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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Archive pour janvier 2009

    8
    01
    2009

    Vers la fin du piratage de musique ?

    itunesCa y est ! Apple supprime les verrous sur la musique achetée sur iTunes. C’est un grand pas. Les utilisateurs le demandaient depuis longtemps. Les majors et Apple le proposent enfin. Le piratage n’a qu’à bien se tenir, il a là un sérieux concurrent ! (ou bien ?…)

    C’est un grand pas car iTunes demeure le plus gros distributeur de musique du monde avec un catalogue de 10 millions de titres, 6 milliards de chansons vendues, et 75 millions de compte ouverts avec des cartes de crédit. On passe donc du prix unique (99 centimes) à trois prix: 69 cents pour les vieux morceaux, 99 cents pour les morceaux récents et 129 cents pour les hits.

    Le grand bouleversement c’est l’abandon des DRM (protection technique des droits d’auteur et de reproduction dans le domaine numérique). En clair, tout morceau acheté sur iTunes pourra maintenant circuler librement d’un ordinateur à l’autre (Amazon permet ça depuis pluisieurs mois). 8 millions de titres sont déjà téléchargeables. Les 2 millions restants le seront à la fin du trimestre.

    Va-t-on vers la fin du piratage de musique ? La fin des DRM va dans la bonne direction pour l’industrie en tous cas. Mais la bonne question est plutôt, va-t-on vers un équilibre des différentes offres de distribution de musique (on-line, off-line) ? Cela s’est récemment vérifié, piratage ne veut pas forcément dire baisse des ventes. L’album Ghosts I-IV de Trent Reznor, distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, figure en effet en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

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    7
    01
    2009

    Trouver les bonnes questions…

    « Aussi retorses qu’elles aient l’air, c’est en multipliant les questions que l’on finit par trouver des réponses intéressantes. Le premier réflexe, quand on s’interroge ainsi, c’est de se demander si la question posée est une bonne question. Le seul fait qu’elle n’ait jamais été soulevée ne signifie pas automatiquement qu’il s’agisse d’une bonne question. Voici maintenant pas mal de siècles que des gens passablement intelligents se posent toutes sortes de questions, alors bon nombre de celles qui ne l’ont pas été sont vouées à ne donner que des réponses sans intérêt.
    Mais si on parvient à poser une question qui corresponde à une réelle préoccupation et que l’on découvre une réponse qui risque de surprendre – c’est-à-dire, si on parvient à contredire la sagesse populaire -, alors il se peut que l’on ait mis dans le mille. »

    LEVITT Steven D. & DUBNER Stephen J., Freakonomics.

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    6
    01
    2009

    Vers la fin de la télé publique ?

    france_television_cop__woerth_sarkozyVoici quelques passages d’un article bien ficelé, lu sur le site d’Ecrans : « Pas de télé publique de qualité sans financement pérenne ».

    A bon entendeur…

    « Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, spécialistes des médias à « Libération » ont répondu à vos questions sur la fin de la pub à la télévision publique.

    Pourquoi avoir choisi d’interdire la publicité uniquement après 20h alors qu’on aurait pu l’interdire, par exemple, à l’heure où les enfants se trouvent devant le poste, c’est-à-dire en début de matinée, en fin d’après-midi et le mercredi après-midi ?
    Effectivement, cette coupure 20 heures – 6 heures est assez incohérente. Supprimer la pub dans les émissions pour enfants, c’était l’objet d’un amendement socialiste à l’Assemblée, qui a été rejeté.

    Et quoi de mieux pour la financer, que de payer une redevance bien proportionnée ?
    La redevance française est en effet une des plus basses d’Europe. 116 euros (bientôt 118 ou 119 avec l’indexation sur l’inflation) contre beaucoup plus en Grande-Bretagne (en fait, on sait plus, mais faites nous confiance, c’est beeeaaaaucoup plus). L’augmentation de la redevance a été au coeur des débats de la commission Copé, mais Sarkozy refuse toute augmentation. Et Copé a dit que lui vivant la redevance n’augmenterait pas. Pas de bol, la question devrait revenir sur le tapis lors de l’examen de la loi au Sénat à partir de mercredi.

    Trêve de gaudrioles, la période des confiseurs étant terminée, peut-on dire que la suppression de la publicité et l’absence de financements de substitution efficaces sonne-t-elle la fin du service public de l’audiovisuel ?
    La réponse est dans la question : pas de bras, pas de chocolat. Pas de financement pérenne, pas d’audiovisuel public de qualité.

    Sur le principe, je ne peux que me réjouir de la fin de la pub sur la télé publique. Mais dans les faits, je ne peux pas m’empêcher de l’associer au nouveau système de désignation-révocation du président de France Télévisions. Et donc à une mise au pas. A une asphyxie à plus ou moins long terme.
    Pas mieux !

    Quel moyen dispose la télé publique pour garantir son indépendance et la qualité de ses émissions ?
    Si vous parlez de son indépendance financière, elle n’en a pas, ou du moins plus. Le gouvernement finance le manque à gagner de la pub mais pas de nouveaux programmes, ni d’innovations.

    Le principe de ne plus diifuser de publicité me plaît plutôt. Ce que je trouve préoccupant concerne le financement. Bien évidemment se pose la question de la compensation intégrale. sera-t-elle réelle ? et surtout le fait que le budget soit accordé annuellement et non pour une période plus importante (5 ans par exemple) ne risque-t-il de devenir un moyen de pression sur les dirigeants de France télévisions ?
    Effectivement, Carolis — si Sarkozy lui prête vie — devra chaque année aller mendier la reconduction des 450 millions d’euros promis par le gouvernement, voire plus si la pub restante ne rapporte pas autant que prévu. De plus, la redevance est versée directement à France Télévisions, alors que les 450 millions issus de deux taxes passeront d’abord par les caisses de l’Etat. D’où des tentations possibles de se servir en cas de crise.

    Personne ne s’est plaint ni n’a demandé la supression de la pub sur France Télé. En ces temps de crises, cette réforme était-elle si urgente ? Ne vallait-il pas mieux distribuer cet argent a des entreprises en difficulté ?
    Si, si, quelqu’un a demandé la suppression de la pub sur France Télévisions : TF1, dans un Livre blanc remis au gouvernement fin 2007.

    Pensez-vous que cela augure une privatisation prochaine de France 2 ?
    Le fait que France Télévisions dépende désormais principalement du bon vouloir financier et politique de l’Etat permet toutes les conjectures. Mais à qui vendre France 2 ? A Lagardère au risque de faire de la peine à Martin Bouygues ? Dilemme…

    Quand TF1 et M6 pourront couper doublement leur film par la pub ? Quelle manne financière cela leur rapportera ?
    Dès que la loi, que le Sénat examine à partir de mercredi, sera promulguée. Normalement, à la mi-février, sauf accident de parcours.

    Y a-t-il d’autres cas en Europe de chaînes publiques sans pub (la BBC peut-être ?) ? Et comment s’en sortent-elles ?
    Ouhla la thèse de troisième cycle… La BBC n’a jamais eu de pub mais n’est pas le modèle de vertu souvent décrit. Le cas intéressant, c’est celui de Yle, la télé publique finlandaise, où la pub a été supprimée. Mais ça s’est fait dans la douleur : fusion des rédactions, baisse des effectifs, notamment. Amusant, le modèle d’Yle a inspiré la commission Copé…

    Comment peut-on appliquer une loi qui n’est pas encore votée ?
    En exigeant de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, qu’il prenne lui-même la décision en conseil d’administration. C’est ce qui s’est passé le 16 décembre dernier.

    Comment va-t-on faire sa pause pipi maintenant ?
    ENFIN LES VRAIES QUESTIONS !

    Pour financer la télévision publique une des solutions est de taxer l’accès à internet.
    C’est fait ! Une taxe de 0,9% sur le chiffre d’affaires des FAI financera en partie France Télévisions (sauf modification du Sénat). »

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