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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • 7
    03
    2007

    Vers une rétribution des contenus amateurs

    Certains contributeurs de YouTube sont devenus de vraies stars, démarchées par les sites concurrents, qui leurs offrent des garanties d'exposition et/ou un partage des revenus publicitaires. Les producteurs-amateurs les plus populaires génèrent des millions de visites et des dizaines de centaines d'inscriptions au site. Il apparaît légitime que les stars de YouTube aient leur part du gâteau. Les portails vidéos, comme YouTube, Google Video ou Revvers, qui récoltent des revenus publicitaires, ne pouvaient pas continuer à exploiter ainsi un contenu amateur de qualité sans le rétribuer. En janvier dernier, Chad Hurly, co-fondateur de YouTube, a ainsi annoncé que l'entreprise allait dans les mois à venir partager ses revenus publicitaires avec les contributeurs. En attendant, la concurrence s'active.

    Dans un article du 26 février dernier, le New York Times révèle que Metacafe propose 5 dollars tous les 1 000 visionnages. Ce qui peut représenter des dizaines de milliers de dollars pour les vidéos les plus visionnées. YouTube pourrait quant à lui partager environs 20 pour cent des recettes publicitaires obtenues pour chaque clip avec son producteur. En attendant, le célèbre portail vidéo a été piqué à vif par le départ de certains de ses contributeurs les plus populaires. Lonelygirl15, véritable buzz, auteur d'une série de vidéos en forme de journal intime d'une adolescente, est parti sur Revver, qui donne la moitié de tous ses revenus publicitaires à ses producteurs. Le duo comique Smosh est désormais en exclusivité sur Live Video. Tout comme les réseaux TV, les studios de cinéma et les labels de musique le font depuis toujours, les sites de partage de vidéos tentent ainsi de signer les talents de façon pro-active.

    YouTube est de loin le portail vidéo le plus populaire, avec environs 26 millions de visites en décembre, selon le service de mesure sur Internet comScore Media Metrix. Yahoo Video arrive en deuxième position, avec 22 millions. Quand au site indépendant le plus important, il s'agit de Heavy, avec 6,5 millons de visiteurs. YouTube peut s'attendre à ce que ses concurrents emploient les grands moyens étant donné les enjeux financiers. Mais aucun concurrent ne peut se vanter d'attirer des millions d'internautes en moins d'une semaine. Les autres sites doivent alors payer cash. De l'argent qui provient des publicités. Et ce que veulent les publicitaires, c'est avoir une audience de millions d'internautes.

    Revvers l'a bien compris. le site, qui perçoit ses revenus publicitaires sur la base du nombre de visionnage des clips, encourage ses contributeurs à distribuer leurs vidéos sur le plus grand nombre de sites possible, sans exclusivité. La stratégie est de rentrer en contact avec les stars de YouTube et de leur montrer que les portails concurrents marchent tout aussi bien. Ce que recherchent ces producteurs-amateurs, c'est principalement le succès. La fortune vient après. Les portails vidéos leur apportent visibilité et feed-back de la part du public. Ils peuvent ainsi « se faire la main » et acquérir une certaine expérience. En attendant qu'il soit possible de faire carrière dans le « video blogging », espérons que YouTube fera une proposition profitable pour tout le monde.

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