Intermedia
THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘Chronologie des médias’

    12
    07
    2011

    « L’attention s’est focalisée sur la licence globale, sans réfléchir à d’autres modèles alternatifs au financement de la création »

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    Interview de Florence Gastaud, déléguée générale, ARP

    22/06/11

    • Concernant l’ARP

    - SBD : Quel est votre bilan concernant l’action de l’ARP pour le développement de l’offre légale de distribution de films en ligne en France ?

    FG : Dès le lendemain du vote de la loi Hadopi, nous avons essayé de nous concentrer sur le développement de l’offre légale, conscients que cette économie ne pouvait émerger qu’à travers la création d’un cadre dynamique.
    Nous travaillons entre autres choses sur la création d’obligations, notamment à travers le décret SMAD, il s’agit de dynamiser le secteur puisque ça oblige les plateformes VoD à investir dans la création cinématographique et à éditorialiser leurs sites. Cela leur permettrait également d’avoir des fenêtres d’exposition des œuvres plus réduites. Sur le territoire français, le décret a décliné les quotas européens et français pour les services de médias audiovisuels à la demande (SMAD). La difficulté de respect de ces quotas d’œuvres françaises par rapport aux œuvres américaines, sur la page d’accueil par exemple, nous apparaît un peu factice dans l’univers numérique.

    - SBD : Quels sont les défis qui demeurent à l’heure actuelle pour les auteurs, réalisateurs et producteurs ? Quel est votre bilan concernant le développement et l’accompagnement de nouveaux modèles de répartition de la valeur pour la distribution des films en ligne ?

    FG : Il y a tout l’aspect économique. La TVA à taux réduit est une véritable exigence que l’ARP a porté au niveau national et européen. La France (le Ministère de la Culture, plus que Bercy) est plutôt favorable à une TVA à 5,50 % des médias culturels, qui pourrait être appliquée par une politique volontariste.
    Les cinéastes prennent conscience de l’ampleur de la VoD, une économie complètement différente de celle du DVD, mais un univers proche de celui de la TV payante avec l’abonnement. Les plateformes VoD sont ainsi placées entre deux secteurs. On ne sait pas encore quelle valeur et quelle rémunération des auteurs cela va générer. L’avantage pour l’ARP est que la VoD est un secteur beaucoup plus transparent que le secteur du DVD puisqu’il y a des remontées de recettes plus visibles, au clic. Mais les tarifs sont bien plus bas, et donc des remontées de recettes bien plus basses. Reste l’enjeu de l’équipement de l’ensemble du territoire, mais les mentalités évoluent et nous pourrons avoir une véritable vision de la situation d’ici trois à quatre ans. À mon avis, la VoD ne remplacera pas intégralement l’économie du DVD.
    Nous travaillons à ce qu’il y ait une rémunération minimum. Un MG permettrait d’assurer les ayants droit contre les prix prédateurs. Une rémunération minimum est prévue, mais l’ARP regrette qu’il n’y ait pas encore de décret d’application. À l’intérieur de la formule d’abonnement, on pourrait appréhender la rémunération de chaque film qui a été consommé, puisque même à l’intérieur de l’abonnement on sait flécher quelles œuvres ont été lues. C’est beaucoup plus transparent que la recette DVD. Pour l’instant ce sont des acteurs connus et identifiés, sans successions de marges prises par des gros distributeurs de DVD. Il y a moins d’intermédiaires que dans le marché du DVD physique.

    - SBD : Pouvez-vous m’expliquer la position de l’ARP concernant les modèles de type licence globale ?

    FG : Nous pensons qu’il y a d’autres solutions. Le débat sur Hadopi s’est résumé à l’opposition des créateurs sur ce sujet. L’attention s’est focalisée sur la licence globale, sans réfléchir à d’autres modèles alternatifs au financement de la création. Le débat a donc été un peu tronqué. Aujourd’hui, même les teneurs de la licence globale reviennent sur cette idée. Le modèle de la licence globale est un système compliqué pour ce qui est d’une répartition exacte. Par ailleurs, cela fait payer ceux qui ne consomment pas. Il s’agissait d’une bonne intention mais très loin de la connaissance économique de chaque secteur (cinéma, musique et livre).
    Et, on a vu apparaître d’autres schémas, notamment à travers le débat sur la NN, qui viennent piocher quelques idées à la licence globale. Comme modèles alternatifs, il y a des réflexions autour de la bande passante. Ceux qui utilisent beaucoup la bande passante ne devraient-ils pas s’acquitter d’obligations plus élevées ? Il s’agit autant des consommateurs en bout de chaîne que des intermédiaires qui mettent à disposition du contenu. Il y a un problème de répartition entre l’équipement du réseau, les contenus culturels, les créatifs ; et également entre les différents types de contenus.


    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    FG : On ne peut pas autoriser le téléchargement illégal. Celui-ci a un impact, peu connu du grand public, sur la chronologie du financement. Les différentes étapes du préfinancement d’un film en amont sont essentielles. Si l’on autorise la distribution illégale, les chaînes n’auront plus intérêt à financer les films. Le téléchargement illégal n’a certes pas vidé les salles, en revanche cela a atteint les ventes à l’international. Dès qu’un contenu a connu un peu de succès, il est disponible partout sur les plateformes illégales. Donc, ces ventes à l’international, qui venaient compléter le financement, ont énormément chuté depuis ces cinq dernières années. Si les Américains veulent faire des sorties day and date, c’est qu’ils estiment que cela vient manger leurs marges sur la vente de DVD.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour lutter contre le téléchargement illégal, notamment à travers la Hadopi ?

    FG : En contrepartie de la Hadopi, le gouvernement s’est engagé à développer l’offre légale. Nous estimons que la deuxième partie du contrat moral que nous avons passé avec le législateur n’a pas été bien remplie. Nous n’avons pas été signataires de l’accord de 2009 sur la chronologie des medias parce que nous estimions que ce n’était pas vraiment une chronologie adéquate pour permettre aux nouveaux acteurs d’être dynamiques et existants. C’est une chronologie qui préserve énormément les acteurs historiques et nous ne remettons pas cela en question. Mais, à notre avis, il s’agissait vraiment de réinventer une place pour les nouveaux acteurs. C’était le deal de la Hadopi et ça n’a pas été fait.

    - SBD : La chronologie des médias vous semble-t-elle adaptée ?

    FG : Tandis que la protection de la fenêtre Canal Plus est acquise pour les SMAD, on peut réfléchir à ceux qui n’ont pas eu de financement de chaînes par exemple. Est-ce qu’ils sont obligés d’être gelés autant que ceux qui ont eu le financement de chaînes ? Nous sommes assez virulents sur ce sujet et essayons de faire avancer les choses.
    Parallèlement on réfléchit à des expérimentations. On se dit que cela pourrait être intéressant de voir dans quelle mesure certains films plus fragiles pourraient presque s’exonérer de cette chronologie, avec une chronologie plus adaptée, pour des films sortis en moins de dix copies par exemple. Pour moi, la dérogation de première fenêtre n’existe pas. C’est une fausse dérogation. Il s’agit plus de laisser la place à l’expérimentation pour essayer de voir comment on pourrait sortir des films avec une chronologie très proche de la sortie salles. Ces films-là bénéficient du petit marketing qu’ils ont au moment de la sortie salles pour rebondir sur la sortie DVD. Par ailleurs, ces films n’ont pas forcément de diffusion en salles sur tout le territoire français. Or, il y a quand même une résonnance de la sortie salles, donc la province pourrait avoir accès à des films qu’ils n’ont pas pu voir sur leurs écrans de cinéma. Cela permettrait également de réguler à plus ou moins long terme la sortie de ces films au cinéma, l’utilité de leur sortie en salles, tout du moins pour les 80 à 100 sorties par an qui sont dans cette économie.
    Concrètement, nous ne pouvons pas dénoncer l’accord sur la chronologie des médias puisque nous ne sommes pas signataires. Aujourd’hui, les différents signataires bougent pas mal. Je pense qu’il peut y avoir une renégociation l’année prochaine. Mais cela peut arriver à tout moment, à partir du moment où quelques syndicats ou représentants dénonceraient l’accord. Celui-ci ne peut pas être étendu par le Ministre à toute la branche puisqu’il faut qu’il y ait une représentativté des acteurs.
    Nous avons également beaucoup d’espoir concernant l’Europe, notamment la politique du plan MEDIA qui peut être le moteur d’une réflexion pour subventionner des expérimentations novatrices sur le territoire européen.


    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films associée à une juste rémunération des artistes ?

    FG : En premier lieu, une bonne éditorialisation. Dans l’ère du tout disponible, il faut quand même cadrer les choses pour créer une bonne ergonomie pour le spectateur. Dans ce sens, le décret SMAD est plutôt une aide pour les œuvres françaises et européennes.
    Ensuite, un bon fléchage des films en fonction des inclinations vers les réseaux sociaux. Le nouvel univers numérique permet de cibler un peu plus les publiques. Il s’agit de créer du buzz autour du film autour de ces communautés. Nous soutenons les initiatives de type Mubi, Festival Scope, MySkreen (pertinent puisqu’il allie le monde linéaire et non linéaire).
    L’arrivée de la TV connectée devrait fusionner les deux mondes, linéaire et délinéarisé. Si c’est bien fait, ce sera une très bonne opportunité pour exposer des œuvres en ligne. L’ARP passe des accords en ce sens avec les éditeurs.

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    8
    07
    2011

    « L’esprit de la loi Hadopi est bon mais sa mise en œuvre est déplorable »

    olivier-ezratty

    Interview d’Olivier Ezratti, conseiller en stratégies de l’innovation

    01/06/11


    • Concernant l’offre de films en ligne

    - SBD : Dans la multitude des offres disponibles, quels sont selon vous les modèles prédominants pour le contrôle de l’accès au client ?

    OE : Le modèle du payant à la séance demeure prédominant en France. Tandis que les offres d’abonnement de type Netflix, s’imposent aux USA. On constate que la S-VoD a évolué dans le temps. Tandis que les films en première diffusion n’apparaissaient pas dans les catalogues de S-VoD, aujourd’hui, ils commencent à y être disponibles, selon les contrats négociés. Les films en HD demeurent cependant plutôt accessibles à l’acte, étant donné que les droits sont plus élevés comparés à ceux des films de deuxième diffusion, de catalogue.

    - SBD : Quelle place pour les films de long métrage dans les divers offres existantes ?

    OE : La VoD a toujours été axée sur les films, qui restent dominants. Mais le poids des séries est en augmentation constante car celles-ci sont devenues des franchises très populaires et qui plus est addictives.
    Pour ma part, je ne consomme pas de VoD et achète de moins en moins de DVD. J’ai un abonnement à Canal Plus et Canal Sat qui, couplé aux capacités d’enregistrement et de stockage de mon Media Center, me permet de thésauriser suffisamment de contenus. Le guide de programmes me permet d’effectuer une recherche par type de contenu puis de programmer l’enregistrement du contenu sélectionné. Cependant, le coût de l’abonnement à la TV Premium est élevé, avec environ 70 euros par mois pour ma part. La question de l’équilibre budgétaire se pose entre un abonnement TV Premium et l’usage de S-VOD. Le problème étant que les offres de contenu ne sont pas les mêmes. Les amateurs de sports en direct ne peuvent par exemple pas se passer de TV Premium.

    - SBD : Dans le contexte du développement de la TV connectée, quelles sont selon vous les stratégies d’acteurs les plus innovantes?

    OE : Sony a été le premier à adopter Google TV, ce qui était un pari risqué. Les autres constructeurs ont tous plus ou moins adopté les mêmes stratégies, qui évoluent d’année en année, orientées autour du développement d’un portail applicatif s’appuyant en général sur les standards du Web. On constate l’arrivée de la recherche multi-catégories, de fonctions de recommandation, de l’amélioration de l’interface graphique et du développement du choix d’applications.
    Les enjeux pour les chaînes de télévision sont de deux ordres : préserver leur audience ainsi que leurs revenus publicitaires. Afin de préserver leur audience, soit ils développent des applications natives pour chaque portail de constructeur de TV connectée, soit ils s’orientent vers la HbbTV, qui présente les avantages de fonctionner en mode dégradé s’il n’y a pas d’accès à Internet et de gérer des contenus riches.
    Google TV s’est concentré pour sa part sur le cœur de métier de Google : la recherche. Il s’agit d’un super moteur de recherche de contenus médias. Mais il ne permet pas encore de regarder la TV dans de bonnes conditions en terme d’expérience utilisateur, de gérer les chaînes en direct, d’enregistrer les émissions en broadcast ou d’avoir un guide de programmes. Apple TV présente la même expérience utilisateur et les mêmes travers. Il s’agit plutôt d’un système pour regarder de la VoD et des contenus entièrement délinéarisés.
    Les stratégies hybrides des chaînes de télévision apparaissent plus intéressantes. Elles allient accès à Internet et TV Premium ou broadcast. Mais le développement de la fibre optique peut à terme changer la donne si Apple ou Google intègrent des chaînes TV streamées via Internet dans leur offre. Encore faudrait-il qu’ils arrivent à se mettre d’accord avec les chaînes locales, ce qui est loin d’être évident.

    - SBD : Quels enseignements doit-on tirer selon vous de l’évolution des médias sociaux pour l’adaptation des modèles d’affaire de la distribution de films en ligne ?

    OE : Pour que les médias sociaux fassent irruption dans l’interface TV, soit l’utilisateur possède un deuxième écran pour surfer sur les sites, soit il les utilise directement sur l’écran TV. Mais il s’agit d’un usage personnel qui ne correspond pas forcément à l’écran TV, partagé par plusieurs personnes du foyer. Le second écran (tablette ou smartphone, voire laptop) sera donc probablement privilégié par les utilisateurs pour les composantes sociales de l’expérience télévisuelle (tchat avec ses amis, commentaires live sur une émission, rating, recommandation, etc.). La question se pose pour synchroniser ces écrans personnels et la TV. Il existe notamment des solutions similaires à Shazam qui écoutent le son de la TV et reconnaissent automatiquement le programme et la chaîne en cours.


    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    OE : Je me demande toujours comment est construite la méthodologie et l’échantillonnage de ces dernières études. Je n’ai pas encore observé que ceux qui téléchargent illégalement le plus soient également les plus gros consommateurs. Cependant les fuites de consommation sont variables et il existe un phénomène de vase communiquant dans les diverses offres. Cela dépend aussi du pouvoir d’achat. Un « pirate » à faible pouvoir d’achat va moins consommer que s’il ne piratait pas. Un « pirate » à fort pouvoir d’achat va peut-être consommer des contenus payants. En tous cas, à terme, il faudra simplifier les licences d’usage des contenus pour leur usage sur tous les écrans dont on dispose.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour lutter contre le téléchargement illégal, notamment à travers la Hadopi et ses volets répressif et incitatif ?

    OE : L’esprit de la loi Hadopi est bon mais sa mise en œuvre est déplorable. Il n’y a pas eu suffisamment de concertations lors du vote de la loi et les améliorations ont été refusées. La coupure de l’accès Internet est discutable car ce dernier est devenu de facto un droit fondamental. Et puis la migration des réseaux P2P vers le streaming ou le direct download rendent la loi techniquement dépassée. Par ailleurs, il est incroyable qu’il n’y ait aucun représentant des consommateurs au sein de la Hadopi.

    - SBD : La chronologie des médias est-elle adaptée ?

    OE : En France, la chronologie des médias pose problème. Pour les plateformes de VoD, la première fenêtre de diffusion demeure courte, suivie d’une longue fenêtre durant laquelle le film est uniquement disponible sur l’offre de TV Premium puis en DVD. La deuxième fenêtre VoD n’intervient que longtemps après. La consommation apparaît un peu moins lésée aux États-Unis, avec une chronologie beaucoup plus souple. À terme, la chronologie des médias doit s’estomper car actuellement, l’offre de VoD est illisible pour le consommateur.

    - SBD : Que pensez-vous d’un système de répartition de la valeur de type licence globale ?

    OE : Je ne crois pas trop aux modèles de type licence globale. Nous avons déjà la redevance TV et ça suffit. Ce type de modèle de répartition de la valeur dirigiste est opaque. Il a aussi tendance à favoriser les artistes les plus connus. Une alternative viable demeure la S-VoD, avec des bundles originaux, comme par exemple l’association de la S-VOD avec de la TV Premium.

    - SBD : Quelles solutions, selon vous, au déclin annoncé de la télévision comme bailleur de fond du cinéma et à l’arrivée de nouveaux acteurs ne participant pas au financement de la création?

    OE : La réglementation devra évoluer. Dans la perspective d’une globalisation des échanges, les systèmes locaux, comme l’exception française, sont difficilement soutenables. Les opérateurs locaux sont bien sûr les plus faciles à réglementer au niveau national. Mais il faudrait uniformiser le système de TVA, qui pénalise les acteurs français de la VoD par rapport aux acteurs américains comme Apple ou Amazon, qui diffusent les films à partir de l’Irlande ou du Luxembourg.

    - SBD : Quelle est votre position concernant la transposition du Paquet Télécom et le principe de neutralité d’Internet ?

    OE : Le débat est bien compliqué. On a trop tendance à associer deux sujets : qui doit financer quoi dans les infrastructures, et de l’autre, assurer la liberté de diffusion et d’accès sur Internet. Les FAI aimeraient bien faire payer les Google et autres car ils utilisent leurs ressources. D’un autre côté, les opérateurs télécoms se portent plutôt bien financièrement donc la répartition de la valeur n’est pas si inéquitable que cela !


    • Concernant les consommateurs

    - SBD : Si on se positionne du côté des consommateurs, quelle est votre analyse des besoins et attentes des consommateurs en matière d’achat de films en ligne ?

    OE : Pour la TV connectée, il faut un accès à une offre large, la plus globale possible, afin de pouvoir consommer de la vidéo sur la TV. L’objectif du consommateur est de maximiser son plaisir, avec des contenus les plus pertinents possibles, d’où l’intérêt des réseaux sociaux et de la recommandation.
    Les comportements des consommateurs demeurent fortement segmentés, selon l’âge, la catégorie social, le niveau de sociabilité, le lieu de vie.


    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films ?

    OE : Le succès de Netflix est intéressant à analyser. Le chiffre d’affaire de la VoD a ainsi dépassé celui du DVD fin 2009 – début 2010, stimulé par le développement de l’offre d’abonnement, l’outil de recommandation, le fait qu’il ait signé avec presque tous les studios et une stratégie de capillarité de distribution extrême, avec le développement de partenariats de distribution sur une multitude d’appareils (box, consoles, lecteurs). En France, Canal Plus a également développé une stratégie similaire et demeure présent sur le satellite, le câble, Internet, l’IPTV et le mobile.
    Une des pistes serait une offre associant les avantages de Canal Plus, avec une offre de TV premium, et de Netflix, avec la S-VoD.

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    4
    07
    2011

    « Tous les films sans exception doivent être disponibles en VoD »

    300px-Logo_FilmoTV

    Interview d’Alexandre Hautecoeur, directeur marketing, FilmoTV

    16/05/11

    • Concernant l’offre de films en ligne de FilmoTV

    - SBD : Dans la multitude d’offres disponibles, comment celle de FilmoTV se distingue-t-elle ?

    AH : FilmoTV est la seule plateforme VoD française à proposer une offre d’abonnement avec une sélection de 50 films par mois pour 9,99 euros, en plus de son offre de TVoD. L’éditorialisation est également un point fort de FilmoTV, avec notamment des vidéos de présentation des films, disponibles gratuitement.

    - SBD : Le film de long métrage constitue l’essentiel de l’offre de FilmoTV. Comment justifiez-vous le choix éditorial de ne pas inclure de séries ou de contenu gratuit ?

    AH : Le métier des plateformes VoD est de vendre des films. D’après mon expérience antérieure au sein de la plateforme Vodeo, je me suis rendu compte que proposer des films gratuits n’incite pas réellement les clients à acheter des films en VoD. Il s’agit de rentrer en compétition avec le téléchargement gratuit. Mais le public qui vient sur FilmoTV est prêt à payer. Cependant, le contenu éditorial est gratuit.

    - SBD : Quel est le positionnement de FilmoTV face aux stratégies de partenariats multiplateformes et à la TV connectée ?

    AH : FilmoTV travaille activement au développement de divers partenariats avec tous les acteurs sur toutes les plateformes (PC, TV, tablette, mobile). Cela fait 2 ans que l’on parle de la TV connectée et FilmoTV est en train de développer des partenariats, qui devraient être annoncés prochainement.

    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    AH : Il est vrai que la Hadopi ne change rien au volume du téléchargement illégal. Les utilisateurs des sites P2P s’orientent désormais vers les sites de streaming de type AlloStreaming ou de téléchargement direct. Cependant, la réponse graduée incite les « non geek » et ceux qui ne connaissaient pas l’offre légale à aller sur des plateformes de VoD légale. Hadopi est une étape. Il faut attendre encore un peu pour voir les premiers résultats. Par ailleurs, parfois, les utilisateurs qui cherchent un film sur les moteurs de recherche arrivent sur la fiche du film sur le site de FilmoTV et décident de payer pour voir le film.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour protéger la création et le droit d’auteur à l’ère du numérique, notamment à travers la Hadopi ?

    AH : Pour l’instant nous n’avons aucun moyen de savoir si la réponse graduée telle qu’instaurée par la Hadopi a une influence quelconque sur les ventes de notre plateforme. Je pense qu’il y a un effet psychologique et éducatif positif. Suite à la communication de la Hadopi sur les premiers emails envoyés, les utilisateurs occasionnels des sites de P2P ont certainement arrêté de pirater par crainte de voir leur abonnement Internet coupé. Par ailleurs, cela a contribué à informer les internautes qu’il existe une offre légale et qu’il est juste de rémunérer les artistes.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour encourager le développement de l’offre légale, notamment à travers l’ajustement de la chronologie des médias ? Les films sont-il vraiment tous disponibles 4 mois ou moins après la sortie en salles ?

    AH : Il est dans l’intérêt des ayants droit de rendre les films disponibles en VoD le plus tôt possible. Les ayants droit ne sont plus du tout effrayés par cette nouvelle fenêtre et y ont bien vu leur intérêt.

    - SBD : Que pensez-vous d’un système de répartition de la valeur de type licence globale ?

    AH : Si une loi est votée dans ce sens, nous nous pencherons sur la question en temps voulu. Pour l’heure, il s’agit plutôt de développer au maximum l’offre légale de VoD et de nous concentrer sur notre métier.

    - SBD : Quelles solutions, selon vous, au déclin annoncé de la télévision comme bailleur de fond du cinéma et à l’arrivée de nouveaux acteurs ne participant pas au financement de la création?

    AH : Je ne pense pas que taxer les palteformes VoD ou leur imposer de participer au financement de la création soit approprié. Il faut dans un premier temps les laisser se développer.

    • Concernant les consommateurs

    - SBD : Si on se positionne du côté des consommateurs, quelles études ont été menées par FilmoTV pour définir les besoins et les attentes des consommateurs en matière d’achat de films en ligne ?

    AH : Des études avaient été effectuée au début du lancement des plateformes VoD. Toutes montrent que le public type est le cadre habitant en région parisienne, avec un certain niveau de vie, du temps libre pour visionner les films, fortement équipé en terminaux de lecture et une connexion Internet à haut débit.

    - SBD : Quelle est votre stratégie pour contrôler l’accès au client ?

    AH : L’offre d’abonnement et les partenariats multiplateformes.

    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films ?

    AH : Il faut que tous les films sans exception soient disponibles sur les plateformes VoD. Il faut également que les consommateurs puissent y avoir accès depuis tous les terminaux possibles. Le prix n’est plus un frein, car l’internaute a compris qu’il devait payer un juste prix pour un bien culturel. La recherche est également un aspect important, sur lequel FilmoTV travaille.

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    27
    10
    2010

    Neutralité du net au Sénat et annonce d’une proposition de projet de loi sur le sujet

    Des rencontres sénatoriales sur la neutralité de l’Internet ont eu lieu hier, organisées conjointement par la commission de la culture (Catherine Morin-Desailly) et la commission des finances du Sénat (Bruno Retailleau). Deux grandes thématiques ont été abordées : la neutralité des contenus et la neutralité des réseaux.

    Avec l’explosion des usages, des besoin de bande passante, du trafic des utilisateurs (notamment sur le mobile), certain acteurs économiques sont tentés de restreindre ou de faire payer différemment selon les contenus. Par ailleurs, le blocage apparaît comme un des moyens pour préserver l’intérêt public et privé. Que justifie la préservation du principe de neutralité ? Peut-on y déroger et sous quelles conditions ? Comment doit-on légiférer ? Quelle position adopter, entre congestion et entrave ?

    Dans le cadre de la transposition du Paquet Telecom, le rôle du Sénat est  ainsi de définir une ligne de pensée, de déterminer des principes fondamentaux, de dresser des pistes de compromis, des modes originaux de règlement des conflits, d’ouvrir un débat citoyen, grand public, afin de fixer dans notre corpus législatif les règles à appliquer sur Internet.

    Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, intervenue à la fin des rencontres, est venue préciser l’action prochaine du gouvernement : une fois le côté technique de la transposition du Paquet Télécom validé, une proposition de loi (PPL) sera préparée afin de laisser place à une dimension politique.

    Table ronde 1 : Neutralité des contenus


    • Emmanuel Gabla, Membre du CSA

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    Pour Emmanuel Gabla, l’arrivée des téléviseurs connectés va changer la donne dans le monde audiovisuel à l’ère du numérique. Désormais les deux univers de la TV et de l’Internet se téléscopent et dépassent le cadre des services gérés. Quelle liberté laisser au spectateur ? Quelle qualité de visionnage pour tous ? Il a ainsi annoncé la volonté du CSA de faire comme l’ARCEP et de lancer des auditions afin de définir des propositions, ainsi que l’organisation début février au Sénat d’un colloque sur les TV connectées.

    D’un point de vue juridique, et dans le cadre de la défense de la liberté de communication, il a souligné qu’il est indispensable que les internautes puissent envoyer/recevoir tous les contenus de leur choix, et éviter la marginalisation de certaines sources d’information (par le filtrage, la diminution de qualité de services). Sous cet angle, le principe de neutralité du net se doit d’être le garant de la liberté d’expression et assurer la non-discrimination, la transparance et un service minimum.

    D’un point de vue économique, le CSA apparaît en faveur de possibilités d’aménagement du principe de neutralité du net en faveur des FAI pour financer l’établissement de nouvelles infrastructures, la construction du réseau de fibre optique, pour une facilité de visionnage des contenus vidéos, enrichis.

    Emmanuel Gabla a bien sûr insisté sur le fait que le principe de neutralité du net ne doit pas appauvrir la création et aider au financement de la création par nouveaux fournisseurs de contenus et que ce principe doit s’appliquer également aux moteurs de recherche. Il a ainsi fait allusion aux craintes que les services d’Apple TV, Google TV ne favorisent les contenus outre-atlantiques.

    • Pierre Louette, Secrétaire Général d’Orange

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    Après avoir cité cette définition de la neutralité du net : « tous les paquets de données sont libres égaux et en droits », un grand principe fondateur du réseau tel qu’imaginé au départ, Pierre Louette a déclaré, qu’au-delà de ce principe, les FAI doivent gérer la saturation due à la montée en puissance des contenus sur des réseaux qui se développent (12% de leur CA serait investi chaque année pour faire fonctionner le réseau), au développement des services mobiles (notamment avec les smartphones).

    Il a alors annoncé la position d’Orange concernant le principe de neutralité du net : trouver un point d’équilibre entre ces deux extrêmes. Une position claire, qu’il a résumée ainsi : « la neutralité n’est pas la passivité ». L’opérateur prône ainsi la capacité à gérer l’accès à des services professionnels (dans le domaine de la santé par exemple, « et tout autre type de contenu ») afin de pouvoir organiser des formes de priorité avec une garantie de services assurée.

    • Alain le Diberder, Conseiller à la création interactive au Conseil d’Administration de la SACD

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    Les auteurs, a souligné Alain le Diberder, considèrent de plus en plus Internet comme un lieu de création incontournable, où le phénomène du bouche à oreille est démultiplié. Pour lui, la net neutralité permet un accès neutre aux informations et publics, ce qui implique que la SACD est contre les offres différenciées selon les opérateurs.

    Après avoir insisté sur la légitimité du droit d’auteur et le « droit de ne pas se faire voler », il a déclaré que les services de TV connectée doivent venir prolonger le système de financement de la création par l’aval (chronologie des médias). Il a ainsi rapproché le débat sur la neutralité du net à celui de la protection des œuvres sur Internet, réaffirmant le soutien de la SACD à la Hadopi et donc au filtrage.

    • Giuseppe de Martino, Président de l’ASIC

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    C’est entant que Président de l’Association des services Internet communautaires, et non sous sa casquette de dirigeant de Dailymotion, que Giuseppe de Martino est intervenu au Sénat. L’ASIC exige la transparence de la part des fournisseurs de réseaux ainsi que la non-discrimination, un système qui préserve les petits acteurs (ce qui ne figurerait pas dans le Paquet Telecom).

    Une position toute nuancée puisqu’il a déclaré qu’il comprenait que les FAI aient besoin de décongestionner les réseaux et qu’une neutralité du net qui empêcherait de pouvoir toucher aux contenus qui transitent pourraient nuire à la sécurité des enfants… Il s’est ensuite défendu d’avoir voulu que l’argument de la neutralité du net soit utilisé pour lutter contre la loi Hadopi.

    Le Président de l’ASIC a ensuite proposé, dans un souci de transparence, l’établissement dans chaque ambassade d’un correspondant en mesure de donner l’état réel des connexions Internet dans les différents pays.

    • Frédéric Goldsmith, Délégué Général de l’APC

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    Pour le représentant du l’Association des producteurs de cinéma, le débat sur la neutralité du net, au-delà des définitions techniques, est l’occasion de définir les fondamentaux et les chaînes de valeur. La neutralité n’est pas antagoniste à la propriété intellectuelle, a-t-il souligné. Et, la régulation doit rester cohérente quelque soient les technologies concernées.

    Frédéric Goldsmith a rappelé la richesse de l’écosystème français du cinéma, garant d’un équilibre global permettant à l’ensemble des acteurs de prospérer et de croître. Rappelant l’exemple du cinéma italien, qui, en l’absence d’une régulation de la TV, a été « tué en quelques années », il a signalé la richesse de l’exception culturelle française. La France, ayant constaté que le cinéma est un produit d’appel et que ceux qui bénéficient des produits d’appel doivent investir dans le renouvellement des contenus, a ainsi su se doter d’une régulation des services efficace. Il a ainsi insisté sur le fait que le suivi des œuvres et la transparence sont indispensables, avec un maintien du soutien financier des pouvoirs publics pour aider à dynamiser le marché.

    Le problème n°1 pour Frédéric Goldsmith, est qu’avec Internet, les services peuvent désormais s’installer à l’étranger, entraînant une distorsion fiscale importante, avec des taux de TVA différents (entre le Luxembourg et la France). Une déclaration qui n’était pas sans rappeler les débats qui avait eu lieu sur la taxe Google.

    Pour ce qui est de la régulation des flux par les opérateurs, il s’est déclaré tout à fait ouvert à des partenariats avec les opérateurs, dans un souci de partage équitable de la valeur. Car, à l’ère du numérique, l’audiovisuel et le cinéma sont devenus des produits d’appel et la valeur a migré vers les terminaux. Pour lui, les systèmes fermés ne peuvent pas être interdis mais il faut trouver des solutions équitables.


    Table ronde 2 : Neutralité des réseaux


    • Claude Kirchner, Chercheur à l’INRIA

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    Aujourd’hui, la technologie permet aux FAI de contrôler l’accès aux applications et aux contenus. Alors, « comment souhaite-t-on contrôler le contrôle » ? Quel impact sur la liberté d’expression ? Claude Kirchner a ainsi rappelé que les technologies de filtrage permettent désormais de biaiser les recherches selon des intérêts économiques et/ou politiques (par exemple, influencer des enchères en ligne, préférer les contenus francophones plutôt qu’anglophones). Etant donné que les protocoles sur Internet véhiculent des philosophies de communication, Claude Kirchner a prévenu que si rien n’est fait pour préserver la neutralité du net, la technologie le faira (et le fait déjà) pour nous.

    Soulignant le rôle fondamental de la recherche et l’importance d’une connaissance approfondie des réseaux pour pouvoir légiférer sur le principe de neutralité du net, et par là la nécessité d’un partenariat technique/législatif, le chercheur a regretté que la consultation publique en France ait été si courte (1 mois). Il a également émit le besoin de développer un observatoire du réseau (protocoles, utilisations) afin de mieux comprendre Internet pour être en mesure de quantifier la neutralité du net.

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    Pour Bernard Benhamou, la neutralité du net étant le premier levier pour la création et l’innovation, il est indispensable qu’il n’y ait pas de seuil d’entrée pour utiliser ce levier. Il a défini le principe de neutralité du net comme étant la loi antitrust des réseaux.

    Il a ensuite affirmé que le gros problème en France, repose en partie sur une certaine culture de l’ingénieur, qui implique une sacralisation de l’infrastructure, le créateur de contenu étant perçu comme un saltimbanque.

    • Arnaud Brunet, Délégué des affaires extérieures et juridiques de Sony

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    Arnaud Brunet a décrit la TV connectée, qui permet d’avoir accès à des services allant de la TV à l’Internet : regarder la TV hertzienne, connecter la TV via une box des FAI pour faire de l’interactivité et apporter ainsi une profondeur au programme diffusé, utiliser des widgets, accéder à des contenus audiovisuels à la demande (TV de rattrapage, VOD).

    Il a alors souligné la nécessité des moteurs de recherche pour l’accès à la multitude de contenus. Le représentant de Sony a présenté ses craintes face aux accès différenciés des FAI, qui empêchent un accès équitable au réseau et donc la création d’un nouvel écosystème.

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    L’opérateur a rappelé qu’il faisait face à des coûts fixes importants ainsi qu’à des contraintes techniques non négligeables. Il s’est ainsi déclaré favorable à la facturation en fonction de l’utilisation.

    • Edouard Barreiro, Chargé de mission sur les technologies de l’information à l’UFC Que Choisir

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    Pour Edouard Barreiro, le Paquet Telecom ne va pas assez loin. Il a rejoint la position de l’ARCEP, en appelant à un « Internet Best Effort » mais avec un niveau suffisant.

    Il s’est déclaré opposé au rôle de policier des FAI, rappelant les risque de dérapage du filtrage qui utilise des technologies dignes d’Etats totalitaires, et le besoin d’une décision préalable d’un juge.

    En réponse à l’intervention d’Emmanuel Forest de Bouygues Telecom, il a déclaré que les réseaux fixe et mobile ne présentaient pas les mêmes contraintes. Sur le réseau fixe, le coût est le même suivant la consommation, alors qu’il n’en est pas de même sur le réseau mobile. Et, étant donné que la facturation est déjà différenciée sur le mobile, il ne peut pas en être de même pour le fixe.

    • Philippe Distler, Directeur général de l’ARCEP

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    Enfin, Philippe Distler est revenu sur les dix propositions et recommandations de l’ARCEP.

    Durant le débat qui a suivi les deux tables rondes, on notera l’intervention d’Olivier Esper, Directeur des relations institutionnelles de Google France, qui a déclaré que les moteurs de recherche étaient neutres par nature étant donné que l’exhaustivité étaient un facteur concurrentiel dans leur métier. Répondant aux interrogations concernant le lancement du service Google TV, il en a appelé à la pro-activité des acteurs français et a insisté sur la nécessité de proposer une offre riche sur Internet. À une question d’un auditeur sur le récent accord entre Google et Verizon, Olivier Esper a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un position commune et non d’un accord commercial, renvoyant l’audience au site de l’ARCEP.

    La question de la licence globale a également été soulevée par Stéphane Larcher, Directeur de la publication de la revue Cités numériques, présent dans la salle. Ce à quoi Alain le Diberder (SACD) a coupé court en répondant que la proposition avait du bon puisque la licence globale participe à la création, mais que ce système privait les auteurs de leur droit fondamental de choisir ou non la diffusion des œuvres.

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    08
    2010

    Lumière sur les effets du piratage de films

    pirateComme le dit très justement Alban Martin, spécialiste des médias informatisés et des stratégies de communication : « poser la question et toi, tu télécharges ? en 2010, c’est un peu comme demander et toi, t’es sur Facebook ou pas ?. Ou bien se demander entre professionnels du cinéma et toi, tu vas à Cannes cette année ?« . Il est un fait établi que le téléchargement de films est désormais une pratique généralisée.

    Et, tout comme le magnétoscope était, à ses débuts, comparé à l’étrangleur de Boston, l’industrie du cinéma crie à l’assassin face à l’échange de films sur Internet. Or, si le piratage n’a pas baissé, le chiffre d’affaires de l’industrie cinématographique, lui, a explosé. En 2009, les salles françaises connaissent leur plus forte fréquentation depuis 27 ans. Par ailleurs, tandis que les ventes de DVD chutent, les autres modes de diffusion progressent : la VOD apparaît prometteuse, les nouveaux supports vidéo haute définition prennent la relève du DVD et de la VHS.

    Alors, pourquoi l’Hadopi et sa croisade contre le vol à l’étalage et tous ces pirates assoiffés de gratuit ? Pourquoi avancer que le piratage fera 1,2 million de chômeurs en Europe en 2015

    Comme le souligne un récent rapport de la Cour des comptes américaine (GAO), qui a étudié les recherches sur les effets du piratage parues entre 1999 et 2009, il n’existe aucune méthodologie unique de collecte et d’analyse des données pour mesurer les effets de l’échange illégal de fichiers numériques sur les industries culturelles. La manière dont les informations sont collectées, dont le taux de substitution est calculé et dont la valeur des produits est estimée, varient selon les pays et les industries. Les études et les experts suggèrent que le piratage est un phénomène qui influe sur les comportements et la propension à innover des entreprises. Les effets sont multiples sur les consommateurs, les industries, les gouvernements et l’économie.

    Il faut bien comprendre la spécificité de la consommation de films

    Rares sont les études consacrées uniquement à l’impact de l’échange illégal des films. Les analyses font souvent le parallèle entre plusieurs domaines culturels touchés par le téléchargement illégal, ou bien sont uniquement consacrées à la musique, domaine qui fut le premier touché par le phénomène.

    Or, comme le soulignent les trois chercheurs de Télécom ParisTech dans leur étude de 2006 sur le téléchargement illégal des films dans les universités françaises : « […] la consommation des films comporte d’importantes différences avec la consommation de musique ; de ce fait, les résultats obtenus pour l’industrie de la musique ne peuvent pas être appliqués en tant que tel pour analyser le piratage des films ». 

    Les auteurs montrent ainsi qu’il est plutôt rare de visionner un film plusieurs fois. L’effet positif du test gratuit avant achat (sampling effect) semble plus faible pour les films que pour la musique, même si des externalités positives existent avec le phénomène du bouche à oreille. Par ailleurs, le téléchargement et le stockage d’un film demeurent plus coûteux en matériel et en temps, puisque le fichier est plus lourd et qu’à la différence d’un DVD, il faut trouver sur Internet la bonne version et éventuellement les sous-titres correspondants. Enfin, pour un même produit, les revenus sont générés sur plusieurs supports : la salle, le DVD, la TV et désormais Internet. Les effets du piratage de films peuvent alors varier selon les différents segments de l’économie du cinéma. Tout en étant conscient de la spécificité des effets du piratage sur l’industrie du film, des tendances communes se dessinent entre les diverses industries du contenu.

    Depuis 2005, le P2P n’affecterait plus les ventes…

    Malgré le manque de données disponibles, les recherches révèlent une évolution substantielle de la nature du phénomène dans le temps. Les trois chercheurs de Télécom ParisTech décrivent ainsi dans leur étude comment, de 1998 à 2002, les entrées en salles étaient en augmentation constante dans la plupart des pays de l’UE (+12% en France, +17% en Allemagne) et aux US (+37%), pour ensuite chuter de 2002 à 2005 (-1% en France, -22,5% en Allemagne, -5,6% aux US). De même, les ventes de DVD ont augmenté de moitié en 2003 et dans des proportions égales en 2004, pour ensuite n’augmenter que de 9% en 2005. Un phénomène similaire apparaît pour l’industrie de la musique. Ainsi, Martin Peitz et Patrick Waelbroeck concluent, dans leur étude de 2004, à une perte en terme de ventes de 1998 à 2002, induite par le téléchargement illégal, ce que peu d’économistes contestent sur cette période et qui correspond aux débuts des réseaux P2P.

    Par contre, les deux économistes relativisent les résultats et avancent que « d’autres facteurs que le téléchargement de musique sur les réseaux d’échange de fichiers peuvent expliquer le déclin des ventes de musique en 2003″. Les cycles technologiques provoquent ainsi un phénomène de substitution entre les différents formats : du CD au MP3 pour la musique, de la maturité du format DVD au développement de la VOD pour le cinéma. Par ailleurs, le raccourcissement des délais de la chronologie des médias pourrait expliquer une baisse relative des ventes sur chaque support.

    À partir de 2005, une fois que la pratique de l’échange de fichiers par Internet fut adoptée par un large public, nombre d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait pas les ventes, voire auraient un effet positif sur la consommation légale des contenus. Ainsi, pour Felix Oberholzer-Gee, professeur à la Strategy Unit au sein de la Harvard Business School, « le téléchargement a un effet sur les ventes [de musique] statistiquement proche de zéro ». Une analyse partagée par l’OCDE dans un rapport de 2005 :

    « Il est toutefois très difficile de démontrer une relation de cause à effet entre l’ampleur de la chute des ventes de musique et l’essor de l’échange de fichiers. Les ventes de CD, de même que le succès des services commerciaux de musique en ligne, ont sans doute été affectés dans une certaine mesure par tout un ensemble de facteurs, par exemple, le piratage physique et la gravure de CD, la concurrence d’autres produits de loisirs plus innovants et la baisse des dépenses des consommateurs sur certains marchés. »

    Les chercheurs de Télécom ParisTech, observent pour leur part que le piratage des films sur Internet n’a pas d’impact sur les entrées en salles et ont un effet positif sur la location et la vente de DVD.

    … ou bien est-ce le contraire ?!

    Pourtant, des études comme le Rapport Hadopi du cabinet d’expertise économique Tera Consultant (qui compte Vivendi parmi ses clients), commanditée par le cabinet de conseil en stratégie Equancy & Co (qui compte parmi ses clients la FNAC, dirigée de 2003 à 2008 par Denis Olivennes, l’instigateur de la loi Hadopi, comme le remarquait Fabrice Epelboin), dénoncent un effet négatif persistant du téléchargement illégal sur les industries culturelles :  » « l’empreinte » économique en France de la copie illégale peut être estimée à une perte de 10 000 emplois. Et ce montant d’emplois détruits pourrait n’être qu’un « palier » intermédiaire. À mesure de la progression (souhaitable) de la pénétration d’Internet dans les foyers, la base des internautes s’adonnant à la copie illégale se trouvera élargie. »

    Ainsi, un rapport de 2010 réalisé par Tera Consultant sur commande du lobby anti-piratage BASCAP (co-présidé par Jean-René Fourtou, président du conseil de surveillance de Vivendi), prévoit 1,2 million de chômeurs en Europe d’ici à 2015 à cause du piratage numérique. Cette étude, commissionnée par un organisme industriel et appuyée par des syndicats, a examiné l’impact du piratage sur Internet en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Espagne.

    Dénoncés comme « propagande d’entreprise » (corporate propaganda) par ses détracteurs, les résultats de cette étude ont été fortement relayés par les médias et les politiques. Ainsi, dans une tribune publiée dans Le Monde, le Commissaire européen au marché intérieur et aux services, Michel Barnier reprend les conclusions du rapport et déclare qu’il est « toujours possible de discuter de l’exactitude de ces chiffres […] [mais] il est impossible de nier l’impact destructeur du piratage sur l’industrie créative ». Cette affirmation dogmatique semble alors balayer d’un revers de la main toute démonstration contradictoire.

    Le taux de substitution, une hypothèse variable

    Pourtant, comme le rappelle le GAO, les méthodes pour calculer les estimations des pertes économiques induites par l’échange illégal de fichiers impliquent forcément de prendre en compte certaines hypothèses. Le résultat de ces estimations varie alors en fonction des hypothèses considérées. Le taux de substitution, qui représente le nombre de films qui auraient pu être vendus s’il n’y avait pas de piratage, constitue une hypothèse centrale, qui peut avoir un impact crucial sur les résultats de l’estimation des pertes économiques.

    Il est désormais admis qu’un fichier téléchargé illégalement n’équivaut pas à une vente en moins pour l’industrie et que les pratiques légales et illégales se combinent. Comme le révélait une étude de 2004 du CNC, les téléchargeurs vont plus au cinéma, sont plus consommateurs de DVD et regardent plus souvent la télévision que les non-téléchargeurs.

    L’étude de Tera Consultant, effectuée en 2008, considère que : « De même que pour l’estimation réalisée pour la musique, […] 10% des téléchargements gratuits se substituent à un acte payant. Sachant qu’on observe près de 13,2 Millions de téléchargements par mois en moyenne, soit 159 Millions de téléchargements par an, la perte de revenus pour les exploitants en salles se chiffre à 264 Millions d’euros. » Idem pour la vente et la distribution de DVD et VOD.

    Cependant, comme le souligne l’étude de 2009 commissionnée par le gouvernement néerlandais, le téléchargement gratuit d’un film est plus susceptible de se substituer à l’achat que pour un morceau de musique, puisqu’une fois visionné, le film ne se prête pas vraiment à être regardé à nouveau dans l’immédiat. L’étude de Tera Consultant, effectuée en 2010, fait alors une différence entre les divers supports de distribution d’un film. Le taux de substitution de 10% est conservé pour la vente de DVD, la diffusion TV et la VOD. Par contre, le taux est revu à la baisse pour la distribution en salles qui passe à 5%, et devient nul pour la location de DVD et le téléchargement légal .

    Néanmoins, le surplus piraté n’est pas forcément consommé, comme le remarquent dans leur étude de 2010, Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf. Il faut donc relativiser l’impact du piratage sur les ventes de l’industrie et s’intéresser à l’usage réel des consommateurs. Selon les deux chercheurs, « pas plus de 20% du récent déclin des ventes [de musique] est dû au partage ». Cependant, comme le rappellent les auteurs du rapport néerlandais, « comme le rôle du partage de fichiers, qui est celui de découvrir un produit, que les téléchargeurs pourront ensuite acheter, est moins valable pour les films, l’industrie ne devrait pas se satisfaire des chiffres d’affaires toujours croissants ».

    Télécharger plus pour acheter plus, effet global positif

    Le téléchargement illégal engendre un manque à gagner difficile à chiffrer pour l’industrie du cinéma. Toujours est-il que de nombreuses études tendent à montrer qu’il existe aussi un effet global positif sur la bonne santé de l’économie, notamment par la stimulation de l’offre. Ainsi, une enquête ministérielle réalisée en 2008, sur le rapport qu’entretiennent les Français avec la consommation des biens culturels, révèle que la tranche d’âge des 15-19 ans témoigne de la plus grande propension à acheter. Même si l’étude fait l’amalgame entre pratiques de téléchargement légales et illégales, il n’en demeure pas moins que les 15-19 ans vont bien plus souvent au cinéma et achètent bien plus de DVD que la moyenne des Français. Or, ce sont ces mêmes individus parmi lesquels la pratique du téléchargement est la plus répandue. 

    L’étude de 2009, commissionnée par le gouvernement néerlandais, va plus loin et montre que « parmi [les Néerlandais] qui téléchargent de la musique et des films, le pourcentage d’acheteurs est aussi élevé que parmi ceux qui ne téléchargent pas. […] et ceux qui partagent les films ont tendance à acheter plus de DVD en moyenne que ceux qui ne s’échangent pas de fichiers ». L’étude conclut à un effet positif de l’échange de fichiers sur le bien-être de la société néerlandaise à court et à long terme. Le partage de fichiers, pratiqué par 30% des Néerlandais, permet aux internautes d’accéder à un large choix de films et de découvrir des contenus avant de les acheter plus tard. Selon les chercheurs, la plupart des personnes interrogées n’auraient en effet jamais acheté les fichiers s’ils ne les avaient pas téléchargé et essayé auparavant.

    Aussi, il ressort que, ceux qui téléchargent, ne consomment pas moins de biens culturels que les autres ; bien au contraire. Un résultat qui rejoint celui de l’étude commissionnée par le ministère canadien de l’Industrie en 2007, et qui indique que, parmi les 2 100 ménages canadiens interrogés, ceux qui téléchargent de la musique sont ceux qui achètent le plus de CD. Par ailleurs, le téléchargement crée aussi des marchés, notamment en créant une demande pour des artistes non disponibles en magasins. Les passionnés de musique téléchargent donc plus et achètent plus.

    De la même façon pour les films, l’étude réalisée pour Vuze, l’un des principaux clients de téléchargement via BitTorrent, montrait en 2009, que sur 1 299 internautes américains interrogés, ceux qui utilisent Vuze vont plus souvent au cinéma, louent plus de films et achètent plus de DVD que la population moyenne d’Internet. L’étude montre également que les usagers de la plateforme BitTorrent sont particulièrement gros consommateurs de nouveautés technologiques et ont un réseaux social en ligne un tiers plus large que les autres, ce qui en fait des leaders d’opinion relativement puissants .

    Cependant, comme le souligne la journaliste Astrid Girardeau : « Cette étude s’inscrit dans la lignée de l’objectif de Vuze : convaincre les fournisseurs de contenus de s’associer avec eux. […] comme c’est souvent le cas avec des études commandées par le premier intéressé, elle a ses défauts. Pour pouvoir donner des conclusions poussées (et rejoindre les études menées par les gouvernements canadien et néerlandais), il aurait fallu par exemple qu’elle soit plus précise sur le panel sondé […]. »

    Les recherches du groupe de recherche M@rsouin, spécialiste des usages numériques à l’Université de Rennes I, ont aussi trouvé un effet positif du téléchargement de films sur les ventes dans leurs études de 2008 et 2010 (avec certes quelques problèmes de méthodologie puisque l’étude n’était basée que sur le questionnement d’un échantillon de 2 000 Bretons, non représentatif de toute la population française, et uniquement basée sur des déclarations par téléphone, sans possibilité de savoir si la personne interrogée répond aux questions de manière totalement libérée ou en ayant peur de dévoiler ses pratiques illicites à un inconnu, même si celui-ci lui promet l’anonymat). Il en ressort que ceux qui téléchargent des films via les systèmes P2P sont également ceux qui achètent le plus de DVD et qui ont une disposition à payer élevée pour une offre légale de films en ligne adaptée. L’échange P2P apparaît alors comme une passerelle vers l’achat en ligne.

    Au final, l’industrie n’est pas la seule concernée

    Comme le résume le GAO dans son rapport, le téléchargement illégal a produit une vaste gamme d’effets sur les consommateurs, les industries, les gouvernements et l’économie dans son ensemble, et ces effets varient largement entre les secteurs, les entreprises, les pays. « Pour déterminer l’effet réel, les éventuels effets positifs sur l’économie de la contrefaçon et du piratage devraient être pris en compte, de la même façon que les effets négatifs. »

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    Pour le consommateur, les effets positifs sont indéniables car les films sont plus accessibles. Les prix ont tendance à baisser pour être plus compétitifs à l’ère du numérique, ou bien car les films sont disponibles gratuitement. Comme l’écrit Alban Martin : « Les médiations gratuites auront servi de « produit d’appel » pour baisser au maximum la barrière à l’entrée, c’est-à-dire lever tous les freins qui empêchent une première exposition au contenu. Cette première exposition est la première étape dans la consommation d’un bien d’expérience : n’oublions pas que les morceaux, films, jeux et autres séries sont autant de biens dont la valeur – et la propension à acheter qui en découle – est uniquement appréciable par l’usage ou la recommandation de quelqu’un qui en a fait l’usage. »

    Par ailleurs, certains films ne sont pas ou plus distribués et sont donc accessibles uniquement via les réseaux P2P. Par contre, cela peut demander plus de temps pour trouver le bon fichier, les sous-titres, éviter les mauvaises versions. La qualité du film et du service peut être bien inférieure à celle d’un film obtenu par voies légales.

    Pour l’industrie, le fait que les internautes puissent tester avant d’acheter, et surtout l’importance du phénomène de bouche à oreille, permettent d’augmenter le volume des ventes sur les différents supports. La baisse des tarifs pour être plus compétitif, entraîne l’augmentation du nombre de ventes, dans ses secteurs complémentaires notamment, comme l’équipement des ménages en Home Cinema, en 3D.

    En revanche, l’industrie a pu enregistrer moins de ventes. Si le film n’a pas convaincu le public internaute, certains téléchargeurs vont préférer le visionner gratuitement plutôt que de payer. Par ailleurs, les moyens financiers substantiels qui doivent être mobilisés pour la production de films, avec des perspectives de recettes incertaines, nécessitent la confiance des investisseurs dans le marché. Or, le téléchargement illégal vient menacer cette confiance, puisque les films peuvent être consommés gratuitement de façon massive à travers les réseaux P2P. L’enjeu est d’importance pour le cinéma, puisque le coût de production moyen d’un film américain est de 58,8 millions de dollars et de 4,6 millions d’euros pour un film français.

    En outre, les délais de diffusion pour chaque format de la vie d’un film ont été raccourcis avec l’arrivée de la diffusion par Internet, ce qui peut entraîner une réduction de l’ensemble des recettes acquises dans chaque fenêtre. Cependant, l’effet négatif sur la propension à innover et à produire de nouveaux films, ne semble pas s’appliquer à l’industrie du film. Le nombre de films produits n’a cessé d’augmenter depuis 2006 aux États-Unis.

    Alban Martin remarque : « Le seul impact que l’on puisse trouver de la démocratisation du piratage sur le fonctionnement de l’industrie cinématographique est une accélération du rythme d’innovation de cette dernière, afin justement de rester étanche aux autres impacts […]« . Par exemple, la 3D permet à la filière cinéma de se démarquer.   »Le succès au box-office du film de James Cameron entièrement en 3D, Avatar, dont des copies ont largement circulé sur Internet en même temps que sa sortie en salle, en est la preuve. Ce film s’est classé en moins de trois semaines d’exploitation à la période de Noël 2009 en troisième position des plus gros succès commerciaux de tous les temps. La complémentarité, plutôt que l’opposition, entre le contenu gratuit de qualité dégradée et l’expérience enrichie en salle a marché. La version piratée a notamment servi comme moyen de promotion indirect, en tant que palliatif pour les personnes qui, de toute façon, ne seraient pas allées le voir – mais ont pu en parler et alimenter ainsi le bouche à oreille. »

    Par contre, un effet négatif indubitable du piratage sur l’industrie est l’augmentation substantielle des coûts d’application du droit d’auteur. Les majors doivent ainsi investir dans le développement de technologies pour protéger le contenu dématérialisé, surveiller les usages qui sont fait de leurs œuvres pour pouvoir demander le retrait du contenu illicite, poursuivre en justice les « pirates ». « Hadopi coûtera plusieurs millions d’euros aux ayants droit » titrait ainsi le magazine PC INpact.

    Pour sa part, le gouvernement ne connaît que des effets négatifs. Pour lui aussi, le téléchargement illégal de films augmente considérablement les coûts d’application du droit d’auteur. Ainsi, le député Hervé Féron remarque en juin 2010, que le coût d’application de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet pourrait dépasser les subventions octroyées annuellement à la production cinématographique, que cette loi dite Hadopi est censée protéger. Le coût d’identification des adresse IP, permettant d’obtenir de la part d’un FAI les données personnelles d’un abonné à l’ADSL, afin de lui envoyer un email d’avertissement, serait ainsi de 8,50 euros par adresse IP. « Si l’on table, comme les majors de la musique et du cinéma, sur 50 000 identifications quotidiennes – chiffre confirmé par le directeur général de la fédération française des télécoms (FFT) – cela ferait 425 000 euros par jour […]. »

    Par ailleurs, la perte de ventes entraîne forcément une perte de recettes fiscales. Le GAO souligne ainsi que « la perte de droits de propriété intellectuelle est beaucoup plus importante que la perte de revenus ».

    Comme l’écrit le GAO, l’argent économisé par les pirates n’est pas perdu. Il est au contraire réinvesti ailleurs dans l’économie, créant ainsi de l’emploi. Malgré les discours alarmistes, l’échange de fichiers a eu un effet plutôt modéré sur l’économie du cinéma dans son ensemble et n’a certainement pas découragé les artistes de créer, comme le montrent les deux chercheurs Felix Oberholzer-Gee et Koleman Strumpf, dans leur étude de 2010.

    Pour la musique, l’impact effectif de l’utilisation des réseaux P2P n’expliquerait pas entièrement la crise des industries des phonogrammes, qui commencent à réaliser qu’elles ne peuvent plus centrer leur modèle économique sur la vente d’albums ou de morceaux, mais plutôt sur les concerts, services et produits dérivés.

    Pour ce qui est du cinéma, les majors ont bien compris, que pour rester compétitif, il leur fallait développer des services innovants et exploiter au mieux les nouvelles possibilités d’appropriation et de diffusion des contenus numériques. La demande de contenus étant particulièrement forte, l’enjeu stratégique demeure la compréhension des nouveaux comportements et attentes du public internaute, ainsi que l’identification des nouvelles sources de création de valeur. Le modèle dominant du futur n’est pas encore stabilisé, plusieurs scénarios sont envisageables, mais une chose est sûre : les magasins et les médias de masse doivent désormais compter avec l’Internet, dont les règles de fonctionnement ont toutes les chances d’être très différentes de celles qui prévalaient jusqu’aux années 1980.

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    23
    06
    2010

    Cinéma et Internet : vers la fin de la chronologie des médias ?

    img_1268407613805Article publié dans
    La revue européenne des médias, n° 14-15,
    de l’Institut de recherche et d’études sur la communication (IREC), fondé en 1986 au sein de l’Université Panthéon-Assas (Paris 2).

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    22
    02
    2010

    Quel rôle pour le public de cinéma sur le net ?

    marketing_viralEn début de semaine dernière, un email arrive dans ma boîte de réception ; UbicMedia organise une conférence pour débattre du sort du cinéma à l’ère d’Internet, entre professionnels du secteur, dans un lieu très sélect. La communication est faite 2 jours avant l’événement ; le cercle des invités semble assez concentré. Le rendez-vous est pris.

    UbicMedia, dont j’avais interviewé il y a 2 ans le directeur marketing Pierre Col, propose PUMit, un système sécurisé de diffusion de films sur Internet, intéressant même si seulement compatible PC… Donc, UbicMedia organise les PUMit Meetings, conférences bimestrielles sur Internet entant que nouveau média pour le cinéma. Le 18 février, la 2e édition allait se concentrer sur les spectateurs qui deviennent actifs. Un thème qui n’a pas fini de faire parler de lui.

    Dans la brume matinale parisienne, me voici qui monte l’avenue Junot. Les indications disent d’emprunter le Passage de la sorcière ; je m’exécute. Après avoir poussé un grand portail noir, je rentre dans l’Hôtel particulier de Montmartre. « On dirait que l’on rejoint une société secrète », me lance en plaisantant une personne qui se rend également à la conférence. Nous entrons alors dans cette belle bâtisse blanche. Accueillis comme il se doit, on nous remet un descriptif du système PUMit et une listes de tous les participants avec la société qu’ils représentent. Le ton est donné.

    Au programme, aux côtés d’Olivier Pfeiffer d’UbicMedia USA, Serge Hayat de People for Cinema & Cyril Barthet de Vodkaster, qui étaient intervenus il y a 3 semaines à la conférence-débat que j’avais suivi avec grand intérêt à La Cantine. Chacun nous expose son service. Les questions du public de professionnels pleuvent ; l’opportunité de décortiquer ces nouveaux outils marketing pour la diffusion des films à l’ère d’Internet. 

    Dans une lumière tamisée, devant un parterre de fauteuils cuirassés, entourés de tableaux du New York industriels et de vases emplis de fleurs de lys, les intervenants commencent la grand-messe. Serge Hayat entame et incise : « Lorsque les personnes de My Majors Company sont venus me trouver il y a quelque temps pour adapter le concept à l’industrie du cinéma, au début je n’y croyais pas trop ; et je n’y crois toujours pas. » Il s’explique ; l’industrie du film a cela de particulier par rapport à celle de la musique que les coûts sont énormes, les structures de productions atomisées (en Europe, et en France particulièrement), que le métier de producteur est bien distinct de celui de distributeur et que l’ingénierie est différente, avec un besoin essentiel de pré-vendre le film. Ainsi, un modèle basé sur la production n’a que peu de chance…

    La valeur ajoutée de cette plateforme Internet qui propose à l’internaute de cofinancer des films (jusqu’à 20 par an, à terme) réside donc dans l’offre d’un marketing alternatif qui travaille les communautés sur chaque film, à l’heure où les coûts de communication flambent pour attirer l’attention du public et cultiver le goût de la salle. Le modèle économique est simple ; sur 100€ investis par l’internaute (avec un retour sur investissement de 15% sur les recettes), 110€ sont prélevés, dont 10€ de frais techniques. Parallèlement, le modèle publicitaire sera bientôt mis en œuvre. Lancé en début d’année, le site People for Cinema semble donc prometteur et adapté aux attentes du public internaute-cynéphile. 

    C’est au tour de Cyril Barthet de présenter Vodkaster, site qui propose aux internautes de visionner ou de poster des répliques de films, sortes d’extraits promo de moins de 3 minutes (limite pour ne pas avoir à reverser de sous aux ayants droit). Le fondateur de cette plateforme cinéma, qui en est encore à ses débuts, expose ses différentes pistes d’évolution. Entre autres, un Movie Quiz récemment mis en ligne sur le site ; un outil de divertissement très prometteur, une véritable porte d’entrée ludique qui permettrait d’élargir l’audience. 

    Dernier intervenant, Olivier Pfeiffer d’UbicMedia, qui propose de nous parler du Theatrical On-Demand. S’appuyant sur les observations de B-Side, distributeur innovant dans le domaine de la distribution numérique de films, Olivier Pfeiffer souligne que même si certaines sorties en salles demeurent déficitaires, un film sorti d’abord en salle fait en moyenne 25 fois plus de vente qu’un film sorti directement en DVD. La sortie cinéma peut donc être considérée, dans une certaine mesure, simplement comme une opération marketing, dont les coûts pourraient être supportés par les internautes, passionnés par un film découvert lors d’un festival par exemple. Une façon intéressante de donner la possibilité au public d’utiliser Internet pour faire vivre le cinéma.

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    5
    02
    2010

    Cinéma & Internet, la réflexion avance

    Affiche3Nombres de conférences sur l’avenir du cinéma à l’ère d’Internet n’arrivent malheureusement pas à dépasser le simple inventaire des blocages. Mais lorsqu’elles réussissent effectivement à bâtir des échanges constructifs et concrets autour de nouvelles pistes de création de valeur entre deux secteurs qui se heurtent, celles-ci méritent d’être saluées !

    C’est le défi qu’a relevé avec brio la conférence-débat Cinéma & Internet jeudi dernier à La Cantine, dans le cadre de 3 jours événements Free Culture remix pour fêter ses 2 ans d’existence. L’occasion de réunir cinéphiles, producteurs cinéma, distributeurs de salles, éditeurs DVD, entrepreneurs dans les domaines des réseaux sociaux, du crowdfounding, de la VOD, des moteurs de recommandation, de l’indexation collaborative de films.

    Alain Rocca, producteur de films et directeur d’UniversCiné, assurait ainsi que l’industrie est bien consciente que tout l’avenir du cinéma se joue sur Internet et qu’il ne lui faut vraiment pas rater la marche. Voilà qui est rassurant ! La question centrale serait de trouver comment susciter l’appétit de cinéma, moteur de la filière, initialement basé sur la chronologie des médias, qui permet d’amortir les recettes d’un film sur ses différents supports. Etant donné que le P2P répond à l’appétit du tout-tout-de-suite, l’enjeu est alors de réussir à faire migrer cet appétit vers les offres légales, qui malheureusement tardent à apparaître.

    Des pistes sont à l’étude, comme des systèmes premiums (donc assez chers) pour voir un film sur Internet avant sa sortie en salles. Un système qui ne serait pas destructeur de valeur, à la différence du gratuit, aux vues de l’investissement financier colossal dans la production. Alain Rocca prévient d’ailleurs contre le spectre du « cinéma de Monsieur Carrefour » dans l’économie du gratuit ; le film devenant un simple produit d’appel pour des grandes marques en quête de notoriété. Par contre, Apple, avec la location de films sur l’iTunes Store, va dans le bon sens en facilitant l’aisance du consommateur et en apportant du qualitatif. 

    Aux côtés de représentants de l’industrie (producteur et distributeur), la conférence réunissait un panel d’entrepreneurs proposant des modèles de valorisation du cinéma adaptés aux nouveaux usages. L’occasion de confronter les réels enjeux du cinéma traditionnel et les évolutions possibles de cette industrie sur Internet. Ont répondu présents : 

    Cinefriends, un site communautaire pour passionnés de cinéma qui propose d’accompagner le film sur Internet, et par là même, de réduire la frontière entre professionnels et cinéphiles.

    Cinetrafic, un moteur de recommandation innovant avec pour vocation de favoriser la vente et la location de films sur tous supports ainsi que la promotion du contenu cinéma sur Internet. Des listes reconstruisant l’univers cinématographique permettent ainsi aux internautes d’y voyager à leur grès, que ce soit à travers les filmographies, les festivals, les genres.

    People for Cinema, une plateforme Internet qui propose de financer la distribution et la commercialisation des films. Par le biais d’accords avec les distributeurs (Mars Distribution, Canal+), les internautes vont pouvoir s’insérer dans les contrats (droits de coproduction, parts dans la distribution en salles). Il s’agit de leur donner la possibilité d’investir de l’argent (avec une mise de départ de 20€) dans la distribution des films auxquels ils croient et pouvoir ensuite toucher une partie des recettes. Parallèlement, ils participent au lancement, rencontrent les équipes, sont invités aux avant-premières privées et deviennent ainsi des ambassadeurs privilégiés pour les films dans lesquels ils ont investi.

    Touscoprod propose pour sa part aux internautes cinéphiles de devenir producteurs de films. Axée autour du cinéma indépendant, cette plateforme Internet construit des communautés qui vont venir soutenir la production, bien en amont du film. Avec une mise de départ de 10€, Touscoprod contribuerait pour 10 % en moyenne du budget total de production.

    Ulike, un site de partage des goûts qui réunit 40 000 personnes de 50 pays. Bien qu’il regroupe la culture dans toute sa transversalité, le cinéma représente tout de même un tiers de sa base de données. Sur le modèle de l’encyclopédie participative en ligne Wikipedia, ce site crée un algorithme qui, à partir des goûts, va émettre des recommandations. Le principe est simple, l’internaute dit ce qu’il aime et Ulike va lui recommander d’autres choses.

    Vodkaster, une plateforme web qui agit sur le marketing en permettant le visionnage d’extraits de films. Partant du constat que YouTube répond à un appétit certain pour voir ou revoir des scènes cultes, Vodkaster a voulu créer une alternative en misant sur la qualité vidéo, la recontextalisation et la légalité de l’offre. 12 000 scènes sont ainsi référencées et classées par mots clés. Un projet d’algorithme serait à l’étude, pour la recherche par répliques par exemple. Surfant également sur la vague du participatif, Vodkaster permet aux internautes de poster des vidéos par le biais de son logiciel de sélection de scène de moins de 3 minutes. Le modèle économique repose sur un référencement de l’offre légale, des flux publicitaires et une offre de services pour les distributeurs.

    The Auteurs, une plateforme VOD internationale (qui propose donc de louer des vidéos, selon les accords par zone géographique) avec toutes les fonctionnalités de promotion virale et qui propose un service B2B.

    Après un débat entre tous les intervenants et la salle, il en est ressorti que la grande valeur ajoutée d’une distribution des films sur Internet demeure la recommandation, qui diminue radicalement le coût de recherche du consommateur.

    Le grand défi du cinéma à l’ère du numérique demeure l’adaptation de la chronologie des médias. Même si certaines expériences de diffusion simultanée multisupports ont rencontré un réel succès, il n’empêche qu’elles restent exceptionnelles et ne justifient pas forcément de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Prenons par exemple, le film Home. Diffusé gratuitement sur YouTube 10 jours avant sa diffusion TV et sa distribution DVD simultanée, le film a rencontré un réel succès auprès du public. Mais il faut garder à l’esprit que sa production avait été principalement financée par le mécénat et qu’il s’agit d’un film particulier. Un autre exemple qui est revenu régulièrement tout au long de la conférence : L’année de la jupe, diffusé simultanément en salles et à la TV. Financé par la télé, il est apparu que la distribution cinéma n’a pas été cannibalisée par la diffusion TV. 

    Les salles seraient-elles vouées à disparaître ? Une chose est sûre, à force de vouloir se protéger, l’industrie cinéma risque de s’enfermer dans son tombeau, chose que l’industrie de la musique commence à peine à réaliser.

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    8
    06
    2009

    Quand Yan Arthus-Bertrand se met au gratuit

    1244130556832Visionnez gratuitement le premier film de Yann Arthus-Bertrand, ça vous intéresse ? Alors allez sur YouTube. Mais dépêchez-vous, vous n’avez que 10 jours !

    Home est « disponible en exclusivité sur YouTube en 6 langues et pendant 10 jours à partir de ce soir minuit », rappelle une porte-parole du site de partage de vidéos. « Sa diffusion numérique est limitée dans le temps et à une plateforme, YouTube, où il sera disponible en exclusivité. Sur la plateforme, et pour éviter qu’il perde son aspect événementiel, il est protégé par la solution Content ID qui empêche sa copie et sa remise en ligne dans son intégralité ou en partie sur YouTube. Le film n’a donc pas vocation à se trouver sur des réseaux peer-to-peer. »

    S’il n’est pas possible de le copier, il est en revanche permis de le diffuser gratuitement en public. « Effectivement, précise YouTube, le film reste la propriété de ses créateurs et producteurs, mais sa diffusion en public est libre, à l’inverse d’une oeuvre traditionnelle (le traditionnel message en début de DVD disant que la copie est réservée à un usage privé). Concrètement, le film que ce soit lors de sa diffusion sur France 2, dans les 10 jours de sa disponibilité sur YouTube ou sur le support DVD vendu à la FNAC peut être projeté en public ».

    Une bonne opération de communication qui va en outre permettre de faire une étude grandeur nature sur la nécessité/possibilité d’adapter la chronologie des médias à la distribution des films par Internet.

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