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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘Législation;Loi Création et Internet’

    18
    03
    2010

    We can’t rewind, we’ve gone too far…

    Vous vous souvenez peut-être de l’artiste britannique Dan Bull qui avait fait parlé de lui en septembre dernier avec sa chanson-réponse à Lily Allen qui avait pris position sur son blog en faveur de la riposte graduée à l’anglaise. Dan Bull lui répondait en une chanson qui mettait en forme les arguments anti-Hadopi et avait illustré le discours d’artistes britanniques réunis au sein de la Featured Alliance Coalition. Face à la fronde de ses fans et à l’opposition de ces artistes, Lily Allen avait du coup mis un terme à sa carrière.


       

    Et bien Dan Bull n’a pas dit son dernier mot. Le voilà qui revient sur un rythme très new-wave avec une parodie de la campagne « Home Taping is Killing Music » lancée dans les années 80 pour sensibiliser sur les danger de l’enregistrement de la musique avec les cassettes vidéos vendues à l’époque. Déjà, l’industrie annonçait la mort de l’artiste. 

    Du coup, Mister Bull reprend la propagande de ces années-là, et ajoute sur la fin sa propre extension au discours : « la couture maison tue la mode, la cuisine maison tue le fast food, le lit maison tue les hôtels, et les temps de paix tuent la vente d’armes (…) comme quand les gramophones ont tué l’éditeur, après que l’édition a tué l’orchestre ».


      

    À l’heure où la riposte graduée est à l’étude également en Grande-Bretagne, et vient d’être votée hier à la Chambre des Lords, et sera bientôt entre les mains de la Chambre des Communes, la chanson tombe à pic.

    Je ne résiste pas, je vous remets la vidéo des Buggles « Video Killed the Radio Star » !

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    9
    09
    2009

    Légaliser le partage de fichiers

    logo_soutenirHier, à la mairie du 3ème arrondissement de Paris, les membres du collectif Libre Accès, qui défend les auteurs et éditeurs d’oeuvres sous licences libres et ouvertes en France, ont constitué une Société d’Acceptation et de Répartition des Dons (SARD). Il s’en est suivie une petite conférence avec Richard Stallman (inventeur des licences GNU), Bernard Stiegler (philosophe) et Antoine Moreau (créateur de la licence Art Libre).

    L’idée de la SARD est partie du mécénat global de Francis Muguet. « Il s’agit de mettre en place un mécanisme simple de répartition de dons faits par les internautes pour les œuvres de leur choix. Il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais d’une nouvelle façon de concevoir le rapport entre les auteurs et le public. Un rapport basé sur l’entente et non sur le conflit. »

    Chaque internaute serait ainsi obligé de payer une somme forfaitaire à son FAI pour pouvoir télécharger. Cette somme serait collectée par la SARD, redistribuée ensuite aux artistes selon le calcul du succès (vote des internautes pour les œuvres qui méritent selon eux rémunération) puis un « système de racine cubique » (qui empêcherait que tout aille aux stars). On peut imaginer un bouton en bas de chaque page Internet. Les internautes pourraient ainsi voter très facilement, sans s’identifier et avec la garantie que le don aille directement aux artistes.

    Selon Richard Stallman, le mécénat global présente l’avantage, par rapport à la licence globale, de ne pas être intrusif, puisqu’il ne nécessite pas de surveillance des réseaux ni de DRM, et de ne pas écarter les « auteurs émergents » d’ordinaire noyés dans les statistiques des grandes sociétés de gestion qui répartissent par sondage.

    Pour Bernard Stiegler, la société moderne souffre d’une « bêtise systémique », devenue notre système économique mondial. Il en découlerait la prolétarisation de l’amateur d’art, sa perte de savoir et de connaissance. En ce sens, le projet de loi HADOPI pourrait être perçu comme un « acharnement thérapeutique » pour maintenir ce système et par là même le monopole du savoir. Mais avec Internet, et le mouvement du logiciel libre notamment, une figure de l’amateur d’art serait entrain de renaître, qui annoncerait la fin de ce système.

    Le philosophe rappelle qu’au 19e siècle, pour être amateur d’art, il fallait « faire de l’art », se l’approprier. Ainsi, on ne pouvait connaître véritablement un tableau qu’en l’ayant copié, apprécier une symphonie qu’en ayant fait partie de l’ensemble. Et Antoine Moreau de souligner que nous sommes tous artiste et qu’il est impératif de retrouver cette tradition de l’art qui se diffuse, se vit, se transmet. Le mouvement du logiciel libre lui apparaît en ce sens une démarche intéressante.

    Il est certainement un peu tôt pour la SARD, mais l’essentiel est de regarder dans la bonne direction !

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    29
    04
    2009

    Merci Hadopi !

    Image_1Réunis hier matin à l’Assemblée Nationale, l’UFC-Que Choisir, l’Isoc France, La Quadrature du Net, le SAMUP et la plateforme « Pour le Cinéma » ont présenté leur plateforme Création Public Internet.

    Il s’agissait de réunir artistes, créateurs, collectifs citoyens, public et parlementaires afin de dégager des propositions communes quant aux mécanismes opérationnels pour une diffusion des œuvres compatible avec les intérêts et les libertés de tous. Alors, comme l’a souligné Philippe Aigrain, fondateur de l’initiative La Quadrature du Net : merci Hadopi, pour avoir fait progresser les échanges et avoir permis de mesurer comment les cloisonnements culturels ont été jusque là un inhibiteur pour construire notre avenir commun.

    Cette conférence a ainsi permis de fédérer ceux qui disent non à l’Hadopi et qui mesurent tout l’enjeu d’un accès à la culture pour le plus grand nombre avec un financement équitable pour les artistes et créateurs. Attention à l’amalgame entre refus de l’Hadopi, et soutien aux pirates ! On peut être contre ce projet de loi « liberticide », « ridicule », « dangereux »… et croire dans le droit d’auteur et la juste rémunération des artistes.

    Il a été rappelé que les signataires de l’accord Olivennes (qui a donné naissance au projet de loi Hadopi) ne sont pas les artistes, auteurs et petits producteurs, mais bien les grands groupes. Ainsi, sous couvert de protection de la création, on met la population sous contrôle, on fait de chacun un policier chez soi. Mais tout ça pour protéger les majors. Par ailleurs, alors que le gouvernement doit être le gardien des libertés, avec l’Hadopi on retire des libertés et on les confie à un organisme indépendant.

    Le parallèle a été fait avec la loi Dadvsi qui avait déjà tenté en 2006 de légiférer sur le droit d’auteur à l’ère numérique. À l’époque, il était urgent pour la France de transposer la loi européenne en droit français. Depuis, la Dadvsi s’est avérée impossible à appliquer. L’Hadopi est donc sensée corriger cela. Seulement là, il n’y a pas urgence dans la transposition de la législation européenne et il n’y a pas eu de véritable dialogue, ce qui donne clairement l’impression d’un passage en force.

    Par ailleurs, les évolutions techniques (notamment le streaming) rendent caduques cette loi contre le téléchargement. Et puis, comme l’a souligné un parlementaire, il est inadmissible que cette loi porte atteinte à toute une famille en cas de suspension de l’abonnement Internet, parce qu’un des enfants a téléchargé.

    Au final, ce rassemblement a été l’occasion d’annoncer la tenue des Assises Création & Internet en automne prochain, pour permettre de rassembler autour d’un projet commun : vers une meilleure compréhension des enjeux et défis que représente Internet pour la création.

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