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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘Internet et Musique’

    10
    02
    2012

    Musique en ligne : premier bilan à l’heure des présidentielles

    musique-en-ligne-une-charte-pour-plus-de-transparence_23532_w250Mardi 24 janvier 2012 se sont tenues les premières rencontres Hadopi, autour du thème de la musique. Réunissant une dizaine d’acteurs de la filière, cette table ronde fut l’occasion de faire le point sur les tendances et perspectives économiques globales du marché en France. Les priorités annoncées : un partage de la valeur transparent, une répartition équitable pour la rémunération des artistes, un meilleur accès aux catalogues. En filigrane : l’instauration du Centre National de la Musique (CNM), les enjeux de diversité culturelle, la gestion collective des droits.

    S’appuyant sur une note d’information diffusée le 20 janvier 2012, Marie-Françoise Marais, présidente de l’Hadopi, a bien entendu introduit l’événement par un éloge à l’efficacité du système de réponse graduée. L’émergence de modèles d’affaires de plus en plus variés et l’adoption massive des offres de musique en ligne par les internautes seraient ainsi la preuve de l’efficacité de l’effort mis en œuvre. Un discours qui semblait toutefois évacuer le fait que le dynamisme des ventes numérique en France, datant de 2007, n’a pas attendu l’automne 2009 que l’Hadopi débute ses actions…

    La question de la répartition de la valeur et de la rémunération des artistes est centrale. Ce point essentiel est très clairement ressorti des discussions.

    Tandis que le numérique abaisse les barrières à l’entrée pour l’accès au linéaire, les niveaux de rémunération, notamment du streaming, sont toutefois encore très faibles. Des efforts doivent donc être entrepris en matière de gestion des droits. Pour les uns, il est inutile d’étendre les mécanismes de gestion collective volontaire et obligatoire car l’accès au catalogue est aujourd’hui simplifié. Elle ne doit pas se substituer à la filière souligne ainsi justement Jean-Baptiste Gourdin, en charge de la mission de préfiguration du CNM. Pour les autres, seule la gestion collective peut traiter la mosaïque de revenus qui existe sur Internet et redistribuer la valeur à l’ensemble des artistes. Un point de vue fortement appuyé par les organismes de gestion des droits.

    Le problème du coût de ce type de mécanisme demeure toutefois entier, comme le reconnait Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire de la Sacem. Notamment pour les indépendants, avec peu de ventes sur un titre et pour des montants encore insuffisants. Peu de temps toutefois pour rentrer dans le détail avec la dizaine de minutes impartie aux divers intervenants…

    Les mécanismes de soutien et de réglementation pour l’industrie de la musique en ligne doivent ensuite être renforcés pour répondre aux enjeux de diversité culturelle et assurer une pluralité d’acteurs, dans un contexte paneuropéen.

    L’accès au catalogue reste un véritable problème. Et « il est effrayant de constater que le nombre d’opérateurs n’a pas augmenté depuis 3 ans » rappelle Bruno Boutleux. Le risque de concentration est bien présent, tout comme celui de distorsion de la concurrence fiscale avec l’arrivée d’acteurs du net, des offres de cloud et des réseaux sociaux. Face au risque, bien réel, de voir disparaître les indépendants, l’objectif de la répartition de valeur doit être pour moitié en local, afin que le terreau fertile ne soit pas cannibalisé par les acteurs globaux, avance Axel Dauchez, directeur général de Deezer.

    Le CNM, qui permettrait de « réinjecter les investissements dans la création musicale, non pas seulement pour le cinéma », représente alors l’espoir de la filière pour un « rééquilibrage avec les FAI » selon Bruno Boutleux. Prévu dans les 13 engagements, l’organisme n’entend toutefois pas être un simple guichet d’aide à la création et à l’investissement, tient à préciser Jean-Baptiste Gourdin, en charge de sa mission de préfiguration. Il serait aussi un outil pour fédérer la filière autour d’un enjeu commun à travers l’observation économique et sociale, le conseil des acteurs. La question de la compatibilité de ce nouveau type d’aide d’Etat devra cependant être tranchée au niveau européen. Et la répartition des mécanismes de soutien à la distribution aux niveaux européen et national appelle à un réajustement.

    Au final, cette première rencontre de l’Hadopi est une initiative à saluer, malgré le manque de médiatisation autour de l’événement, l’organisation quelque peu chaotique et l’absence de représentants du public-internaute dans le panel des intervenants. Cette table ronde aura toutefois permis de poser sur la table les points importants à régler pour assurer l’avenir de la musique en ligne, et de la diversité culturelle si chère à la France. Quelle pluralité d’actions pour assurer un maximum de prescripteurs ? Comment optimiser l’efficacité des aides publiques et de la gestion collective ? Par ailleurs, comme l’a remarqué une personne dans le public, rappelant par là que les réponses doivent également venir de l’industrie : les acteurs français de la vente de musique numérique, qui ont axé uniquement leurs offres sur la musique, ne devraient-ils pas se diversifier et distribuer d’autres univers ?

     

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    5
    02
    2010

    Cinéma & Internet, la réflexion avance

    Affiche3Nombres de conférences sur l’avenir du cinéma à l’ère d’Internet n’arrivent malheureusement pas à dépasser le simple inventaire des blocages. Mais lorsqu’elles réussissent effectivement à bâtir des échanges constructifs et concrets autour de nouvelles pistes de création de valeur entre deux secteurs qui se heurtent, celles-ci méritent d’être saluées !

    C’est le défi qu’a relevé avec brio la conférence-débat Cinéma & Internet jeudi dernier à La Cantine, dans le cadre de 3 jours événements Free Culture remix pour fêter ses 2 ans d’existence. L’occasion de réunir cinéphiles, producteurs cinéma, distributeurs de salles, éditeurs DVD, entrepreneurs dans les domaines des réseaux sociaux, du crowdfounding, de la VOD, des moteurs de recommandation, de l’indexation collaborative de films.

    Alain Rocca, producteur de films et directeur d’UniversCiné, assurait ainsi que l’industrie est bien consciente que tout l’avenir du cinéma se joue sur Internet et qu’il ne lui faut vraiment pas rater la marche. Voilà qui est rassurant ! La question centrale serait de trouver comment susciter l’appétit de cinéma, moteur de la filière, initialement basé sur la chronologie des médias, qui permet d’amortir les recettes d’un film sur ses différents supports. Etant donné que le P2P répond à l’appétit du tout-tout-de-suite, l’enjeu est alors de réussir à faire migrer cet appétit vers les offres légales, qui malheureusement tardent à apparaître.

    Des pistes sont à l’étude, comme des systèmes premiums (donc assez chers) pour voir un film sur Internet avant sa sortie en salles. Un système qui ne serait pas destructeur de valeur, à la différence du gratuit, aux vues de l’investissement financier colossal dans la production. Alain Rocca prévient d’ailleurs contre le spectre du « cinéma de Monsieur Carrefour » dans l’économie du gratuit ; le film devenant un simple produit d’appel pour des grandes marques en quête de notoriété. Par contre, Apple, avec la location de films sur l’iTunes Store, va dans le bon sens en facilitant l’aisance du consommateur et en apportant du qualitatif. 

    Aux côtés de représentants de l’industrie (producteur et distributeur), la conférence réunissait un panel d’entrepreneurs proposant des modèles de valorisation du cinéma adaptés aux nouveaux usages. L’occasion de confronter les réels enjeux du cinéma traditionnel et les évolutions possibles de cette industrie sur Internet. Ont répondu présents : 

    Cinefriends, un site communautaire pour passionnés de cinéma qui propose d’accompagner le film sur Internet, et par là même, de réduire la frontière entre professionnels et cinéphiles.

    Cinetrafic, un moteur de recommandation innovant avec pour vocation de favoriser la vente et la location de films sur tous supports ainsi que la promotion du contenu cinéma sur Internet. Des listes reconstruisant l’univers cinématographique permettent ainsi aux internautes d’y voyager à leur grès, que ce soit à travers les filmographies, les festivals, les genres.

    People for Cinema, une plateforme Internet qui propose de financer la distribution et la commercialisation des films. Par le biais d’accords avec les distributeurs (Mars Distribution, Canal+), les internautes vont pouvoir s’insérer dans les contrats (droits de coproduction, parts dans la distribution en salles). Il s’agit de leur donner la possibilité d’investir de l’argent (avec une mise de départ de 20€) dans la distribution des films auxquels ils croient et pouvoir ensuite toucher une partie des recettes. Parallèlement, ils participent au lancement, rencontrent les équipes, sont invités aux avant-premières privées et deviennent ainsi des ambassadeurs privilégiés pour les films dans lesquels ils ont investi.

    Touscoprod propose pour sa part aux internautes cinéphiles de devenir producteurs de films. Axée autour du cinéma indépendant, cette plateforme Internet construit des communautés qui vont venir soutenir la production, bien en amont du film. Avec une mise de départ de 10€, Touscoprod contribuerait pour 10 % en moyenne du budget total de production.

    Ulike, un site de partage des goûts qui réunit 40 000 personnes de 50 pays. Bien qu’il regroupe la culture dans toute sa transversalité, le cinéma représente tout de même un tiers de sa base de données. Sur le modèle de l’encyclopédie participative en ligne Wikipedia, ce site crée un algorithme qui, à partir des goûts, va émettre des recommandations. Le principe est simple, l’internaute dit ce qu’il aime et Ulike va lui recommander d’autres choses.

    Vodkaster, une plateforme web qui agit sur le marketing en permettant le visionnage d’extraits de films. Partant du constat que YouTube répond à un appétit certain pour voir ou revoir des scènes cultes, Vodkaster a voulu créer une alternative en misant sur la qualité vidéo, la recontextalisation et la légalité de l’offre. 12 000 scènes sont ainsi référencées et classées par mots clés. Un projet d’algorithme serait à l’étude, pour la recherche par répliques par exemple. Surfant également sur la vague du participatif, Vodkaster permet aux internautes de poster des vidéos par le biais de son logiciel de sélection de scène de moins de 3 minutes. Le modèle économique repose sur un référencement de l’offre légale, des flux publicitaires et une offre de services pour les distributeurs.

    The Auteurs, une plateforme VOD internationale (qui propose donc de louer des vidéos, selon les accords par zone géographique) avec toutes les fonctionnalités de promotion virale et qui propose un service B2B.

    Après un débat entre tous les intervenants et la salle, il en est ressorti que la grande valeur ajoutée d’une distribution des films sur Internet demeure la recommandation, qui diminue radicalement le coût de recherche du consommateur.

    Le grand défi du cinéma à l’ère du numérique demeure l’adaptation de la chronologie des médias. Même si certaines expériences de diffusion simultanée multisupports ont rencontré un réel succès, il n’empêche qu’elles restent exceptionnelles et ne justifient pas forcément de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Prenons par exemple, le film Home. Diffusé gratuitement sur YouTube 10 jours avant sa diffusion TV et sa distribution DVD simultanée, le film a rencontré un réel succès auprès du public. Mais il faut garder à l’esprit que sa production avait été principalement financée par le mécénat et qu’il s’agit d’un film particulier. Un autre exemple qui est revenu régulièrement tout au long de la conférence : L’année de la jupe, diffusé simultanément en salles et à la TV. Financé par la télé, il est apparu que la distribution cinéma n’a pas été cannibalisée par la diffusion TV. 

    Les salles seraient-elles vouées à disparaître ? Une chose est sûre, à force de vouloir se protéger, l’industrie cinéma risque de s’enfermer dans son tombeau, chose que l’industrie de la musique commence à peine à réaliser.

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    31
    07
    2009

    Où vont les cons quand ils sont morts ?

    Voici un détournement à la Mozinor ou La Classe Américaine.
    Mais attention, il ne s’agit pas d’une simple vidéo.
    C’est surtout une façon innovante, créative et tordante pour ce groupe de rock qui nous vient de Rennes, Bikini Machine, de promouvoir leur nouveau single intitulé Où vont les cons ?, en écoute sur leur MySpace.


    D’ailleurs ils semblent avoir bien compris l’enjeu pour les artistes musicaux à l’ère d’Internet : un bon clip bien efficace balancé sur YouTube.


    En plus il paraît qu’ils assurent en live ! Alors vous vous doutez bien qu’ils sont déjà sur les plateformes de téléchargement légaux. Moi je vais aller télécharger quelques morceaux sur Amazon (0,89€/morceau sans DRM).
    A bon entendeur !

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