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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘BD’

    24
    02
    2010

    Quand la BD se frotte à Internet

    Image_1Vous êtes amateur de BD ; vous êtes connecté. Vous aimez feuilleter l’ouvrage ; vous appréciez l’objet. Vous êtes friands des dessins ; vous raffolez des histoires. 

    Et bien à partir du 1er mars prochain, pour le prix d’un café en terrasse (plus un petit pourboire), « Les autres gens » vous propose de vous abonner et de consulter en ligne chaque jour un nouvel épisode (30 à 40 cases) d’un feuilleton BD inédit, sur votre ordinateur ou votre smartphone. Pour ceux qui arriveront en cours de route, un résumé leur permettra même une mise à niveau expresse et hilarante assurée mois après mois.

    Un véritable soap opéra d’un nouveau genre, réalisé spécialement pour le net par de nombreux auteurs, professionnels de la BD ou de l’illustration, qui vous propose de participer à l’avenir de la bande dessinée à l’ère du numérique. Tout un programme !

     

    Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ces autres gens pas comme tout le monde…

    A l’initiative de ce projet, Thomas Cadène, auteur de BD, blogueur sur Rue89, Co-organisateur du PPPIFBDM.

    Voici ce qu’il nous a confié :

    > D’où vient le parti pris de ne pas proposer de téléchargement ?
    TC : Nous avons remarqué qu’Internet est de plus en plus omniprésent. Le téléchargement nous est apparu comme accroissant de manière importante le risque d’un « partage » non autorisé et préjudiciable sans pour autant apporter un vrai plus au lecteur. Ainsi, il n’achète pas une BD (pour laquelle en effet, aux vues du nombre de pages, il faudrait un téléchargement) mais le droit de consulter quotidiennement un épisode d’une série. La lecture sans être aussi courte que pour la plupart des notes de blogs n’en reste pas moins d’une longueur très relative et sa consultation « sur place » ne nous apparait pas comme un problème.

    > Comment percevez-vous la situation de la BD face au piratage sur Internet ? 
    TC : A mon avis le risque est absolument le même que pour la musique ou le cinéma. C’est donc en évoluant qu’on peut faire bouger les choses ou du moins s’y adapter. En ce qui nous concerne bien sûr que nous pouvons être piratés, mais vu les prix que nous proposons, il faut vraiment que le type n’ait rien d’autre à faire ; pour qu’il récupère d’une manière ou d’une autre nos images, qu’il les remette bien et qu’ensuite… Ensuite quoi ? Les mettre sous clé USB pour les vendre une fois par semaine ? Les envoyer à ses amis ?… Cela arrivera sans doute, mais à moins de 3€ par mois ça nous paraît énormément de boulot pour une satisfaction extrêmement relative. Par ailleurs en ce qui nous concerne on ne peut pas vraiment « idéologiquement » nous reprocher le tarif des albums puisque notre produit est spécifique au net et que le prix est étudié précisément pour ce support. Bref nous verrons mais nous comptons beaucoup sur l’intelligence de nos lecteurs.

    > Quel est le modèle économique ? Envisagez-vous des évolutions possibles avec des annonceurs, du placement de produit ?
    TC : Pour l’heure, le modèle économique est essentiellement l’abonnement. Les évolutions vers la pub sont possibles, mais toujours de manière inconditionnelle, et si ça arrive, dans le respect de notre plus totale indépendance. Il y a quelque chose de terrible dans les blogs qui deviennent des supports de pub, il y a parfois quelque chose de navrant dans les films qui le deviennent… 

    > Pourquoi ce prix (2,79€ pour 1 mois, 15€ pour 6 mois, 29€ pour 1 an) ?
    TC : Nous n’avons pas fait une série d’offres « démentiellement » attractives pour les durées plus longues parce que nous considérons que le prix de base (par mois) est une sorte de minimum acceptable pour ne pas dévaluer le travail que nous faisons. Le prix est vraiment l’idée que l’on se rend plus qu’accessibles sans pour autant se brader. 

    > Comment ce projet est-il né ?
    TC : D’une envie de faire une série en « temps réel », de s’essayer à ce format et de profiter du fait qu’Internet se révèle pouvoir être le support idéal de ce genre d’approche. D’une envie aussi de se prendre en main sur un projet d’œuvre.

    > Quels seront les thèmes forts de ce feuilleton ?
    TC : Rien n’est exclu. Pour le moment, les questions qui arrivent tournent autour de l’engagement, de l’argent, de la politique, de la famille, des rencontres, du sexe (surtout en fin de mois !), de ce que l’on devient, de pourquoi l’on agit… Bref, de la vie en général. Il est évident que c’est une série qui n’est ni de la science fiction, ni de l’heroic fantasy, ni du « fantastique », il n’y a pas de virus mortel inconnu ni de vampire…

    > Quel travail sur la narration ?
    TC : En ce qui concerne le scénario, la formule est « classique » ; autour de quelques personnes, les histoires se croisent, se développent, se rencontrent, se terminent et on essaie de donner envie au lecteur de connaître la suite à la fin de chacun des épisodes et plus spécialement à la fin du mois. En ce qui concerne le dessin, c’est plus particulier, tous les dessinateurs travaillent en même temps, dans un format case par case et un relecteur vérifie que tout colle, que les décors, les habits sont respectés de l’un à l’autre. Les styles varient et donnent à chaque épisode un ton bien particulier sans jamais dénaturer ou saboter l’histoire. À ce niveau là, l’expérience est réellement passionnante visuellement.

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    Publié dans FRANCAIS |

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