Intermedia
THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS’ DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Diplômée d'une maîtrise en anglais et allemand, j'effectue mes études et occupe divers emplois dans les deux pays.

    Au cours d'un DESS en négociation et gestion de projets internationaux et de stages dans le domaine de la production cinéma et de l'édition vidéo, je me spécialise dans la politique audiovisuelle européenne.

    Je décide d'approfondir mon approche avec un DEA en politiques européennes et me spécialise dans la distribution des films par Internet. Mon étude pluridisciplinaire des enjeux pour l'Union européenne de la distribution numérique des films reçoit la mention TB avec félicitations du jury.

    J'effectue maintenant une thèse en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 2 Assas, sous la direction de Francis Balle, membre du conseil d'administration de l'Institut français de Presse (IFP) et directeur de l'Institut de Recherche et d'Etude en Communication (IREC). J'ai également effectué un semestre de recherche à l'Université de New York au sein du département Culture & Communication.

    Ma recherche, toujours pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    I Graduated with an equivalent of a Bachelor of Arts degrees in English and German. I studied and worked in various places in the UK and Germany.

    During a master's degree of Negotiation and Management of International Projects, I specialized in european audiovisual politics. I also did internships in the film production and video edition field.

    I decided to deepen my approach with an other master's in european politics and specialized in film distribution through the Internet. My multidisciplinary study Film Distribution Through the Internet: Sociocultural, Economical and Geopolitical Stakes received the highest distinction.

    Now I am working on a doctoral degree in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Assas under the direction of Francis Balle, member of the French Press Institute (IFP) Administration Council and head of the Study and Research Institute on Communication (IREC). I was also a visiting scholar at the New York University (NYU) in the Culture and Communication department.

    My research, still multidisciplinary, is a study that aims to find concrete solutions for the digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.
  • Articles taggés avec ‘P2P’

    24
    02
    2010

    Quand la BD se frotte à Internet

    Image_1Vous êtes amateur de BD ; vous êtes connecté. Vous aimez feuilleter l’ouvrage ; vous appréciez l’objet. Vous êtes friands des dessins ; vous raffolez des histoires. 

    Et bien à partir du 1er mars prochain, pour le prix d’un café en terrasse (plus un petit pourboire), “Les autres gens” vous propose de vous abonner et de consulter en ligne chaque jour un nouvel épisode (30 à 40 cases) d’un feuilleton BD inédit, sur votre ordinateur ou votre smartphone. Pour ceux qui arriveront en cours de route, un résumé leur permettra même une mise à niveau expresse et hilarante assurée mois après mois.

    Un véritable soap opéra d’un nouveau genre, réalisé spécialement pour le net par de nombreux auteurs, professionnels de la BD ou de l’illustration, qui vous propose de participer à l’avenir de la bande dessinée à l’ère du numérique. Tout un programme !

     

    Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ces autres gens pas comme tout le monde…

    A l’initiative de ce projet, Thomas Cadène, auteur de BD, blogueur sur Rue89, Co-organisateur du PPPIFBDM.

    Voici ce qu’il nous a confié :

    > D’où vient le parti pris de ne pas proposer de téléchargement ?
    TC : Nous avons remarqué qu’Internet est de plus en plus omniprésent. Le téléchargement nous est apparu comme accroissant de manière importante le risque d’un “partage” non autorisé et préjudiciable sans pour autant apporter un vrai plus au lecteur. Ainsi, il n’achète pas une BD (pour laquelle en effet, aux vues du nombre de pages, il faudrait un téléchargement) mais le droit de consulter quotidiennement un épisode d’une série. La lecture sans être aussi courte que pour la plupart des notes de blogs n’en reste pas moins d’une longueur très relative et sa consultation “sur place” ne nous apparait pas comme un problème.

    > Comment percevez-vous la situation de la BD face au piratage sur Internet ? 
    TC : A mon avis le risque est absolument le même que pour la musique ou le cinéma. C’est donc en évoluant qu’on peut faire bouger les choses ou du moins s’y adapter. En ce qui nous concerne bien sûr que nous pouvons être piratés, mais vu les prix que nous proposons, il faut vraiment que le type n’ait rien d’autre à faire ; pour qu’il récupère d’une manière ou d’une autre nos images, qu’il les remette bien et qu’ensuite… Ensuite quoi ? Les mettre sous clé USB pour les vendre une fois par semaine ? Les envoyer à ses amis ?… Cela arrivera sans doute, mais à moins de 3€ par mois ça nous paraît énormément de boulot pour une satisfaction extrêmement relative. Par ailleurs en ce qui nous concerne on ne peut pas vraiment “idéologiquement” nous reprocher le tarif des albums puisque notre produit est spécifique au net et que le prix est étudié précisément pour ce support. Bref nous verrons mais nous comptons beaucoup sur l’intelligence de nos lecteurs.

    > Quel est le modèle économique ? Envisagez-vous des évolutions possibles avec des annonceurs, du placement de produit ?
    TC : Pour l’heure, le modèle économique est essentiellement l’abonnement. Les évolutions vers la pub sont possibles, mais toujours de manière inconditionnelle, et si ça arrive, dans le respect de notre plus totale indépendance. Il y a quelque chose de terrible dans les blogs qui deviennent des supports de pub, il y a parfois quelque chose de navrant dans les films qui le deviennent… 

    > Pourquoi ce prix (2,79€ pour 1 mois, 15€ pour 6 mois, 29€ pour 1 an) ?
    TC : Nous n’avons pas fait une série d’offres “démentiellement” attractives pour les durées plus longues parce que nous considérons que le prix de base (par mois) est une sorte de minimum acceptable pour ne pas dévaluer le travail que nous faisons. Le prix est vraiment l’idée que l’on se rend plus qu’accessibles sans pour autant se brader. 

    > Comment ce projet est-il né ?
    TC : D’une envie de faire une série en “temps réel”, de s’essayer à ce format et de profiter du fait qu’Internet se révèle pouvoir être le support idéal de ce genre d’approche. D’une envie aussi de se prendre en main sur un projet d’œuvre.

    > Quels seront les thèmes forts de ce feuilleton ?
    TC : Rien n’est exclu. Pour le moment, les questions qui arrivent tournent autour de l’engagement, de l’argent, de la politique, de la famille, des rencontres, du sexe (surtout en fin de mois !), de ce que l’on devient, de pourquoi l’on agit… Bref, de la vie en général. Il est évident que c’est une série qui n’est ni de la science fiction, ni de l’heroic fantasy, ni du “fantastique”, il n’y a pas de virus mortel inconnu ni de vampire…

    > Quel travail sur la narration ?
    TC : En ce qui concerne le scénario, la formule est “classique” ; autour de quelques personnes, les histoires se croisent, se développent, se rencontrent, se terminent et on essaie de donner envie au lecteur de connaître la suite à la fin de chacun des épisodes et plus spécialement à la fin du mois. En ce qui concerne le dessin, c’est plus particulier, tous les dessinateurs travaillent en même temps, dans un format case par case et un relecteur vérifie que tout colle, que les décors, les habits sont respectés de l’un à l’autre. Les styles varient et donnent à chaque épisode un ton bien particulier sans jamais dénaturer ou saboter l’histoire. À ce niveau là, l’expérience est réellement passionnante visuellement.

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    22
    02
    2010

    Quand la vache et le bouc se rebellent

    Vu sur Ecrans, ce graphique qui illustre avec humour et simplicité (un peu trop peut-être), le ressenti d’un public qui en a assez d’être la vache (à lait) et le bouc (émissaire) pour une industrie qui peine à adapter ses supports de diffusion (cliquez sur le graphique pour l’agrandir) :

    GxzeV

    Tags: , , , , , ,
    Publié dans ENGLISH, FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    5
    02
    2010

    Cinéma & Internet, la réflexion avance

    Affiche3Nombres de conférences sur l’avenir du cinéma à l’ère d’Internet n’arrivent malheureusement pas à dépasser le simple inventaire des blocages. Mais lorsqu’elles réussissent effectivement à bâtir des échanges constructifs et concrets autour de nouvelles pistes de création de valeur entre deux secteurs qui se heurtent, celles-ci méritent d’être saluées !

    C’est le défi qu’a relevé avec brio la conférence-débat Cinéma & Internet jeudi dernier à La Cantine, dans le cadre de 3 jours événements Free Culture remix pour fêter ses 2 ans d’existence. L’occasion de réunir cinéphiles, producteurs cinéma, distributeurs de salles, éditeurs DVD, entrepreneurs dans les domaines des réseaux sociaux, du crowdfounding, de la VOD, des moteurs de recommandation, de l’indexation collaborative de films.

    Alain Rocca, producteur de films et directeur d’UniversCiné, assurait ainsi que l’industrie est bien consciente que tout l’avenir du cinéma se joue sur Internet et qu’il ne lui faut vraiment pas rater la marche. Voilà qui est rassurant ! La question centrale serait de trouver comment susciter l’appétit de cinéma, moteur de la filière, initialement basé sur la chronologie des médias, qui permet d’amortir les recettes d’un film sur ses différents supports. Etant donné que le P2P répond à l’appétit du tout-tout-de-suite, l’enjeu est alors de réussir à faire migrer cet appétit vers les offres légales, qui malheureusement tardent à apparaître.

    Des pistes sont à l’étude, comme des systèmes premiums (donc assez chers) pour voir un film sur Internet avant sa sortie en salles. Un système qui ne serait pas destructeur de valeur, à la différence du gratuit, aux vues de l’investissement financier colossal dans la production. Alain Rocca prévient d’ailleurs contre le spectre du “cinéma de Monsieur Carrefour” dans l’économie du gratuit ; le film devenant un simple produit d’appel pour des grandes marques en quête de notoriété. Par contre, Apple, avec la location de films sur l’iTunes Store, va dans le bon sens en facilitant l’aisance du consommateur et en apportant du qualitatif. 

    Aux côtés de représentants de l’industrie (producteur et distributeur), la conférence réunissait un panel d’entrepreneurs proposant des modèles de valorisation du cinéma adaptés aux nouveaux usages. L’occasion de confronter les réels enjeux du cinéma traditionnel et les évolutions possibles de cette industrie sur Internet. Ont répondu présents : 

    Cinefriends, un site communautaire pour passionnés de cinéma qui propose d’accompagner le film sur Internet, et par là même, de réduire la frontière entre professionnels et cinéphiles.

    Cinetrafic, un moteur de recommandation innovant avec pour vocation de favoriser la vente et la location de films sur tous supports ainsi que la promotion du contenu cinéma sur Internet. Des listes reconstruisant l’univers cinématographique permettent ainsi aux internautes d’y voyager à leur grès, que ce soit à travers les filmographies, les festivals, les genres.

    People for Cinema, une plateforme Internet qui propose de financer la distribution et la commercialisation des films. Par le biais d’accords avec les distributeurs (Mars Distribution, Canal+), les internautes vont pouvoir s’insérer dans les contrats (droits de coproduction, parts dans la distribution en salles). Il s’agit de leur donner la possibilité d’investir de l’argent (avec une mise de départ de 20€) dans la distribution des films auxquels ils croient et pouvoir ensuite toucher une partie des recettes. Parallèlement, ils participent au lancement, rencontrent les équipes, sont invités aux avant-premières privées et deviennent ainsi des ambassadeurs privilégiés pour les films dans lesquels ils ont investi.

    Touscoprod propose pour sa part aux internautes cinéphiles de devenir producteurs de films. Axée autour du cinéma indépendant, cette plateforme Internet construit des communautés qui vont venir soutenir la production, bien en amont du film. Avec une mise de départ de 10€, Touscoprod contribuerait pour 10 % en moyenne du budget total de production.

    Ulike, un site de partage des goûts qui réunit 40 000 personnes de 50 pays. Bien qu’il regroupe la culture dans toute sa transversalité, le cinéma représente tout de même un tiers de sa base de données. Sur le modèle de l’encyclopédie participative en ligne Wikipedia, ce site crée un algorithme qui, à partir des goûts, va émettre des recommandations. Le principe est simple, l’internaute dit ce qu’il aime et Ulike va lui recommander d’autres choses.

    Vodkaster, une plateforme web qui agit sur le marketing en permettant le visionnage d’extraits de films. Partant du constat que YouTube répond à un appétit certain pour voir ou revoir des scènes cultes, Vodkaster a voulu créer une alternative en misant sur la qualité vidéo, la recontextalisation et la légalité de l’offre. 12 000 scènes sont ainsi référencées et classées par mots clés. Un projet d’algorithme serait à l’étude, pour la recherche par répliques par exemple. Surfant également sur la vague du participatif, Vodkaster permet aux internautes de poster des vidéos par le biais de son logiciel de sélection de scène de moins de 3 minutes. Le modèle économique repose sur un référencement de l’offre légale, des flux publicitaires et une offre de services pour les distributeurs.

    The Auteurs, une plateforme VOD internationale (qui propose donc de louer des vidéos, selon les accords par zone géographique) avec toutes les fonctionnalités de promotion virale et qui propose un service B2B.

    Après un débat entre tous les intervenants et la salle, il en est ressorti que la grande valeur ajoutée d’une distribution des films sur Internet demeure la recommandation, qui diminue radicalement le coût de recherche du consommateur.

    Le grand défi du cinéma à l’ère du numérique demeure l’adaptation de la chronologie des médias. Même si certaines expériences de diffusion simultanée multisupports ont rencontré un réel succès, il n’empêche qu’elles restent exceptionnelles et ne justifient pas forcément de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Prenons par exemple, le film Home. Diffusé gratuitement sur YouTube 10 jours avant sa diffusion TV et sa distribution DVD simultanée, le film a rencontré un réel succès auprès du public. Mais il faut garder à l’esprit que sa production avait été principalement financée par le mécénat et qu’il s’agit d’un film particulier. Un autre exemple qui est revenu régulièrement tout au long de la conférence : L’année de la jupe, diffusé simultanément en salles et à la TV. Financé par la télé, il est apparu que la distribution cinéma n’a pas été cannibalisée par la diffusion TV. 

    Les salles seraient-elles vouées à disparaître ? Une chose est sûre, à force de vouloir se protéger, l’industrie cinéma risque de s’enfermer dans son tombeau, chose que l’industrie de la musique commence à peine à réaliser.

    Tags: , , , , , , , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    1 commentaire

    10
    12
    2009

    Hadopi versus P2P : Une bataille jouée d’avance ?

    Article publié le 10 décembre 2009
    sur le blog dédié à l’actualité des technologies internet
    Image_2
    Lire l’article

    Tags: , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    20
    10
    2009

    Projet de recherche 2.0

    newpostLa révolution numérique induite par les technologies de l’information et de la communication a bouleversé en quelques années l’ensemble des structures socioculturelles, économiques et juridiques de nos sociétés. Les industries culturelles sont partagées entre la promesse de nouveaux marchés et la crainte de l’anéantissement de leurs profits.

    Avec la généralisation des accès à haut débit, le support filmique se dématérialise et les films circulent à travers le réseau mondial. Désormais, des milliers d’internautes s’échangent gratuitement des œuvres via les systèmes pair-à-pair. Tout comme la télévision n’a pas remplacé le cinéma, Internet ne va pas tuer la salle, mais doit trouver sa place parmi les médias existants.

    Afin de développer des modèles économiques adaptés sur le Web et d’exploiter pleinement ce nouveau vecteur de diffusion, il est impératif pour l’industrie de prendre toute la mesure de la mutation des publics, des attentes, des comportements. Loin d’être des pirates assoiffés de gratuit, la «génération Napster» est révélatrice d’un nouveau rapport à la production et à la consommation culturelle.

    Confrontée au téléchargement illégal massif de ses œuvres sur Internet, l’industrie tente naturellement de protéger son contenu. Mais l’évolution technicienne et le renforcement du dispositif répressif de la loi sur le droit d’auteur sont autant de réactions inadaptées au nouveau paradigme technologique. Et, malgré des avancées significatives, les solutions de distribution numérique de films ne témoignent guère d’un renouvellement des formes et se contentent souvent d’utiliser Internet comme un nouveau «tuyau».

    L’industrie musicale, la première touchée par la dématérialisation des contenus, montre la voie de solutions novatrices, adaptées à la nouvelle demande et prenant en compte la convergence des offres et supports avec les nouveaux acteurs. L’industrie cinématographique a cependant cela de particulier que sa production nécessite de lourds investissements financiers.

    Des propositions émergent, pour tenter de concilier échanges culturels sur Internet et soutien de la création. Cette thèse a pour ambition de développer des pistes pour une alternative vivable pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.

    Tags: , , , , , , , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    9
    09
    2009

    Légaliser le partage de fichiers

    logo_soutenirHier, à la mairie du 3ème arrondissement de Paris, les membres du collectif Libre Accès, qui défend les auteurs et éditeurs d’oeuvres sous licences libres et ouvertes en France, ont constitué une Société d’Acceptation et de Répartition des Dons (SARD). Il s’en est suivie une petite conférence avec Richard Stallman (inventeur des licences GNU), Bernard Stiegler (philosophe) et Antoine Moreau (créateur de la licence Art Libre).

    L’idée de la SARD est partie du mécénat global de Francis Muguet. “Il s’agit de mettre en place un mécanisme simple de répartition de dons faits par les internautes pour les œuvres de leur choix. Il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais d’une nouvelle façon de concevoir le rapport entre les auteurs et le public. Un rapport basé sur l’entente et non sur le conflit.”

    Chaque internaute serait ainsi obligé de payer une somme forfaitaire à son FAI pour pouvoir télécharger. Cette somme serait collectée par la SARD, redistribuée ensuite aux artistes selon le calcul du succès (vote des internautes pour les œuvres qui méritent selon eux rémunération) puis un “système de racine cubique” (qui empêcherait que tout aille aux stars). On peut imaginer un bouton en bas de chaque page Internet. Les internautes pourraient ainsi voter très facilement, sans s’identifier et avec la garantie que le don aille directement aux artistes.

    Selon Richard Stallman, le mécénat global présente l’avantage, par rapport à la licence globale, de ne pas être intrusif, puisqu’il ne nécessite pas de surveillance des réseaux ni de DRM, et de ne pas écarter les “auteurs émergents” d’ordinaire noyés dans les statistiques des grandes sociétés de gestion qui répartissent par sondage.

    Pour Bernard Stiegler, la société moderne souffre d’une “bêtise systémique”, devenue notre système économique mondial. Il en découlerait la prolétarisation de l’amateur d’art, sa perte de savoir et de connaissance. En ce sens, le projet de loi HADOPI pourrait être perçu comme un “acharnement thérapeutique” pour maintenir ce système et par là même le monopole du savoir. Mais avec Internet, et le mouvement du logiciel libre notamment, une figure de l’amateur d’art serait entrain de renaître, qui annoncerait la fin de ce système.

    Le philosophe rappelle qu’au 19e siècle, pour être amateur d’art, il fallait “faire de l’art”, se l’approprier. Ainsi, on ne pouvait connaître véritablement un tableau qu’en l’ayant copié, apprécier une symphonie qu’en ayant fait partie de l’ensemble. Et Antoine Moreau de souligner que nous sommes tous artiste et qu’il est impératif de retrouver cette tradition de l’art qui se diffuse, se vit, se transmet. Le mouvement du logiciel libre lui apparaît en ce sens une démarche intéressante.

    Il est certainement un peu tôt pour la SARD, mais l’essentiel est de regarder dans la bonne direction !

    Tags: , , , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    8
    01
    2009

    Vers la fin du piratage de musique ?

    itunesCa y est ! Apple supprime les verrous sur la musique achetée sur iTunes. C’est un grand pas. Les utilisateurs le demandaient depuis longtemps. Les majors et Apple le proposent enfin. Le piratage n’a qu’à bien se tenir, il a là un sérieux concurrent ! (ou bien ?…)

    C’est un grand pas car iTunes demeure le plus gros distributeur de musique du monde avec un catalogue de 10 millions de titres, 6 milliards de chansons vendues, et 75 millions de compte ouverts avec des cartes de crédit. On passe donc du prix unique (99 centimes) à trois prix: 69 cents pour les vieux morceaux, 99 cents pour les morceaux récents et 129 cents pour les hits.

    Le grand bouleversement c’est l’abandon des DRM (protection technique des droits d’auteur et de reproduction dans le domaine numérique). En clair, tout morceau acheté sur iTunes pourra maintenant circuler librement d’un ordinateur à l’autre (Amazon permet ça depuis pluisieurs mois). 8 millions de titres sont déjà téléchargeables. Les 2 millions restants le seront à la fin du trimestre.

    Va-t-on vers la fin du piratage de musique ? La fin des DRM va dans la bonne direction pour l’industrie en tous cas. Mais la bonne question est plutôt, va-t-on vers un équilibre des différentes offres de distribution de musique (on-line, off-line) ? Cela s’est récemment vérifié, piratage ne veut pas forcément dire baisse des ventes. L’album Ghosts I-IV de Trent Reznor, distribué sous licence libre sur les réseaux P2P, figure en effet en tête des albums les plus vendus en 2008 sur la plateforme de téléchargement d’Amazon aux Etats-Unis.

    Tags: , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    22
    01
    2008

    "Je ne volerais pas 1 voiture… mais je télécharge des films"

    A lire aujourd'hui, un article paru sur Ecrans.fr. La journaliste Astrid Girardeau y décrit la nouvelle campagne pro-partage du groupe des Verts/Alliance libre européenne qui s'insurge contre “la propagande anti-piratage de l'industrie du divertissement”.

    Voici un petit extrait de leur campagne, qui selon moi résume très bien la problématique actuelle : “L’industrie des médias n’a pas réussi à offrir des alternatives légales viables et ils n’ont pas réussi à convaincre les consommateurs que le partage était du vol. Malheureusement, ils ont réussi dans un autre domaine — le lobbying pour faire des lois pour criminaliser le partage, en tournant les consommateurs en criminels. Ils affirment que leurs lois sont nécessaires pour soutenir les artistes, mais en réalité, elles sont là pour protéger leurs propres bénéfices.

    La résistance s'organise !

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    25
    11
    2007

    Lutte contre le piratage : permis à point sur Internet

    b448d3b763504b1f1859bc946c6cebfaSi l'offre légale sur Internet ne parvient pas vraiment à endiguer le piratage, ce n'est pas faute de chercher les formules. Si possible magiques comme l'espèrent les industries culturelles. Paiement à l'unité, systèmes d'abonnement, recettes publicitaires pour payer les ayants droit, tout le monde traque frénétiquement la pierre philosophale.

    Mais qui sont ces pirates, ces “hors-la-loi”, si l'on reprend les termes de notre cher président (voir son discour) ? Quel est ce “Far Ouest high-tech”, cette “zone de nom droit” numérique ? La situation demeure complexe. Un individu qui s'abonne à des formules d'accès à Internet haut débit est tout aussi bien un consommateur de produits en ligne, qu'il faut donc choyer, qu'un pirate en puissance, capable de télécharger toutes sortes de contenus.

    Le gouvernement s'est ainsi lancé à l'abordage du piratage, aux côtés des industries culturelles. En septembre dernier, Christine Albanel, ministre de la Culture, confie à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, une double mission : lutter contre le piratage et développer l'offre légale. Les conclusions du “rapport Olivennes” sont tombées hier, accompagnées d'un accord tripartite (Etat ; professionnels de l'audiovisuel, du cinéma, de la musique ; fournisseurs d'accès à Internet).

    En résumé, l'accord prévoit :
    - des mesures de filtrages des contenus sur Internet,
    - l'envoi de messages d'avertissement aux internautes fraudeurs,
    - et en cas de récidive, une suspension, voire une résiliation de leur abonnement Internet.
    En échange, les ayants droits et majors s'engagent à quelques concessions :
    - l'abandon total des DRM (mesures de protection qui empêche de lire sur plusieurs terminaux un morceau de musique acheté en ligne),
    - la sortie des films en VOD sera désormais alignée sur celle des DVD (6 mois après la sortie en salle, contre 7 et demi actuellement).

    Alors que l'industrie du disque a enregistré une nouvelle baisse de son activité de 22 % sur les neuf premiers mois de l'année et que les ventes de DVD commencent à baisser dans l'Hexagone, le gouvernement fait le pari, en se basant sur des exemples étrangers, que de simples avertissements suffisent dans la majorité des cas à dissuader les internautes de s'adonner à des pratiques illégales de partage de fichiers (P2P). Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les messages d'avertissement expérimentés par Time Warner Cable ou British Telecom auraient suffi dans 90 % des cas à mettre fin à ces pratiques.

    Après un échec relatif de l'application de la loi DADVSI, qui prévoyaient des peines de prison pour les contrefacteurs, le nouveau gouvernement préfère désormais une approche graduée avec des peines civiles et non plus pénales. Il s'agit d'une nouvelle mouture inspirée notamment de la politique mise en place pour le permis de conduire : deux messages d'avertissement puis le passage aux sanctions. Le rapport prévoit une première suspension de l'abonnement de dix à quinze jours en cas de récidive puis, stade ultime, une résiliation du contrat de l'abonné et son inscription dans un fichier d'internautes radiés, sorte de “liste noire”, pendant une durée qui pourrait tourner autour d'un an.

    “C'est un accord important par ses mesures, et surtout l'unanimité”, a assuré M. Olivennes. Pourtant, l'Adami (société de gestion collective des droits des artistes-interprètes) regrette “que les organisations représentant les consommateurs et le public n'aient pas fait partie des négociations de cet accord, alors que l'efficacité des dispositifs destinés à lutter contre la gratuité dépend aussi du consentement du public et donc de son adhésion aux objectifs poursuivis”.

    “Nous n'avons jamais dit que nous allions éradiquer le piratage, conclut Olivennes ; mais seulement le rendre plus compliqué et plus coûteux pour les petits téléchargeurs ordinaires.” Presque immédiatement, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des mesures répressives, leur inefficacité démontrée et la systématisation des sanctions à travers la mise en place d'une autorité administrative indépendante toute-puissante. “Je veux bien que l'on m'accuse d'être liberticide, ironise M. Olivennes, mais quatre avertissements pour en arriver là, ça ne me paraît pas être un régime de sanctions digne de la Chine ou de la Corée du Nord.”

    “Surenchère répressive”, “police privée du Net”, “justice parallèle”. Le mots fusent. Les associations de défense des internautes, comme la ligue Odebi, rappellent qu'il est “inacceptable que le pouvoir du juge soit transféré à une autorité dotée des moyens humains et techniques nécessaires à l'avertissement et à la sanction, et chargée d'appliquer le mécanisme de la riposte graduée”.

    Les industriels de la musique font un pas vers l'ouverture et s'engagent à abandonner les DRM sur les œuvres françaises dans l'année suivant l'instauration de ce dispositif de riposte. Les industriels de l'audiovisuel et du cinéma offrent quant à eux une contrepartie et sont prêts à réduire le laps de temps entre la sortie en salle et la distribution en vidéo à la demande. C'est toujours ça de pris. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

    Force est de constater l'impossibilité juridique des mesures envisagées, notamment à cause des réseaux Wi-Fi, trop perméables qui ne permettraient pas de savoir qui a réellement utilisé la connexion Internet filaire. De plus, quant à la mise ne place de systèmes de filtrage, comment accepter que des personnes privées puissent filtrer et vérifier des échanges privés, licites ou non ? Ensuite, le fait, en cas de récidive du pirate, de devoir couper la connexion à Internet ne réjouit aucun fournisseur d'accès. En débranchant Internet, on risque de couper aussi le téléphone et la télévision pour les abonnés aux offres triple play.

    Cerise sur le gâteau, le discours prononcé par le président de la République, lors de la remise officielle de l'accord. La vision d'Internet exprimée par Sarkozy donne à penser : “C'est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d'assister.” “Pourquoi le citoyen ordinaire, habituellement respectueux de la loi, préférerait s'approvisionner dans des entrepôts clandestins.” “(…) des comportements moyenâgeux, où, sous prétexte que c'est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l'étalage.” Et enfin, ma préférée : “La France va retrouver une position de pays leader dans la campagne de civilisation des nouveaux réseaux.” (nostalgie de l'époque coloniale ?…)

    Ces propos ont immédiatement fait réagir l'April (association française de défense et promotion du logiciel libre), qui considère Nicolas Sarkozy totalement incompétent dans le domaine : “Il parle de comportements moyenâgeux, de vol, mais c'est son discours qui est d'une autre ère et montre qu'il n'a pas compris les différences fondamentales entre biens matériels et créations immatérielles”.

    Concernant le calendrier de mise en place de cet accord, le Parlement ne débattra manifestement qu'après les municipales et l'autorité indépendante n'aura sans doute de vrais moyens qu'en 2009. Quant au chef de l'Etat, il a donné rendez-vous dans six mois aux signataires de l'accord “pour faire le bilan” de son application et si besoin est, faire évoluer l'accord. Denis Olivennes nous prévient cependant que le système “ne sera efficace que si son application est massive et systématique”. A bon entendeur…

    Tags: , , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire

    4
    03
    2007

    Le P2P au service d'Hollywood

    Depuis lundi, il est possible de télécharger des films en toute légalité sur le site de BitTorrent. La compagnie a finalement réussi à convaincre les studios hollywoodiens de sa bonne foi, moyennant tout de même quelques concessions. L'offre de distribution numérique de films ne semble pas encore prête à s'ajuster à la demande.

    Le site BitTorent.com propose plus de 3.000 films, issus des catalogues de la 20th Century Fox, Paramount, Warner Brothers et MGM, disponibles légalement, moyennant 3,99 dollars pour les nouveautés et 2,99 dollars pour les films plus anciens, comme “Reservoir Dogs”. Une fois le film sur l'ordinateur, il expire sous 30 jours suivant l'achat ou 24 heures après le début du visionnage. Il s'agit d'un service de location. Pas d'achat possible. Les majors en auraient exigé un prix trop élevé pour être attractif.

    L'avantage de BitTorrent réside dans sa rapidité de téléchargement. Cette technologie peer-to-peer (P2P), introduite par M. Cohen en 2001, permet le transfert depuis différents “pairs” pour un même fichier (multisourcing) et le morcellement du fichier en blocs. Le réseau montre toute son efficacité lorsqu'il y a beaucoup d'utilisateurs. Plus il y a de monde qui télécharge, plus il y a de monde qui partage. Dans son dernier communiqué de presse, la société dénombre 135 millions clients existants. Reste à savoir si ces anciens utilisateurs, habitués à se servir de BitTorrent pour obtenir gratuitement des films pirates, seront massivement séduits par cette nouvelle formule payante. Le peu d'utilisateurs du service pourraient alors atténuer l'avantage comparatif de BitTorrent sur ses concurrents.

    Le marché de la distribution de films par Internet commence à prendre forme. Certains sites de vidéo à la demande (VOD), proposent les films à la location et à l'achat (Amazon Unbox, Movielink), avec des formules d'abonnement (MovieFlix, Vongo), avec la possibilité de graver le film sur DVD (CinemaNow). D'autres sites se définissent plutôt comme des magasins en ligne, avec système et terminal de lecture propriétaires (iTunes Store, Xbox Live Marketplace). Des acteurs hybrides (Blockbuster, Netflix) proposent aussi un système d'abonnement, de location et d'achat de DVD en ligne, mais avec distribution postale. Enfin, des portails vidéos offrent du contenu posté par les internautes (à l'image du désormais célèbre YouTube), avec du contenu professionnel à l'achat ou à la location (Google Video). Les modèles économiques varient donc sensiblement. Mais BitTorrent et ses rivaux ont tous en commun un même défi : prouver à l'internaute que louer un film en ligne est plus convivial et moins contraignant que de se déplacer au vidéo club. Ils doivent également rivaliser avec le téléchargement illégal, qui demeure important.

    Mais comment convaincre des internautes habitués à obtenir les films gratuitement, à choisir dans un vaste catalogue, à pouvoir lire les vidéos sur n'importe quel terminal et les échanger avec leur entourage en toute liberté. Selon BitTorrent, 34 pour cent des utilisateurs de leur système seraient prêts à payer pour un service légal garantissant la qualité des fichiers. Cependant, les handicaps demeurent. Les DRM imposées par les studios ne permettent de visionner le film téléchargé que sur un seul ordinateur. Pas de possibilité de transférer le ficher par Internet, vers un autre poste ou même vers un baladeur numérique. Des solutions de distribution sans DRM (à l'image de l'initiative de Warner Music France) seraient à l'étude avec les partenaires. Mais rien n'est encore fait. En outre, la pauvreté du catalogue, l'absence de médiation œuvre-public, le manque de contenu gratuit, laissent à penser que l'offre n'a pas réellement cherché à comprendre la demande.

    BitTorrent arrive tout de même à innover en s'appuyant de manière paradoxale sur le réseau P2P pour proposer une offre payante, tout comme Peer Impact le fait depuis août 2005. Même si des firmes non-affiliées à BitTorrent continuent à proposer des films pirates via des versions et des sites Internet du logiciel open source, l'entreprise californienne entend bien gagner en respectabilité et vendre la technologie à d'autres magasins de films en ligne ou directement aux studios. BitTorrent permet en effet de transmettre des fichiers lourds pour un coût très inférieur à celui des autres systèmes actuellement sur le marché.

    Les studios hollywoodiens, quant à eux, entendent bien remettre les pirates sur le droit chemin de l'offre légale. L'essentiel n'est-il pas de participer ! Reste à voir si le public suivra.

    Tags: , ,
    Publié dans FRANCAIS |

    Aucun commentaire