07
2010
Le gouvernement français prête 1,8 milliard de dollars à une entreprise américaine en faillite et la presse reste muette !…
Dans le contexte actuel de réductions budgétaires en chaîne dans le secteur public, ne sommes-nous pas en droit de savoir ce que notre gouvernement fait de l’argent du contribuable ? Pourquoi ce silence dans les médias en France ? Le débat public seul peut garantir une action citoyenne et responsable !
Dans un communiqué de presse dans le Wall Street Journal de juin 2010, on apprend que Thales Alenia Space vient de remporter un contrat de 2,1 milliards pour la construction du nouveau réseau satellite d’Iridium.
Iridium est un groupe de communication satellite qui fournit des services de communication à l’industrie, aux gouvernements et aux armées. Ce groupe américain possède la plus importante constellation de satellites commerciaux au monde.
En 2009, Iridium lance un appel d’offres pour la conception et la construction de sa nouvelle constellation de satellites de télécommunications, afin notamment de fournir des services mobiles de type 3G (programme NEXT).
Montant du contrat : 2,1 milliard de dollars US.
C’est donc le groupe Thales Alenia Space – coentreprise entre le français Thales (67%) et l’italien Finmeccanica (33%) – qui est retenu par Iridium.
Le gouvernement français et la Société Générale accordent à Iridium un prêt de 1,8 milliard de dollars US.
Ce prêt est accompagné d’une garantie à 95 % de la COFACE (Compagnie française d’assurance du commerce extérieur) ; un prêt bien plus généreux que les précédents exemples dans ce secteur, notamment le prêt de 586 millions de dollars US perçu par Globalstar en 2009…
Par ailleurs, des analyses indépendantes ont montré qu’Iridium - qui a été officiellement déclarée en faillite à deux reprises dans les années 90 - sera incapable de rembourser ce prêt !
Le manque de liquidité d’Iridium est estimé à plus d’un milliard de dollars US. Les experts en télécom ont placé la dette d’Iridium à une valeur de 600 milliards de dollars US d’ici à 2020.
Malgré cela, Iridium a estimé que la constellation satellite sera lancée en 2015 et a déjà payé Thales Alenia 53 millions de dollars US pour protéger cette date de livraison.
Dans la presse, sur Internet, silence radio…
Dans la journaux et sur les sites d’information français, la dépêche AFP est reprise mais personne ne semble questionner la décision d’Iridium, le prêt accordé, les financements (Les Echos.fr, Challenges.fr, UsineNouvelle.com).
Le silence autour de cette affaire dans les médias en France est d’autant plus frappant qu’aux Etats-Unis, l’instabilité financière d’Iridium n’est pas un secret.
Par exemple, l’agence de notation financière américaine TMF, qui reprend un article du SpaceNews, soulève des questions quant au financement, à la faisabilité du programme de livraison des satellites et à savoir si Iridium a correctement évalué le marché du lancement des satellites commerciaux.
Alors, le contrat avec Thales, valant 2,1 milliards de dollars, d’où vont provenir les 300 millions de dollars restants ?
Comment expliquer qu’un prêt d’une telle ampleur à destination d’une société américaine en difficulté financière soit garanti par le gouvernement, et ce au moment où la rigueur est demandée ?
Pourquoi la presse économique ou spécialisée n’a-t-elle pas fait mention de ce projet qui comporte un poids et un coût économique exorbitant ?
La société française Thalès a-t-elle obtenu le contrat uniquement sur la base de la garantie d’un prêt par le gouvernement et la Société Générale ?
Pourquoi l’autorisation de procéder a-t-elle été conclue bien avant que le financement du projet ne soit bouclé ?
Tags: Economie, Politiques publiques
Publié dans FRANCAIS |

Voici quelques passages d’un article bien ficelé, lu sur le site d’