Intermedia
L’avenir de la distribution des films par Internet / Future of Film Distribution Through the Internet
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Diplômée d'une maîtrise en anglais et allemand, j'effectue mes études et occupe divers emplois dans les deux pays.

    Au cours d'un DESS en négociation et gestion de projets internationaux et de stages dans le domaine de la production cinéma et de l'édition vidéo, je me spécialise dans la politique audiovisuelle européenne.

    Je décide d'approfondir mon approche avec un DEA en politiques européennes et me spécialise dans la distribution des films par Internet. Mon étude pluridisciplinaire des enjeux pour l'Union européenne de la distribution numérique des films reçoit la mention TB avec félicitations du jury.

    J'effectue maintenant une thèse en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 2 Assas, sous la direction de Francis Balle, membre du conseil d'administration de l'Institut français de Presse (IFP) et directeur de l'Institut de Recherche et d'Etude en Communication (IREC). J'ai également effectué un semestre de recherche à la New York University (NYU), au sein du département Culture & Communication.

    Ma recherche, toujours pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour les distributeurs cinématographiques à l'ère numérique.
    ....................................

    I Graduated with an equivalent of a Bachelor of Arts degrees in English and German. I studied and worked in various places in the UK and Germany.

    During a master's degree of Negotiation and Management of International Projects, I specialized in european audiovisual politics. I also did internships in the film production and video edition field.

    I decided to deepen my approach with an other master's in european politics and specialized in film distribution through the Internet. My multidisciplinary study Film Distribution Through the Internet: Sociocultural, Economical and Geopolitical Stakes received the highest distinction.

    Now I am working on a doctoral degree in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Assas under the direction of Francis Balle, member of the French Press Institute (IFP) Administration Council and head of the Study and Research Institute on Communication (IREC). I was also a visiting scholar at the New York University (NYU) in the Culture and Communication department.

    My research, still multidisciplinary, is a study that aims to find concrete solutions for the future of film distributors in a digital era.
  • Articles taggés avec ‘Copyright’

    28
    05
    2007

    Copyright, YouTube & DRM - Experts Speaking

    While being a visiting scholar at the New York University, I could broaden my research on the online film distribution in the US. I also had the great opportunity to meet experts, who I usually read and with whom I could talk and exchange points of view.

    Recently, I interviewed two professors specialized in copyright. Their opposing visions about the copyright's essence and future is of great interest. First, Jane Ginsburg, professor of literary and artistic property law at the Columbia University School of Law. As a jurist, she is in favor of the authors' right. Then, Siva Vadhyanathan, author of “Copyrights and Copywrongs”, journalist and professor at New York University. As a copyright specialist, however not a jurist, he is in favor of the consumers' right.

    About the Viacom lawsuit against YouTube for massive copyright infringement, Jane Ginsburg just reads the copyright act. In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act of 1998 (DMCA), which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called “safe harbor” provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder
    informed them it was there.

    But the safe harbor does apply only for service providers, defined in Sub-section k, Paragraph 512, of the DMCA, as “an entity offering the transmission, routing, or providing of connections for digital online communications (…)”. Then YouTube would like to attract the attention on the safe harbor and make us forget that it applies only to service providers, which it is not at all. For Siva Vadhyanathan, YouTube can absolutely be considered as a service provider. Thus, he believes YouTube-Google could prevail in the case.

    About the hypothetical future of online film distribution without DRM, like what is happening in the music industry, Jane Ginsburg reminds us that there have been two different kind of DRMs: on streaming and on downloading. DRMs on streaming are essential and will remain as such. Concerning the distribution with DRM on downloading (which limits the number of terminals allowed to read the file), Jane Ginsburg underlines the fact that it still exists since one can download a song for $0.99 with DRM or $1.29 without DRM. The selling without DRM will then have to prove its worth.

    For Siva Vadhyanathan, DRMs are less a protection against copy but more a protection for a certain control over the market. According to him, it is essential for the industry to distribute films without DRM in order to allow the public to remix. The better satisfied the consumers are about a service, the more likely they are to use it, and the more clients the industry gets. A resolutely consumer-friendly vision!

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    24
    05
    2007

    Le copyright, YouTube & les DRM - Parole d'experts

    L’intérêt d'être “visiting scholar” à l'Université de New York, afin de d'approfondir mes recherches sur la distribution des films par Internet aux USA, ne réside pas tant dans le nombre d'études et d'ouvrages à ma disposition, que dans l’opportunité de rencontrer des experts que je lis d’habitude et avec lesquels je peux échanger de vive voix, confronter des points de vue.

    Dernièrement, j'ai pu interviewer deux professeurs spécialisés dans le droit d'auteur. Leur divergence d'opinion sur la consistance et l'avenir du copyright m'a beaucoup intéressée. Tout d'abord, Jane Ginsburg, professeur de droit de la propriété littéraire et artistique à la Columbia University School of Law. Juriste pure et dure, elle est en faveur du droit des auteurs. Puis, Siva Vadhyanathan, auteur de “Copyrights and Copywrongs”, journaliste et professeur à la New York University. Spécialisé dans le droit d'auteur sans être juriste, il est en faveur du droit des consommateurs.

    Concernant le dépot de plainte de Viacom contre YouTube pour violation massive des droits d'auteur, Jane Ginsburg ne fait que lire le texte de loi. D’un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (DRM). Cependant, un amendement (le Safe Harbor) protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l’ayant droit.

    Mais le Safe Harbor ne s'applique que pour les fournisseurs de service, définis dans la sous-section k, paragraphe 512, du DMCA, comme “entité offrant la transmission, le transport, ou la fourniture de connections pour les communications numériques en ligne (…)”. YouTube voudrait donc que s'applique une clause qui ne le protège pas, étant donné qu'il n'est en aucun cas un fournisseur de service. Siva Vadhyanathan, quant à lui, affirme que YouTube peut tout à fait être considéré comme fournisseur de service et pense donc que YouTube-Google pourrait bien remporter le procès.

    Concernant l'hypothèse d'une future distribution des films sur Internet sans DRM, à l'image de l'initiative de l'industrie du disque, Jane Ginsburg rappelle qu'il faut bien distinguer deux types de DRM : sur le streaming et sur le téléchargement. Les mesures techniques de protection sur la diffusion en streaming sont essentielles et sont là pour durer. Pour ce qui est de la distribution avec DRM au téléchargement (qui limite le nombre de terminaux autorisés à lire le fichier), Jane Ginsburg souligne que celle-ci n'est pas encore abandonnée puisque l'on peut acheter un même morceau $0.99 avec DRM ou $1.29 sans DRM. La vente sans DRM devra donc faire ses preuves. Et l'économie du cinéma n'ayant pas les même enjeux économiques que l'économie du disque, reste à savoir si la vente de films sur Internet sans DRM au téléchargement sera à terme une solution viable.

    Pour Siva Vadhyanathan, les DRM sont moins une protection contre la copie, qu'une protection pour un certain contrôle du marché. Selon lui, il est essentiel pour l'industrie de distribuer des films sans DRM, afin de permettre au public de remanier les œuvres à leur gré. Plus les consommateurs sont satisfaits d'un service, plus ils sont nombreux à l'utiliser, et plus l'industrie a de clients. Une vision résolument “consumer-friendly” !

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    4
    05
    2007

    MIT International Conference about Web 2.0

    The weekend of April 27-29, 2007, the international conference MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age was held at the Massachusets Institute of Technology in Cambridge, USA. Various digital technologies and internet specialists were gathered to think about the Web 2.0's social, economical and legal implications. All with the same questions. Are we really in a new era? What is this new culture? How can we make the best of it? What traps should we avoid?

    Web 2.0: Not so new

    The now very trendy term “Web 2.0″ expresses the promise of a new Internet version. This is maybe not a revolution but there are undeniable evolutions. How do we understand the difference between marketing buzz and real social transformations? What is really new with the Web 2.0?

    Communication is the key word. There is nothing new in the desire to meet people and build communities. However, the Internet users can now express their preferences and interact with (virtually) the entire world, with sites like MySpace, by posting a commentary, voting, and sharing a file. The participatory culture reaches a new scale, with P2P systems in particular.

    User-generated content is also a great Web 2.0 novelty. It goes along with remix. With sites like YouTube that offer fast and simple tools, the “reuse culture” becomes widespread. It is no longer about reaffirming the authority of the original piece but illustrating the intention of the new one. No more passive contemplation, it is an open call to join in. Thus, the media convergence goes along with a producer-consumer convergence.

    As long as there have been humans, individuals have gathered in order to collaborate, think and act. Since the last few years, a new kind of collective intelligence appeared, in a way that would have never before been possible. The free collaborative encyclopedia Wikipedia shows the power of the Internet that makes it possible for experts and non-experts to collaborate and produce a quality content accessible to all (the ones who are connected to the Internet…).

    The business world is also part of this new gathering, with sites like eBay or Amazon. From now on, as Chris Anderson explained it with his Long Tail concept, there is room for all products, no more storage problems. All niche[s] markets can make up a market share that rivals or exceeds the few bestsellers and blockbusters. From this abundance came the “culture snack”, as defined by Wired magazine. “Pop culture now comes packaged like cookies or chips, in bite-size bits for high-speed munching. It's instant entertainment - and boy, is it tasty.”

    A new social activism appears. New social activists take hold of the Internet to criticize and offer an alternative to the capitalist system. The aim is to connect to the Web for political action and get off the Internet to act in the real world.

    While the Web 1.0 challenge was access, the Web 2.0 demands better understanding of the beneficiaries of all those changes and of the growing industry appropriation of the Internet.

    Copyright 2.0: Not so fair play

    New technologies change the way we see property. In cyberspace, value no longer lies in object but in access, the author is no longer individual but collective, the aim is no longer to safeguard the original but to create an evolving piece of art. How do we make two very different semantics of property coexist? What is the impact on our relationship to new technologies? How can copyright evolve?

    Copyright is based on a classical liberal framework with the notion of exclusive right. Digital copyright has threatened all that, through non-commercial users. The DRM tried to limit the bleeding. But the industry realizes its limits. It is now important to think about a way to compensate user-generated content. Collective licensing also appears as an interesting way of expressing a new copyright view.

    Aside from the legal repression, the industry has been attempting for a few years to educate the Internet users through anti-piracy campaigns which show users as criminals. Those actions seem to protect only the industry interests and raise the problem of
    the presence of corporations in classrooms. They shape how a whole generation sees new technologies. Then, fair use is not presented at all or is discussed as risky.

    The US copyright law, faced with technological changes, evolved along with court rulings. In 1984, the Supreme Court decision in the case Sony v. Betamax reaffirms fair use by allowing VHS recording and copying for personal use. In 2005, the case MGM v. Grokster rules on the P2P systems. A victory for the majors. One who distributes a device with the object of promoting its use to infringe copyright is liable for the resulting acts of infringement by third parties. Last March, Viacom filed a lawsuit, accusing Google of copyright infringement. If this goes to trial, the sentence will be decisive for the evolution of copyright and the Web 2.0.

    We must keep in mind that capitalist culture is part of the new technologies. Thus, as soon as we buy a computer, we are owned by a big corporation.

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    2
    05
    2007

    Conférence internationale au MIT sur le Web 2.0

    Le week-end dernier, 27-29 avril 2007, la conférence internationale MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age s'est tenue au MIT (Massachusets Institute of Technology) à Cambridge, USA. Divers spécialistes des technologies numériques et du média Internet y étaient réunis pour réfléchir sur les implications sociales, économiques et juridiques du Web 2.0. Tous avec les mêmes interrogations. Sommes-nous vraiment dans une nouvelle ère ? Quelle est donc cette culture émergente ? Comment en tirer le meilleur parti ? Quels pièges éviter ?

    Web 2.0 : pas si nouveau

    Le terme “Web 2.0″, désormais très à la mode, porte en lui la promesse d'une nouvelle version d'Internet. Il ne s'agit peut-être pas d'une révolution mais les évolutions sont indéniables. Comment faire la part entre buzz marketing et réels bouleversements sociaux ? Qu'est-ce que le Web 2.0 apporte de vraiment nouveau ?

    La communication est le maître-mot. Le désir de rencontrer des gens et construire des communautés n'a rien de nouveau, mais l'internaute peut maintenant exprimer ses préférences et interagir avec (virtuellement) le monde entier, par le biais de sites comme MySpace, en postant un commentaire, en votant, en mettant à disposition des fichiers. La culture participative atteint alors une nouvelle échelle, avec notamment les systèmes de P2P.

    La possibilité pour l'usager de soumettre son propre contenu (user generated content) est également une des grandes nouveautés du Web 2.0. Cela va de paire avec le remix. En mettant à disposition des outils simples et rapides, des sites comme YouTube généralisent la “culture du détournement”. Il ne s'agit plus de réaffirmer la crédibilité de l'œuvre originale mais d'illustrer sa propre démarche. L'intention n'est plus la contemplation passive, c'est un appel ouvert à la participation. Ainsi, la convergence des médias est couplée avec une convergence producteur-consommateur.

    De tous temps, les individus se sont unis afin de collaborer, réfléchir, agir. L'intelligence collective atteint aujourd'hui de nouvelles proportions. Le projet d'encyclopédie libre Wikipedia montre la puissance d'Internet qui permet de faire collaborer experts et amateurs pour produire un contenu de qualité accessible à tous (ceux qui sont connectés à Internet…).

    Le monde marchand est lui aussi touché par cette mise en commun d'une nouvelle ampleur, avec des sites comme eBay ou Amazon. Désormais, comme l'a montré Chris Anderson avec son concept de Long Tail, tous les produits ont leur place, plus de problème de stockage. Tous les marchés de niches réunis rapportent autant que les hits. De cette abondance est née la “culture snack”, comme l'a définie le magazine Wired. L'industrie soigne l'emballage de produits que l'internaute va venir picorer frénétiquement.

    Un nouveau type d'activisme social voit alors le jour. De nouveaux acteurs sociaux s'emparent d'Internet pour critiquer et offrir une alternative au système capitaliste. L'enjeu est de rassembler dans le monde virtuel autour d'une action politique pour ensuite agir dans le monde réel.

    Tandis que l'enjeu du Web 1.0 était l'accès, les défis du Web 2.0 sont de savoir à qui vont profiter tous ces changements et d'être conscient de l'appropriation grandissante d'Internet par l'industrie.

    Droit d'auteur 2.0 : pas si fair-play

    Les nouvelles technologies bouleversent la notion de propriété. Dans le cyberespace, la valeur ne réside plus dans l'objet mais dans l'accès, l'auteur n'est plus individuel mais collectif, il ne s'agit plus de sauvegarder l'original mais de créer une œuvre évolutive. Comment faire coexister deux sémantiques de la propriété très différentes ? Quel impact sur notre relation aux nouvelles technologies ? Quelles évolutions possibles pour le droit d'auteur ?

    Le droit d'auteur s'est construit autour de l'économie libérale avec la notion de droit exclusif. La numérisation des données et la généralisation massive des échanges non commerciaux sont venues questionner la loi. Les mesures de protection technique (DRM) ont tenté de limiter l'hémorragie. Mais l'industrie réalise ses limites. Il apparaît désormais important de combler le vide juridique autour de la compensation des contenus amateurs. Les licences collectives semblent également un moyen intéressant de faire entendre une nouvelle vision du droit d'auteur.

    En plus de la répression juridique, l'industrie tente depuis quelques années d'éduquer les internautes à travers des campagnes d'éducation contre le piratage qui criminalise le public. Ces actions semblent ne protéger que les intérêts de l'industrie et soulèvent le problème de la présence des entreprises au sein de l'école. Elles façonnent l'appropriation des nouvelles technologies de toute une génération. Puis, pour ce qui est du “fair use”, l'équivalent du droit de copie privée français, celui-ci disparaît totalement ou bien est présenté comme trop risqué.

    La loi américaine du droit d'auteur, confrontée aux évolutions technologiques, a évolué au fil des décisions de justices. En 1984, la décision de la Cour suprême, dans l'affaire Sony contre Betamax, permet d'établir le concept de “faire use” en autorisant l'enregistrement et la copie VHS à des fins non commerciales. En 2005, l'affaire MGM contre Grokster légifère sur les systèmes de P2P. Une victoire pour les majors. Toute personne qui distribue un dispositif en promouvant son utilisation pour violer le droit d'auteur peut désormais être tenue responsable pour toute violation de ce droit par les utilisateurs de ce système. En mars dernier, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour violation des droits d'auteur. Si cela va jusqu'au procès, le jugement promet d'être décisif pour l'évolution du copyright et du Web 2.0.

    Il ne faut pas perdre de vue que la culture capitaliste fait partie intégrante des nouvelles technologies. Ainsi, dès l'achat d'un ordinateur, l'utilisateur est déjà enfermé dans une technologie propriétaire.

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    21
    03
    2007

    YouTube: an illegal business model?

    More than $1 billion in damages and an injunction prohibiting Google from further copyright infringement: that is what Viacom seeks. Tuesday, March 13th, Viacom finally filed a lawsuit, accusing Google of “massive intentional copyright infringement”. Since it bought YouTube last October, Google has been chasing deals that would give it the right to put mainstream video programming on the site. The tensions between new and old media companies are now visible.

    In a press release, Viacom, the parent company of MTV, Comedy Central, Nickelodeon, Paramount and DreamWorks, accuses YouTube of developing a “clearly illegal business model”, “exploiting the devotion of fans to others' creative works in order to enrich itself and its corporate parent Google”. Almost 160,000 unauthorized clips of Viacom would have been available on YouTube and viewed more than 1.5 billion times. In the philosophical and financial battle between media and tech companies, Viacom made a move that could prove to be decisive for the future of on line video distribution.

    Google openly express its ambition of becoming the leader of online video, like the Apple's iTunes Store for music. Google plans to combine YouTube's vast audience with its mastery of online advertising technology to create a lucrative business whose revenue it will share with large media companies and other content creators.

    YouTube has succeeded in signing licensing deals with content providers, like the BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner and the NBA, that will allow it not only to gain rights to programming, but also to insulate itself from any liability for past copyright violations on YouTube. Thus, some prefer finding a deal because of the strong promotional power of YouTube. However, as the negotiations have dragged on, major media companies have grown increasingly frustrated over the proliferation of copyrighted video on YouTube. Indeed, they have to scour every day the entirety of what is available on the site to look for their content.

    Google sees itself as leading a revolution of video consumption and distribution. But from now on Viacom wants to take a fair share of this new market that benefits from the rapid expansion of online advertising. The stakes are high. It is about attracting the new costumers' generation, going where the audience goes.

    In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act (DMCA) of 1998, which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called “safe harbor” provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder informed them it was there. The resolution of this lawsuit, if it comes to trial, will hinge on the interpretation of this provision.

    Google declares itself to be protected by the DMCA. Viacom is convinced of the contrary. The major claims that unlike internet providers who really have no idea about what is flowing through their channels, Google is an active participant with its users. From one side, it is unclear whether YouTube encourages the people to infringe on copyrights. Google has also always promptly removed the copyrighted content when asked to do so. On the other side, the financial benefit that Google is getting from the business model could rule against it.

    This battle is the symptom of a war between old and new media, two different points of view about what is happening on the Internet, and what should happen. One side wants to create software that enables people and companies of all size and importance to communicate and gain power, and the other side wants to retain control of content they have spent a lot of money to create.

    Let's take the music industry's example. Innovations first came from software companies, with some mistakes indeed, like Napster. Then, the major media companies reacted after. And if the illegal downloading seems to have lowered, it is less because of lawsuit fear than because of the development of a convenient and affordable way to get music legally.

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    21
    03
    2007

    YouTube : un modèle économique illégal ?

    Un milliard de dollars de dommages et intérêts. Une injonction de cesser de violer les droits d'auteur à l'avenir. C'est ce que réclame Viacom, le géant des médias américains. Mardi 13 mars, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour “violation massive et intentionnelle des droits d'auteur”. Depuis que Google a racheté YouTube en octobre dernier, le géant des médias en ligne a tenté de conclure des accords avec les majors afin de pouvoir diffuser leur contenu sur son site de partage vidéo. Les tensions entre nouveaux et anciens médias sont désormais apparentes.

    Dans un communiqué de presse, Viacom (MTV, Paramount, DreamWorks, Comedy Central, Nickelodeon, etc.) accuse Google de développer un “modèle économique clairement illégal”, exploitant la dévotion des fans et bénéficiant de recettes publicitaires en partie induites par du contenu piraté. Environ 160 000 vidéos du contenu de Viacom auraient été mises en ligne sur le site de partage vidéo et visionnées plus de 1,5 milliards de fois. Dans la bataille économico-philosophique que se livrent les nouveaux médias et les industries du divertissement, Viacom lance une offensive qui pourrait se révéler décisive pour le futur de la distribution de contenu audiovisuel en ligne.

    Google ne cache pas son ambition de devenir le leader de la vidéo en ligne, à l'image de l'iTunes Store d'Apple pour la musique. La vaste audience de YouTube combinée à sa maîtrise de la publicité en ligne représentent pour Google un commerce lucratif, dont il envisage de partager les revenus avec les grandes industries des médias et autres créateurs de contenu. YouTube a déjà noué plus de mille partenariats de diffusion (avec notamment la BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner et la NBA).

    Certaines majors ont ainsi autorisé la diffusion légale de leur contenu sur YouTube en échange d'un partage des revenus publicitaires. Elles préfèrent trouver un accord pour une compensation financière car le célèbre site de partage vidéo demeure un formidable outil promotionnel. Mais les accords sont difficiles à finaliser et la prolifération sur YouTube de vidéos protégées par les droits d'auteur ne fait qu'augmenter la colère des majors. Celles-ci doivent en effet quotidiennement passer en revue tous les clips en ligne sur YouTube pour voir si leur contenu en fait partie.

    Google veut devenir le fer de lance d'une révolution des modes de consommation et de distribution vidéo. Mais Viacom revendique désormais sa part du gâteau. Avec l'essor de la publicité en ligne, l'enjeu est de taille. Il s'agit d'attirer la nouvelle génération de clients, d'aller là où va l'audience.

    D'un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (tout comme la loi DADVSI en France). Cependant, un amendement (le “Safe Harbor”) protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l'ayant droit. Le verdict de cette action en justice, si cela va jusqu'au procès, dépendra de l'interprétation de cet amendement.

    Google affirme être protégé par le DMCA. Viacom est persuadé du contraire. La compagnie affirme qu'à la différence des fournisseurs d'accès à Internet, qui n'ont vraiment aucune idée de ce qui circule à travers leur réseau, Google est en contact direct avec ses clients. D'un côté, rien ne prouve que YouTube encourage les internautes à violer les droits d'auteur. Google a également toujours réagi promptement lorsque les ayants-droit le lui ont demandé. D'un autre côté, le bénéfice financier que Google tire de ce modèle économique peut très bien jouer en sa défaveur.

    Cette bataille est le symptôme d'une guerre que se livrent anciens et nouveaux médias, deux points de vue différents sur le développement d'Internet. Ceux qui veulent créer des logiciels pour permettre aux individus et entreprises de communiquer et évoluer, et ceux qui veulent garder le contrôle d'un contenu qu'ils ont créé et dans lequel ils ont investi beaucoup d'argent.

    Prenons l'exemple de l'industrie du disque. Les innovations sont venues des entreprises logicielles. Avec son lots de ratés, comme Napster. Les majors ont quant à elles réagi avec un temps de retard. Et si le téléchargement illégal semble avoir diminué, c'est moins par peur du procès que grâce au développement d'une offre légale créative et adaptée à la demande.

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    1
    02
    2006

    Quel futur pour le droit d’auteur à l’ère du numérique ?

    Alors qu’en France, le Parlement doit bientôt se prononcer quant à sa nouvelle loi sur le droit d’auteur dans la société de l’information, la commissaire européenne chargée des médias et de la société de l’information a suggéré une piste qui pourrait élargir le débat.

    Viviane Reding propose d’opter pour une réglementation européenne unique et d’abandonner le principe de territorialité de la protection du copyright. “Il ne peut y avoir une industrie du contenu forte sans des règles de propriété intellectuelle fortes. Or nous en avons aujourd’hui 25 différentes en Europe ! Cela ne nous aide pas à créer un marché unique.”

    Un diffuseur britannique, par exemple, pourrait alors vendre ses services de vidéo à la demande dans toute l’Europe en se fondant sur la seule législation britannique, et sans avoir à se proccuper des 24 autres.

    Cependant, aujourd’hui, les barrières sont nombreuses. L’obtention des droits pour la diffusion numérique des œuvres est déjà très complexe. Il faut refaire les contrats, retrouver tous les ayants droits, obtenir les autorisations. Si l’on ajoute à cela les dissemblances juridiques entre Etats, la distribution de produits culturels via Internet, transnational par essence, devient périlleuse. D’où la prolifération et le succès des systèmes de peer-to-peer.

    Concrètement, à l’heure actuelle, la Commission européenne a voté en juin 2001 une directive, que les Etats devaient transposer dans le droit national à partir de décembre 2002 pour adapter sa législation sur le droit d’auteur à l’ère des nouvelles technologies. Petit rappel : une directive lie tout Etat membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en lui laissant la compétence quant à la forme et aux moyens. En d’autres termes, la directive montre la direction mais les Etats membres décident de l’application nationale. Chaque Etat a donc adapté sa législation suivant ses priorités, ses orientations, sa philosophie.

    Il serait certes plus facile, d’un point de vue économique, d’harmoniser le droit d’auteur au niveau européen. Cela enlèverait beaucoup de freins pour les diffuseurs et distributeurs de contenu. Les 25 Etats membres sont d’ailleurs d’accord sur les fondements de la directive européenne. Mais comment unifier les deux visions du droit d’auteur français et du copyright anglo-saxon qui divergent dans leurs fondements ? Comment allier l’exception culturelle et l’ultralibéralisme ?

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