Intermedia
THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘DRM’

    8
    01
    2009

    Vers la fin du piratage de musique ?

    itunesCa y est ! Apple supprime les verrous sur la musique achetée sur iTunes. C’est un grand pas. Les utilisateurs le demandaient depuis longtemps. Les majors et Apple le proposent enfin. Le piratage n’a qu’à bien se tenir, il a là un sérieux concurrent ! (ou bien ?…)

    C’est un grand pas car iTunes demeure le plus gros distributeur de musique du monde avec un catalogue de 10 millions de titres, 6 milliards de chansons vendues, et 75 millions de compte ouverts avec des cartes de crédit. On passe donc du prix unique (99 centimes) à trois prix: 69 cents pour les vieux morceaux, 99 cents pour les morceaux récents et 129 cents pour les hits.

    Le grand bouleversement c’est l’abandon des DRM (protection technique des droits d’auteur et de reproduction dans le domaine numérique). En clair, tout morceau acheté sur iTunes pourra maintenant circuler librement d’un ordinateur à l’autre (Amazon permet ça depuis pluisieurs mois). 8 millions de titres sont déjà téléchargeables. Les 2 millions restants le seront à la fin du trimestre.

    Va-t-on vers la fin du piratage de musique ? La fin des DRM va dans la bonne direction pour l’industrie en tous cas. Mais la bonne question est plutôt, va-t-on vers un équilibre des différentes offres de distribution de musique (on-line, off-line) ? Cela s’est récemment vérifié, piratage ne veut pas forcément dire baisse des ventes. L’album Ghosts I-IV de Trent Reznor, distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, figure en effet en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

    Tags: , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    25
    02
    2008

    Avec VIVACODE, la VOD devient vivable

    L’accès à la vidéo gratuite n’a jamais été aussi facile, riche et qualitatif, car l’offre gratuite de contenu a proliféré. La TNT et l’offre ADSL de base satisfont une bonne partie de la demande. Avec la catch-up TV, le streaming et le téléchargement, le spectateur a un large choix. Moins disponible et plus exigeant, il devient beaucoup plus sélectif vis-à-vis des offres payantes.

    Aujourd’hui, l'intérêt pour la vidéo-à-la-demande n'est pas sans rappeler l'engouement qu'avait suscité le DVD à sa sortie. La VOD est un moyen innovant d'accès à la vidéo sur Internet, avec une liberté inégalée. « Reste à accompagner la maturation et le développement des habitudes de consommation avec l’amélioration progressive des catalogues et la mise au point d’offres fidélisantes », comme l'indique la dernière étude du CNC sur les nouvelles formes de consommation des images.

    A la différence des majors, qui tentent de proposer une offre payante sur Internet, pour réagir face au piratage, quelques start-ups issues de la culture Internet développent des architectures techniques, pour (agir) répondre à un besoin réel. Ce besoin, c'est la consommation de contenu audiovisuel en ligne on demand.

    Ainsi, avec Internet, c'est quand je veux, où je veux, comme je veux. VIVACODE l'a bien compris. Cette jeune entreprise innovante propose un système de maîtrise de la dissémination des contenus multimédias sans DRM, qui assure aux auteurs, producteurs et distributeurs de ne pas être privés de leurs droits sur le Web. Plus qu'un simple outil de distribution sécurisée, VIVACODE permet d'utiliser la puissance virale d'Internet.

    Les avantages comparatifs sont indéniables. Avec le .fun (Format Universel Numérique) conçu par VIVACODE, les fichiers deviennent multi-plateformes et multi-formats. Le fait qu'une clé et un lecteur uniques soient générés à chaque demande de lecture, permet d'éviter l'un des principaux freins à l'expansion de la VOD, à savoir le coût d'encodage. De plus, pas besoin d'être forcément connecté au réseau pour visionner la vidéo téléchargée.

    Pour l'instant, le gros de l'activité de VIVACODE est réalisé dans le domaine du e-learning. Espérons que les producteurs et distributeurs cinéma vont vite réaliser le potentiel de cette technologie pour rendre viables les modèles économiques sur Internet et commencer à établir une offre homogène et conviviale pour le consommateur final.

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    22
    01
    2008

    "Je ne volerais pas 1 voiture… mais je télécharge des films"

    A lire aujourd'hui, un article paru sur Ecrans.fr. La journaliste Astrid Girardeau y décrit la nouvelle campagne pro-partage du groupe des Verts/Alliance libre européenne qui s'insurge contre « la propagande anti-piratage de l'industrie du divertissement ».

    Voici un petit extrait de leur campagne, qui selon moi résume très bien la problématique actuelle : « L’industrie des médias n’a pas réussi à offrir des alternatives légales viables et ils n’ont pas réussi à convaincre les consommateurs que le partage était du vol. Malheureusement, ils ont réussi dans un autre domaine — le lobbying pour faire des lois pour criminaliser le partage, en tournant les consommateurs en criminels. Ils affirment que leurs lois sont nécessaires pour soutenir les artistes, mais en réalité, elles sont là pour protéger leurs propres bénéfices.

    La résistance s'organise !

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    21
    01
    2008

    La distribution des films par Internet avance

    La semaine dernière, j'ai pu enfin rencontrer Pierre Col, responsable marketing et business développement d'UbicMedia. Cette jeune entreprise a développé PUMit, une technologie « post-DRM » qui permet de diffuser du contenu (films, musique) sur Internet. Tout ceci est franco-français et très prometteur !

    Le point de départ de PUMit : Comment faciliter la circulation des œuvres sur Internet sans la freiner à coup de DRM ou de piratage abusifs ?

    Le fonctionnement de PUMit : L'ayant droit va sur le site pour y mettre le fichier source. PUMit sépare le fichier en deux parties. D'un côté, un « fichier nomade » MPEG4 contenant 95 à 99 % du contenu librement copiable et rediffusable. De l'autre, un flux de contrôle envoyé par le serveur PUMit à très faible débit, qui va reconstituer le contenu original. L'ayant droit définit les conditions de diffusion, la zone géographique, les prix. Il peut ensuite à tout moment modifier ces conditions directement sur le site.

    L'utilisation concrète de PUMit : Les fichiers peuvent être distribuer via les systèmes de P2P, performants et très utilisés. L'utilisateur va alors télécharger le fichier et par exemple pouvoir visionner les 2 premières minutes puis sera invité à payer 2 € pour pouvoir voir le fichier dans son intégralité. Ou alors le site d'un festival, comme celui du festival Cinéma Nouvelle Génération pourra proposer en VOD les films en compétition. PUMit, lui, se rémunère sur un pourcentage fixe par unité achetée et pour chaque visionnage.

    Pourquoi PUMit a un avenir prometteur : Idéal pour les producteurs indépendants, adapté aux nouvelles attentes de tester avant de payer pour un téléchargement, répondant à un besoin d'économie de bande passante, simple et souple, PUMit est un système très séduisant, tant pour l'utilisateur que pour l'ayant droit.

    Pourquoi PUMit ne pourra pas devenir, en l'état, un standard pour la distribution de films sur Internet : Accessible seulement pour les utilisateurs de PC, les adeptes de Mac devront attendre. Le multi-plateforme demeure cependant un gage de réussite pour les futurs systèmes de distribution de contenu sur Internet.

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    25
    11
    2007

    Lutte contre le piratage : permis à point sur Internet

    b448d3b763504b1f1859bc946c6cebfaSi l'offre légale sur Internet ne parvient pas vraiment à endiguer le piratage, ce n'est pas faute de chercher les formules. Si possible magiques comme l'espèrent les industries culturelles. Paiement à l'unité, systèmes d'abonnement, recettes publicitaires pour payer les ayants droit, tout le monde traque frénétiquement la pierre philosophale.

    Mais qui sont ces pirates, ces « hors-la-loi », si l'on reprend les termes de notre cher président (voir son discour) ? Quel est ce « Far Ouest high-tech », cette « zone de nom droit » numérique ? La situation demeure complexe. Un individu qui s'abonne à des formules d'accès à Internet haut débit est tout aussi bien un consommateur de produits en ligne, qu'il faut donc choyer, qu'un pirate en puissance, capable de télécharger toutes sortes de contenus.

    Le gouvernement s'est ainsi lancé à l'abordage du piratage, aux côtés des industries culturelles. En septembre dernier, Christine Albanel, ministre de la Culture, confie à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, une double mission : lutter contre le piratage et développer l'offre légale. Les conclusions du « rapport Olivennes » sont tombées hier, accompagnées d'un accord tripartite (Etat ; professionnels de l'audiovisuel, du cinéma, de la musique ; fournisseurs d'accès à Internet).

    En résumé, l'accord prévoit :
    - des mesures de filtrages des contenus sur Internet,
    - l'envoi de messages d'avertissement aux internautes fraudeurs,
    - et en cas de récidive, une suspension, voire une résiliation de leur abonnement Internet.
    En échange, les ayants droits et majors s'engagent à quelques concessions :
    - l'abandon total des DRM (mesures de protection qui empêche de lire sur plusieurs terminaux un morceau de musique acheté en ligne),
    - la sortie des films en VOD sera désormais alignée sur celle des DVD (6 mois après la sortie en salle, contre 7 et demi actuellement).

    Alors que l'industrie du disque a enregistré une nouvelle baisse de son activité de 22 % sur les neuf premiers mois de l'année et que les ventes de DVD commencent à baisser dans l'Hexagone, le gouvernement fait le pari, en se basant sur des exemples étrangers, que de simples avertissements suffisent dans la majorité des cas à dissuader les internautes de s'adonner à des pratiques illégales de partage de fichiers (P2P). Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les messages d'avertissement expérimentés par Time Warner Cable ou British Telecom auraient suffi dans 90 % des cas à mettre fin à ces pratiques.

    Après un échec relatif de l'application de la loi DADVSI, qui prévoyaient des peines de prison pour les contrefacteurs, le nouveau gouvernement préfère désormais une approche graduée avec des peines civiles et non plus pénales. Il s'agit d'une nouvelle mouture inspirée notamment de la politique mise en place pour le permis de conduire : deux messages d'avertissement puis le passage aux sanctions. Le rapport prévoit une première suspension de l'abonnement de dix à quinze jours en cas de récidive puis, stade ultime, une résiliation du contrat de l'abonné et son inscription dans un fichier d'internautes radiés, sorte de « liste noire », pendant une durée qui pourrait tourner autour d'un an.

    « C'est un accord important par ses mesures, et surtout l'unanimité », a assuré M. Olivennes. Pourtant, l'Adami (société de gestion collective des droits des artistes-interprètes) regrette « que les organisations représentant les consommateurs et le public n'aient pas fait partie des négociations de cet accord, alors que l'efficacité des dispositifs destinés à lutter contre la gratuité dépend aussi du consentement du public et donc de son adhésion aux objectifs poursuivis ».

    « Nous n'avons jamais dit que nous allions éradiquer le piratage, conclut Olivennes ; mais seulement le rendre plus compliqué et plus coûteux pour les petits téléchargeurs ordinaires. » Presque immédiatement, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des mesures répressives, leur inefficacité démontrée et la systématisation des sanctions à travers la mise en place d'une autorité administrative indépendante toute-puissante. « Je veux bien que l'on m'accuse d'être liberticide, ironise M. Olivennes, mais quatre avertissements pour en arriver là, ça ne me paraît pas être un régime de sanctions digne de la Chine ou de la Corée du Nord. »

    « Surenchère répressive », « police privée du Net », « justice parallèle ». Le mots fusent. Les associations de défense des internautes, comme la ligue Odebi, rappellent qu'il est « inacceptable que le pouvoir du juge soit transféré à une autorité dotée des moyens humains et techniques nécessaires à l'avertissement et à la sanction, et chargée d'appliquer le mécanisme de la riposte graduée ».

    Les industriels de la musique font un pas vers l'ouverture et s'engagent à abandonner les DRM sur les œuvres françaises dans l'année suivant l'instauration de ce dispositif de riposte. Les industriels de l'audiovisuel et du cinéma offrent quant à eux une contrepartie et sont prêts à réduire le laps de temps entre la sortie en salle et la distribution en vidéo à la demande. C'est toujours ça de pris. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

    Force est de constater l'impossibilité juridique des mesures envisagées, notamment à cause des réseaux Wi-Fi, trop perméables qui ne permettraient pas de savoir qui a réellement utilisé la connexion Internet filaire. De plus, quant à la mise ne place de systèmes de filtrage, comment accepter que des personnes privées puissent filtrer et vérifier des échanges privés, licites ou non ? Ensuite, le fait, en cas de récidive du pirate, de devoir couper la connexion à Internet ne réjouit aucun fournisseur d'accès. En débranchant Internet, on risque de couper aussi le téléphone et la télévision pour les abonnés aux offres triple play.

    Cerise sur le gâteau, le discours prononcé par le président de la République, lors de la remise officielle de l'accord. La vision d'Internet exprimée par Sarkozy donne à penser : « C'est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d'assister. » « Pourquoi le citoyen ordinaire, habituellement respectueux de la loi, préférerait s'approvisionner dans des entrepôts clandestins. » « (…) des comportements moyenâgeux, où, sous prétexte que c'est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l'étalage. » Et enfin, ma préférée : « La France va retrouver une position de pays leader dans la campagne de civilisation des nouveaux réseaux. » (nostalgie de l'époque coloniale ?…)

    Ces propos ont immédiatement fait réagir l'April (association française de défense et promotion du logiciel libre), qui considère Nicolas Sarkozy totalement incompétent dans le domaine : « Il parle de comportements moyenâgeux, de vol, mais c'est son discours qui est d'une autre ère et montre qu'il n'a pas compris les différences fondamentales entre biens matériels et créations immatérielles ».

    Concernant le calendrier de mise en place de cet accord, le Parlement ne débattra manifestement qu'après les municipales et l'autorité indépendante n'aura sans doute de vrais moyens qu'en 2009. Quant au chef de l'Etat, il a donné rendez-vous dans six mois aux signataires de l'accord « pour faire le bilan » de son application et si besoin est, faire évoluer l'accord. Denis Olivennes nous prévient cependant que le système « ne sera efficace que si son application est massive et systématique ». A bon entendeur…

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    28
    05
    2007

    Copyright, YouTube & DRM – Experts Speaking

    While being a visiting scholar at the New York University, I could broaden my research on the online film distribution in the US. I also had the great opportunity to meet experts, who I usually read and with whom I could talk and exchange points of view.

    Recently, I interviewed two professors specialized in copyright. Their opposing visions about the copyright's essence and future is of great interest. First, Jane Ginsburg, professor of literary and artistic property law at the Columbia University School of Law. As a jurist, she is in favor of the authors' right. Then, Siva Vadhyanathan, author of « Copyrights and Copywrongs », journalist and professor at New York University. As a copyright specialist, however not a jurist, he is in favor of the consumers' right.

    About the Viacom lawsuit against YouTube for massive copyright infringement, Jane Ginsburg just reads the copyright act. In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act of 1998 (DMCA), which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called « safe harbor » provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder
    informed them it was there.

    But the safe harbor does apply only for service providers, defined in Sub-section k, Paragraph 512, of the DMCA, as « an entity offering the transmission, routing, or providing of connections for digital online communications (…) ». Then YouTube would like to attract the attention on the safe harbor and make us forget that it applies only to service providers, which it is not at all. For Siva Vadhyanathan, YouTube can absolutely be considered as a service provider. Thus, he believes YouTube-Google could prevail in the case.

    About the hypothetical future of online film distribution without DRM, like what is happening in the music industry, Jane Ginsburg reminds us that there have been two different kind of DRMs: on streaming and on downloading. DRMs on streaming are essential and will remain as such. Concerning the distribution with DRM on downloading (which limits the number of terminals allowed to read the file), Jane Ginsburg underlines the fact that it still exists since one can download a song for $0.99 with DRM or $1.29 without DRM. The selling without DRM will then have to prove its worth.

    For Siva Vadhyanathan, DRMs are less a protection against copy but more a protection for a certain control over the market. According to him, it is essential for the industry to distribute films without DRM in order to allow the public to remix. The better satisfied the consumers are about a service, the more likely they are to use it, and the more clients the industry gets. A resolutely consumer-friendly vision!

    Tags: ,
    Publié dans ENGLISH |

    Aucun commentaire

    24
    05
    2007

    Le copyright, YouTube & les DRM – Parole d'experts

    L’intérêt d'être « visiting scholar » à l'Université de New York, afin de d'approfondir mes recherches sur la distribution des films par Internet aux USA, ne réside pas tant dans le nombre d'études et d'ouvrages à ma disposition, que dans l’opportunité de rencontrer des experts que je lis d’habitude et avec lesquels je peux échanger de vive voix, confronter des points de vue.

    Dernièrement, j'ai pu interviewer deux professeurs spécialisés dans le droit d'auteur. Leur divergence d'opinion sur la consistance et l'avenir du copyright m'a beaucoup intéressée. Tout d'abord, Jane Ginsburg, professeur de droit de la propriété littéraire et artistique à la Columbia University School of Law. Juriste pure et dure, elle est en faveur du droit des auteurs. Puis, Siva Vadhyanathan, auteur de « Copyrights and Copywrongs », journaliste et professeur à la New York University. Spécialisé dans le droit d'auteur sans être juriste, il est en faveur du droit des consommateurs.

    Concernant le dépot de plainte de Viacom contre YouTube pour violation massive des droits d'auteur, Jane Ginsburg ne fait que lire le texte de loi. D’un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (DRM). Cependant, un amendement (le Safe Harbor) protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l’ayant droit.

    Mais le Safe Harbor ne s'applique que pour les fournisseurs de service, définis dans la sous-section k, paragraphe 512, du DMCA, comme « entité offrant la transmission, le transport, ou la fourniture de connections pour les communications numériques en ligne (…) ». YouTube voudrait donc que s'applique une clause qui ne le protège pas, étant donné qu'il n'est en aucun cas un fournisseur de service. Siva Vadhyanathan, quant à lui, affirme que YouTube peut tout à fait être considéré comme fournisseur de service et pense donc que YouTube-Google pourrait bien remporter le procès.

    Concernant l'hypothèse d'une future distribution des films sur Internet sans DRM, à l'image de l'initiative de l'industrie du disque, Jane Ginsburg rappelle qu'il faut bien distinguer deux types de DRM : sur le streaming et sur le téléchargement. Les mesures techniques de protection sur la diffusion en streaming sont essentielles et sont là pour durer. Pour ce qui est de la distribution avec DRM au téléchargement (qui limite le nombre de terminaux autorisés à lire le fichier), Jane Ginsburg souligne que celle-ci n'est pas encore abandonnée puisque l'on peut acheter un même morceau $0.99 avec DRM ou $1.29 sans DRM. La vente sans DRM devra donc faire ses preuves. Et l'économie du cinéma n'ayant pas les même enjeux économiques que l'économie du disque, reste à savoir si la vente de films sur Internet sans DRM au téléchargement sera à terme une solution viable.

    Pour Siva Vadhyanathan, les DRM sont moins une protection contre la copie, qu'une protection pour un certain contrôle du marché. Selon lui, il est essentiel pour l'industrie de distribuer des films sans DRM, afin de permettre au public de remanier les œuvres à leur gré. Plus les consommateurs sont satisfaits d'un service, plus ils sont nombreux à l'utiliser, et plus l'industrie a de clients. Une vision résolument « consumer-friendly » !

    Tags: ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    4
    05
    2007

    MIT International Conference about Web 2.0

    The weekend of April 27-29, 2007, the international conference MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age was held at the Massachusets Institute of Technology in Cambridge, USA. Various digital technologies and internet specialists were gathered to think about the Web 2.0's social, economical and legal implications. All with the same questions. Are we really in a new era? What is this new culture? How can we make the best of it? What traps should we avoid?

    Web 2.0: Not so new

    The now very trendy term « Web 2.0″ expresses the promise of a new Internet version. This is maybe not a revolution but there are undeniable evolutions. How do we understand the difference between marketing buzz and real social transformations? What is really new with the Web 2.0?

    Communication is the key word. There is nothing new in the desire to meet people and build communities. However, the Internet users can now express their preferences and interact with (virtually) the entire world, with sites like MySpace, by posting a commentary, voting, and sharing a file. The participatory culture reaches a new scale, with P2P systems in particular.

    User-generated content is also a great Web 2.0 novelty. It goes along with remix. With sites like YouTube that offer fast and simple tools, the « reuse culture » becomes widespread. It is no longer about reaffirming the authority of the original piece but illustrating the intention of the new one. No more passive contemplation, it is an open call to join in. Thus, the media convergence goes along with a producer-consumer convergence.

    As long as there have been humans, individuals have gathered in order to collaborate, think and act. Since the last few years, a new kind of collective intelligence appeared, in a way that would have never before been possible. The free collaborative encyclopedia Wikipedia shows the power of the Internet that makes it possible for experts and non-experts to collaborate and produce a quality content accessible to all (the ones who are connected to the Internet…).

    The business world is also part of this new gathering, with sites like eBay or Amazon. From now on, as Chris Anderson explained it with his Long Tail concept, there is room for all products, no more storage problems. All niche[s] markets can make up a market share that rivals or exceeds the few bestsellers and blockbusters. From this abundance came the « culture snack », as defined by Wired magazine. « Pop culture now comes packaged like cookies or chips, in bite-size bits for high-speed munching. It's instant entertainment – and boy, is it tasty. »

    A new social activism appears. New social activists take hold of the Internet to criticize and offer an alternative to the capitalist system. The aim is to connect to the Web for political action and get off the Internet to act in the real world.

    While the Web 1.0 challenge was access, the Web 2.0 demands better understanding of the beneficiaries of all those changes and of the growing industry appropriation of the Internet.

    Copyright 2.0: Not so fair play

    New technologies change the way we see property. In cyberspace, value no longer lies in object but in access, the author is no longer individual but collective, the aim is no longer to safeguard the original but to create an evolving piece of art. How do we make two very different semantics of property coexist? What is the impact on our relationship to new technologies? How can copyright evolve?

    Copyright is based on a classical liberal framework with the notion of exclusive right. Digital copyright has threatened all that, through non-commercial users. The DRM tried to limit the bleeding. But the industry realizes its limits. It is now important to think about a way to compensate user-generated content. Collective licensing also appears as an interesting way of expressing a new copyright view.

    Aside from the legal repression, the industry has been attempting for a few years to educate the Internet users through anti-piracy campaigns which show users as criminals. Those actions seem to protect only the industry interests and raise the problem of
    the presence of corporations in classrooms. They shape how a whole generation sees new technologies. Then, fair use is not presented at all or is discussed as risky.

    The US copyright law, faced with technological changes, evolved along with court rulings. In 1984, the Supreme Court decision in the case Sony v. Betamax reaffirms fair use by allowing VHS recording and copying for personal use. In 2005, the case MGM v. Grokster rules on the P2P systems. A victory for the majors. One who distributes a device with the object of promoting its use to infringe copyright is liable for the resulting acts of infringement by third parties. Last March, Viacom filed a lawsuit, accusing Google of copyright infringement. If this goes to trial, the sentence will be decisive for the evolution of copyright and the Web 2.0.

    We must keep in mind that capitalist culture is part of the new technologies. Thus, as soon as we buy a computer, we are owned by a big corporation.

    Tags: , , , , , , ,
    Publié dans ENGLISH |

    Aucun commentaire

    2
    05
    2007

    Conférence internationale au MIT sur le Web 2.0

    Le week-end dernier, 27-29 avril 2007, la conférence internationale MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age s'est tenue au MIT (Massachusets Institute of Technology) à Cambridge, USA. Divers spécialistes des technologies numériques et du média Internet y étaient réunis pour réfléchir sur les implications sociales, économiques et juridiques du Web 2.0. Tous avec les mêmes interrogations. Sommes-nous vraiment dans une nouvelle ère ? Quelle est donc cette culture émergente ? Comment en tirer le meilleur parti ? Quels pièges éviter ?

    Web 2.0 : pas si nouveau

    Le terme « Web 2.0″, désormais très à la mode, porte en lui la promesse d'une nouvelle version d'Internet. Il ne s'agit peut-être pas d'une révolution mais les évolutions sont indéniables. Comment faire la part entre buzz marketing et réels bouleversements sociaux ? Qu'est-ce que le Web 2.0 apporte de vraiment nouveau ?

    La communication est le maître-mot. Le désir de rencontrer des gens et construire des communautés n'a rien de nouveau, mais l'internaute peut maintenant exprimer ses préférences et interagir avec (virtuellement) le monde entier, par le biais de sites comme MySpace, en postant un commentaire, en votant, en mettant à disposition des fichiers. La culture participative atteint alors une nouvelle échelle, avec notamment les systèmes de P2P.

    La possibilité pour l'usager de soumettre son propre contenu (user generated content) est également une des grandes nouveautés du Web 2.0. Cela va de paire avec le remix. En mettant à disposition des outils simples et rapides, des sites comme YouTube généralisent la « culture du détournement ». Il ne s'agit plus de réaffirmer la crédibilité de l'œuvre originale mais d'illustrer sa propre démarche. L'intention n'est plus la contemplation passive, c'est un appel ouvert à la participation. Ainsi, la convergence des médias est couplée avec une convergence producteur-consommateur.

    De tous temps, les individus se sont unis afin de collaborer, réfléchir, agir. L'intelligence collective atteint aujourd'hui de nouvelles proportions. Le projet d'encyclopédie libre Wikipedia montre la puissance d'Internet qui permet de faire collaborer experts et amateurs pour produire un contenu de qualité accessible à tous (ceux qui sont connectés à Internet…).

    Le monde marchand est lui aussi touché par cette mise en commun d'une nouvelle ampleur, avec des sites comme eBay ou Amazon. Désormais, comme l'a montré Chris Anderson avec son concept de Long Tail, tous les produits ont leur place, plus de problème de stockage. Tous les marchés de niches réunis rapportent autant que les hits. De cette abondance est née la « culture snack », comme l'a définie le magazine Wired. L'industrie soigne l'emballage de produits que l'internaute va venir picorer frénétiquement.

    Un nouveau type d'activisme social voit alors le jour. De nouveaux acteurs sociaux s'emparent d'Internet pour critiquer et offrir une alternative au système capitaliste. L'enjeu est de rassembler dans le monde virtuel autour d'une action politique pour ensuite agir dans le monde réel.

    Tandis que l'enjeu du Web 1.0 était l'accès, les défis du Web 2.0 sont de savoir à qui vont profiter tous ces changements et d'être conscient de l'appropriation grandissante d'Internet par l'industrie.

    Droit d'auteur 2.0 : pas si fair-play

    Les nouvelles technologies bouleversent la notion de propriété. Dans le cyberespace, la valeur ne réside plus dans l'objet mais dans l'accès, l'auteur n'est plus individuel mais collectif, il ne s'agit plus de sauvegarder l'original mais de créer une œuvre évolutive. Comment faire coexister deux sémantiques de la propriété très différentes ? Quel impact sur notre relation aux nouvelles technologies ? Quelles évolutions possibles pour le droit d'auteur ?

    Le droit d'auteur s'est construit autour de l'économie libérale avec la notion de droit exclusif. La numérisation des données et la généralisation massive des échanges non commerciaux sont venues questionner la loi. Les mesures de protection technique (DRM) ont tenté de limiter l'hémorragie. Mais l'industrie réalise ses limites. Il apparaît désormais important de combler le vide juridique autour de la compensation des contenus amateurs. Les licences collectives semblent également un moyen intéressant de faire entendre une nouvelle vision du droit d'auteur.

    En plus de la répression juridique, l'industrie tente depuis quelques années d'éduquer les internautes à travers des campagnes d'éducation contre le piratage qui criminalise le public. Ces actions semblent ne protéger que les intérêts de l'industrie et soulèvent le problème de la présence des entreprises au sein de l'école. Elles façonnent l'appropriation des nouvelles technologies de toute une génération. Puis, pour ce qui est du « fair use », l'équivalent du droit de copie privée français, celui-ci disparaît totalement ou bien est présenté comme trop risqué.

    La loi américaine du droit d'auteur, confrontée aux évolutions technologiques, a évolué au fil des décisions de justices. En 1984, la décision de la Cour suprême, dans l'affaire Sony contre Betamax, permet d'établir le concept de « faire use » en autorisant l'enregistrement et la copie VHS à des fins non commerciales. En 2005, l'affaire MGM contre Grokster légifère sur les systèmes de P2P. Une victoire pour les majors. Toute personne qui distribue un dispositif en promouvant son utilisation pour violer le droit d'auteur peut désormais être tenue responsable pour toute violation de ce droit par les utilisateurs de ce système. En mars dernier, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour violation des droits d'auteur. Si cela va jusqu'au procès, le jugement promet d'être décisif pour l'évolution du copyright et du Web 2.0.

    Il ne faut pas perdre de vue que la culture capitaliste fait partie intégrante des nouvelles technologies. Ainsi, dès l'achat d'un ordinateur, l'utilisateur est déjà enfermé dans une technologie propriétaire.

    Tags: , , , , , , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    21
    03
    2007

    YouTube: an illegal business model?

    More than $1 billion in damages and an injunction prohibiting Google from further copyright infringement: that is what Viacom seeks. Tuesday, March 13th, Viacom finally filed a lawsuit, accusing Google of « massive intentional copyright infringement ». Since it bought YouTube last October, Google has been chasing deals that would give it the right to put mainstream video programming on the site. The tensions between new and old media companies are now visible.

    In a press release, Viacom, the parent company of MTV, Comedy Central, Nickelodeon, Paramount and DreamWorks, accuses YouTube of developing a « clearly illegal business model », « exploiting the devotion of fans to others' creative works in order to enrich itself and its corporate parent Google ». Almost 160,000 unauthorized clips of Viacom would have been available on YouTube and viewed more than 1.5 billion times. In the philosophical and financial battle between media and tech companies, Viacom made a move that could prove to be decisive for the future of on line video distribution.

    Google openly express its ambition of becoming the leader of online video, like the Apple's iTunes Store for music. Google plans to combine YouTube's vast audience with its mastery of online advertising technology to create a lucrative business whose revenue it will share with large media companies and other content creators.

    YouTube has succeeded in signing licensing deals with content providers, like the BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner and the NBA, that will allow it not only to gain rights to programming, but also to insulate itself from any liability for past copyright violations on YouTube. Thus, some prefer finding a deal because of the strong promotional power of YouTube. However, as the negotiations have dragged on, major media companies have grown increasingly frustrated over the proliferation of copyrighted video on YouTube. Indeed, they have to scour every day the entirety of what is available on the site to look for their content.

    Google sees itself as leading a revolution of video consumption and distribution. But from now on Viacom wants to take a fair share of this new market that benefits from the rapid expansion of online advertising. The stakes are high. It is about attracting the new costumers' generation, going where the audience goes.

    In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act (DMCA) of 1998, which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called « safe harbor » provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder informed them it was there. The resolution of this lawsuit, if it comes to trial, will hinge on the interpretation of this provision.

    Google declares itself to be protected by the DMCA. Viacom is convinced of the contrary. The major claims that unlike internet providers who really have no idea about what is flowing through their channels, Google is an active participant with its users. From one side, it is unclear whether YouTube encourages the people to infringe on copyrights. Google has also always promptly removed the copyrighted content when asked to do so. On the other side, the financial benefit that Google is getting from the business model could rule against it.

    This battle is the symptom of a war between old and new media, two different points of view about what is happening on the Internet, and what should happen. One side wants to create software that enables people and companies of all size and importance to communicate and gain power, and the other side wants to retain control of content they have spent a lot of money to create.

    Let's take the music industry's example. Innovations first came from software companies, with some mistakes indeed, like Napster. Then, the major media companies reacted after. And if the illegal downloading seems to have lowered, it is less because of lawsuit fear than because of the development of a convenient and affordable way to get music legally.

    Tags: , , ,
    Publié dans ENGLISH |

    Aucun commentaire