du député UMP Patrice Martin-Lalande « sur les positions que la France compte prendre et défendre au sujet de la gouvernance mondiale d’Internet dans le cadre de la conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI) : Comment le gouvernement a-t-il préparé cette conférence, en lien avec les acteurs nationaux (acteurs privés, société civile, etc.) et nos partenaires européens ? Quels sont les enjeux prioritaires qu’a défini le gouvernement et de quelle manière entend-il faire valoir ses positions dans cette conférence mondiale ? Quel rôle le gouvernement souhaite-t-il voir attribuer à l’UIT dans le cadre de la gouvernance nécessairement « multiacteurs » d’Internet ? Le gouvernement entend-il faire valoir la nécessité d’une nouvelle répartition de la valeur générée par lnternet et proposer les modalités de mise en œuvre de cette nouvelle répartition ? »

    En attendant les réponses à ces questions cruciales, le débat se fait vainement attendre en France alors que la conférence se tient début décembre. On touche pourtant ici à la gouvernance mondiale du Net, à la neutralité d’Internet et à la liberté de communication des citoyens.

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    29
    09
    2012

    Le tout gratuit est-il vraiment une fatalité à l’ère du numérique ?

    Article publié dans le magazine en ligne d’actualité et d’analyse du monde informatique, PC INpact.



    Pour beaucoup, le Net est vécu comme un espace de liberté, d’universalité et de… gratuité. « Les mômes veulent l’instantanéité et on leur a mis dans la tête que ça devait être gratuit » lançait le 21 août dernier au micro de RMC Pierre Lescure, chargé par le gouvernement d’une mission de concertation sur l’adaptation de l’économie de la culture au monde connecté. Que « les mômes » souhaitent désormais avoir accès à tout, immédiatement et sans contraintes est un fait. Quoi de plus naturel à l’ère du numérique, avec la baisse considérable des coûts et l’accessibilité accrue des œuvres dématérialisées. Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes d’ailleurs. Et certes, la génération élevée au lait d’Internet est habituée à se servir dans les supermarchés du Net. Mais cela ne veut pas forcément dire que le tout gratuit soit une fatalité.

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