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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • 4
    07
    2011

    « Tous les films sans exception doivent être disponibles en VoD »

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    Interview d’Alexandre Hautecoeur, directeur marketing, FilmoTV

    16/05/11

    • Concernant l’offre de films en ligne de FilmoTV

    - SBD : Dans la multitude d’offres disponibles, comment celle de FilmoTV se distingue-t-elle ?

    AH : FilmoTV est la seule plateforme VoD française à proposer une offre d’abonnement avec une sélection de 50 films par mois pour 9,99 euros, en plus de son offre de TVoD. L’éditorialisation est également un point fort de FilmoTV, avec notamment des vidéos de présentation des films, disponibles gratuitement.

    - SBD : Le film de long métrage constitue l’essentiel de l’offre de FilmoTV. Comment justifiez-vous le choix éditorial de ne pas inclure de séries ou de contenu gratuit ?

    AH : Le métier des plateformes VoD est de vendre des films. D’après mon expérience antérieure au sein de la plateforme Vodeo, je me suis rendu compte que proposer des films gratuits n’incite pas réellement les clients à acheter des films en VoD. Il s’agit de rentrer en compétition avec le téléchargement gratuit. Mais le public qui vient sur FilmoTV est prêt à payer. Cependant, le contenu éditorial est gratuit.

    - SBD : Quel est le positionnement de FilmoTV face aux stratégies de partenariats multiplateformes et à la TV connectée ?

    AH : FilmoTV travaille activement au développement de divers partenariats avec tous les acteurs sur toutes les plateformes (PC, TV, tablette, mobile). Cela fait 2 ans que l’on parle de la TV connectée et FilmoTV est en train de développer des partenariats, qui devraient être annoncés prochainement.

    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    AH : Il est vrai que la Hadopi ne change rien au volume du téléchargement illégal. Les utilisateurs des sites P2P s’orientent désormais vers les sites de streaming de type AlloStreaming ou de téléchargement direct. Cependant, la réponse graduée incite les « non geek » et ceux qui ne connaissaient pas l’offre légale à aller sur des plateformes de VoD légale. Hadopi est une étape. Il faut attendre encore un peu pour voir les premiers résultats. Par ailleurs, parfois, les utilisateurs qui cherchent un film sur les moteurs de recherche arrivent sur la fiche du film sur le site de FilmoTV et décident de payer pour voir le film.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour protéger la création et le droit d’auteur à l’ère du numérique, notamment à travers la Hadopi ?

    AH : Pour l’instant nous n’avons aucun moyen de savoir si la réponse graduée telle qu’instaurée par la Hadopi a une influence quelconque sur les ventes de notre plateforme. Je pense qu’il y a un effet psychologique et éducatif positif. Suite à la communication de la Hadopi sur les premiers emails envoyés, les utilisateurs occasionnels des sites de P2P ont certainement arrêté de pirater par crainte de voir leur abonnement Internet coupé. Par ailleurs, cela a contribué à informer les internautes qu’il existe une offre légale et qu’il est juste de rémunérer les artistes.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour encourager le développement de l’offre légale, notamment à travers l’ajustement de la chronologie des médias ? Les films sont-il vraiment tous disponibles 4 mois ou moins après la sortie en salles ?

    AH : Il est dans l’intérêt des ayants droit de rendre les films disponibles en VoD le plus tôt possible. Les ayants droit ne sont plus du tout effrayés par cette nouvelle fenêtre et y ont bien vu leur intérêt.

    - SBD : Que pensez-vous d’un système de répartition de la valeur de type licence globale ?

    AH : Si une loi est votée dans ce sens, nous nous pencherons sur la question en temps voulu. Pour l’heure, il s’agit plutôt de développer au maximum l’offre légale de VoD et de nous concentrer sur notre métier.

    - SBD : Quelles solutions, selon vous, au déclin annoncé de la télévision comme bailleur de fond du cinéma et à l’arrivée de nouveaux acteurs ne participant pas au financement de la création?

    AH : Je ne pense pas que taxer les palteformes VoD ou leur imposer de participer au financement de la création soit approprié. Il faut dans un premier temps les laisser se développer.

    • Concernant les consommateurs

    - SBD : Si on se positionne du côté des consommateurs, quelles études ont été menées par FilmoTV pour définir les besoins et les attentes des consommateurs en matière d’achat de films en ligne ?

    AH : Des études avaient été effectuée au début du lancement des plateformes VoD. Toutes montrent que le public type est le cadre habitant en région parisienne, avec un certain niveau de vie, du temps libre pour visionner les films, fortement équipé en terminaux de lecture et une connexion Internet à haut débit.

    - SBD : Quelle est votre stratégie pour contrôler l’accès au client ?

    AH : L’offre d’abonnement et les partenariats multiplateformes.

    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films ?

    AH : Il faut que tous les films sans exception soient disponibles sur les plateformes VoD. Il faut également que les consommateurs puissent y avoir accès depuis tous les terminaux possibles. Le prix n’est plus un frein, car l’internaute a compris qu’il devait payer un juste prix pour un bien culturel. La recherche est également un aspect important, sur lequel FilmoTV travaille.

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