Intermedia
THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘UGC’

    22
    09
    2014

    VoD gratuite : la stratégie perdante ?

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    Alors que l’on nous prédisait la fin du modèle payant sur Internet, c’est le contraire qui se profile. Médias, majors : tout le monde souhaite sa part du gâteau. Et avec l’essor de la publicité en ligne, l’enjeu est de taille.

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    29
    09
    2012

    Le tout gratuit est-il vraiment une fatalité à l’ère du numérique ?

    Article publié dans le magazine en ligne d’actualité et d’analyse du monde informatique, PC INpact.



    Pour beaucoup, le Net est vécu comme un espace de liberté, d’universalité et de… gratuité. « Les mômes veulent l’instantanéité et on leur a mis dans la tête que ça devait être gratuit » lançait le 21 août dernier au micro de RMC Pierre Lescure, chargé par le gouvernement d’une mission de concertation sur l’adaptation de l’économie de la culture au monde connecté. Que « les mômes » souhaitent désormais avoir accès à tout, immédiatement et sans contraintes est un fait. Quoi de plus naturel à l’ère du numérique, avec la baisse considérable des coûts et l’accessibilité accrue des œuvres dématérialisées. Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes d’ailleurs. Et certes, la génération élevée au lait d’Internet est habituée à se servir dans les supermarchés du Net. Mais cela ne veut pas forcément dire que le tout gratuit soit une fatalité.

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    22
    02
    2010

    Quel rôle pour le public de cinéma sur le net ?

    marketing_viralEn début de semaine dernière, un email arrive dans ma boîte de réception ; UbicMedia organise une conférence pour débattre du sort du cinéma à l’ère d’Internet, entre professionnels du secteur, dans un lieu très sélect. La communication est faite 2 jours avant l’événement ; le cercle des invités semble assez concentré. Le rendez-vous est pris.

    UbicMedia, dont j’avais interviewé il y a 2 ans le directeur marketing Pierre Col, propose PUMit, un système sécurisé de diffusion de films sur Internet, intéressant même si seulement compatible PC… Donc, UbicMedia organise les PUMit Meetings, conférences bimestrielles sur Internet entant que nouveau média pour le cinéma. Le 18 février, la 2e édition allait se concentrer sur les spectateurs qui deviennent actifs. Un thème qui n’a pas fini de faire parler de lui.

    Dans la brume matinale parisienne, me voici qui monte l’avenue Junot. Les indications disent d’emprunter le Passage de la sorcière ; je m’exécute. Après avoir poussé un grand portail noir, je rentre dans l’Hôtel particulier de Montmartre. « On dirait que l’on rejoint une société secrète », me lance en plaisantant une personne qui se rend également à la conférence. Nous entrons alors dans cette belle bâtisse blanche. Accueillis comme il se doit, on nous remet un descriptif du système PUMit et une listes de tous les participants avec la société qu’ils représentent. Le ton est donné.

    Au programme, aux côtés d’Olivier Pfeiffer d’UbicMedia USA, Serge Hayat de People for Cinema & Cyril Barthet de Vodkaster, qui étaient intervenus il y a 3 semaines à la conférence-débat que j’avais suivi avec grand intérêt à La Cantine. Chacun nous expose son service. Les questions du public de professionnels pleuvent ; l’opportunité de décortiquer ces nouveaux outils marketing pour la diffusion des films à l’ère d’Internet. 

    Dans une lumière tamisée, devant un parterre de fauteuils cuirassés, entourés de tableaux du New York industriels et de vases emplis de fleurs de lys, les intervenants commencent la grand-messe. Serge Hayat entame et incise : « Lorsque les personnes de My Majors Company sont venus me trouver il y a quelque temps pour adapter le concept à l’industrie du cinéma, au début je n’y croyais pas trop ; et je n’y crois toujours pas. » Il s’explique ; l’industrie du film a cela de particulier par rapport à celle de la musique que les coûts sont énormes, les structures de productions atomisées (en Europe, et en France particulièrement), que le métier de producteur est bien distinct de celui de distributeur et que l’ingénierie est différente, avec un besoin essentiel de pré-vendre le film. Ainsi, un modèle basé sur la production n’a que peu de chance…

    La valeur ajoutée de cette plateforme Internet qui propose à l’internaute de cofinancer des films (jusqu’à 20 par an, à terme) réside donc dans l’offre d’un marketing alternatif qui travaille les communautés sur chaque film, à l’heure où les coûts de communication flambent pour attirer l’attention du public et cultiver le goût de la salle. Le modèle économique est simple ; sur 100€ investis par l’internaute (avec un retour sur investissement de 15% sur les recettes), 110€ sont prélevés, dont 10€ de frais techniques. Parallèlement, le modèle publicitaire sera bientôt mis en œuvre. Lancé en début d’année, le site People for Cinema semble donc prometteur et adapté aux attentes du public internaute-cynéphile. 

    C’est au tour de Cyril Barthet de présenter Vodkaster, site qui propose aux internautes de visionner ou de poster des répliques de films, sortes d’extraits promo de moins de 3 minutes (limite pour ne pas avoir à reverser de sous aux ayants droit). Le fondateur de cette plateforme cinéma, qui en est encore à ses débuts, expose ses différentes pistes d’évolution. Entre autres, un Movie Quiz récemment mis en ligne sur le site ; un outil de divertissement très prometteur, une véritable porte d’entrée ludique qui permettrait d’élargir l’audience. 

    Dernier intervenant, Olivier Pfeiffer d’UbicMedia, qui propose de nous parler du Theatrical On-Demand. S’appuyant sur les observations de B-Side, distributeur innovant dans le domaine de la distribution numérique de films, Olivier Pfeiffer souligne que même si certaines sorties en salles demeurent déficitaires, un film sorti d’abord en salle fait en moyenne 25 fois plus de vente qu’un film sorti directement en DVD. La sortie cinéma peut donc être considérée, dans une certaine mesure, simplement comme une opération marketing, dont les coûts pourraient être supportés par les internautes, passionnés par un film découvert lors d’un festival par exemple. Une façon intéressante de donner la possibilité au public d’utiliser Internet pour faire vivre le cinéma.

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    5
    02
    2010

    Cinéma & Internet, la réflexion avance

    Affiche3Nombres de conférences sur l’avenir du cinéma à l’ère d’Internet n’arrivent malheureusement pas à dépasser le simple inventaire des blocages. Mais lorsqu’elles réussissent effectivement à bâtir des échanges constructifs et concrets autour de nouvelles pistes de création de valeur entre deux secteurs qui se heurtent, celles-ci méritent d’être saluées !

    C’est le défi qu’a relevé avec brio la conférence-débat Cinéma & Internet jeudi dernier à La Cantine, dans le cadre de 3 jours événements Free Culture remix pour fêter ses 2 ans d’existence. L’occasion de réunir cinéphiles, producteurs cinéma, distributeurs de salles, éditeurs DVD, entrepreneurs dans les domaines des réseaux sociaux, du crowdfounding, de la VOD, des moteurs de recommandation, de l’indexation collaborative de films.

    Alain Rocca, producteur de films et directeur d’UniversCiné, assurait ainsi que l’industrie est bien consciente que tout l’avenir du cinéma se joue sur Internet et qu’il ne lui faut vraiment pas rater la marche. Voilà qui est rassurant ! La question centrale serait de trouver comment susciter l’appétit de cinéma, moteur de la filière, initialement basé sur la chronologie des médias, qui permet d’amortir les recettes d’un film sur ses différents supports. Etant donné que le P2P répond à l’appétit du tout-tout-de-suite, l’enjeu est alors de réussir à faire migrer cet appétit vers les offres légales, qui malheureusement tardent à apparaître.

    Des pistes sont à l’étude, comme des systèmes premiums (donc assez chers) pour voir un film sur Internet avant sa sortie en salles. Un système qui ne serait pas destructeur de valeur, à la différence du gratuit, aux vues de l’investissement financier colossal dans la production. Alain Rocca prévient d’ailleurs contre le spectre du « cinéma de Monsieur Carrefour » dans l’économie du gratuit ; le film devenant un simple produit d’appel pour des grandes marques en quête de notoriété. Par contre, Apple, avec la location de films sur l’iTunes Store, va dans le bon sens en facilitant l’aisance du consommateur et en apportant du qualitatif. 

    Aux côtés de représentants de l’industrie (producteur et distributeur), la conférence réunissait un panel d’entrepreneurs proposant des modèles de valorisation du cinéma adaptés aux nouveaux usages. L’occasion de confronter les réels enjeux du cinéma traditionnel et les évolutions possibles de cette industrie sur Internet. Ont répondu présents : 

    Cinefriends, un site communautaire pour passionnés de cinéma qui propose d’accompagner le film sur Internet, et par là même, de réduire la frontière entre professionnels et cinéphiles.

    Cinetrafic, un moteur de recommandation innovant avec pour vocation de favoriser la vente et la location de films sur tous supports ainsi que la promotion du contenu cinéma sur Internet. Des listes reconstruisant l’univers cinématographique permettent ainsi aux internautes d’y voyager à leur grès, que ce soit à travers les filmographies, les festivals, les genres.

    People for Cinema, une plateforme Internet qui propose de financer la distribution et la commercialisation des films. Par le biais d’accords avec les distributeurs (Mars Distribution, Canal+), les internautes vont pouvoir s’insérer dans les contrats (droits de coproduction, parts dans la distribution en salles). Il s’agit de leur donner la possibilité d’investir de l’argent (avec une mise de départ de 20€) dans la distribution des films auxquels ils croient et pouvoir ensuite toucher une partie des recettes. Parallèlement, ils participent au lancement, rencontrent les équipes, sont invités aux avant-premières privées et deviennent ainsi des ambassadeurs privilégiés pour les films dans lesquels ils ont investi.

    Touscoprod propose pour sa part aux internautes cinéphiles de devenir producteurs de films. Axée autour du cinéma indépendant, cette plateforme Internet construit des communautés qui vont venir soutenir la production, bien en amont du film. Avec une mise de départ de 10€, Touscoprod contribuerait pour 10 % en moyenne du budget total de production.

    Ulike, un site de partage des goûts qui réunit 40 000 personnes de 50 pays. Bien qu’il regroupe la culture dans toute sa transversalité, le cinéma représente tout de même un tiers de sa base de données. Sur le modèle de l’encyclopédie participative en ligne Wikipedia, ce site crée un algorithme qui, à partir des goûts, va émettre des recommandations. Le principe est simple, l’internaute dit ce qu’il aime et Ulike va lui recommander d’autres choses.

    Vodkaster, une plateforme web qui agit sur le marketing en permettant le visionnage d’extraits de films. Partant du constat que YouTube répond à un appétit certain pour voir ou revoir des scènes cultes, Vodkaster a voulu créer une alternative en misant sur la qualité vidéo, la recontextalisation et la légalité de l’offre. 12 000 scènes sont ainsi référencées et classées par mots clés. Un projet d’algorithme serait à l’étude, pour la recherche par répliques par exemple. Surfant également sur la vague du participatif, Vodkaster permet aux internautes de poster des vidéos par le biais de son logiciel de sélection de scène de moins de 3 minutes. Le modèle économique repose sur un référencement de l’offre légale, des flux publicitaires et une offre de services pour les distributeurs.

    The Auteurs, une plateforme VOD internationale (qui propose donc de louer des vidéos, selon les accords par zone géographique) avec toutes les fonctionnalités de promotion virale et qui propose un service B2B.

    Après un débat entre tous les intervenants et la salle, il en est ressorti que la grande valeur ajoutée d’une distribution des films sur Internet demeure la recommandation, qui diminue radicalement le coût de recherche du consommateur.

    Le grand défi du cinéma à l’ère du numérique demeure l’adaptation de la chronologie des médias. Même si certaines expériences de diffusion simultanée multisupports ont rencontré un réel succès, il n’empêche qu’elles restent exceptionnelles et ne justifient pas forcément de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Prenons par exemple, le film Home. Diffusé gratuitement sur YouTube 10 jours avant sa diffusion TV et sa distribution DVD simultanée, le film a rencontré un réel succès auprès du public. Mais il faut garder à l’esprit que sa production avait été principalement financée par le mécénat et qu’il s’agit d’un film particulier. Un autre exemple qui est revenu régulièrement tout au long de la conférence : L’année de la jupe, diffusé simultanément en salles et à la TV. Financé par la télé, il est apparu que la distribution cinéma n’a pas été cannibalisée par la diffusion TV. 

    Les salles seraient-elles vouées à disparaître ? Une chose est sûre, à force de vouloir se protéger, l’industrie cinéma risque de s’enfermer dans son tombeau, chose que l’industrie de la musique commence à peine à réaliser.

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    23
    05
    2007

    Vers une maturité de l’offre de films sur le net aux USA ?

    Article publié le 23 mai 2007
    sur le site de référence pour la distribution des contenus numériques sur Internet, Ratiatum.
    Lire l’article 1/2 & 2/2

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    4
    05
    2007

    MIT International Conference about Web 2.0

    The weekend of April 27-29, 2007, the international conference MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age was held at the Massachusets Institute of Technology in Cambridge, USA. Various digital technologies and internet specialists were gathered to think about the Web 2.0's social, economical and legal implications. All with the same questions. Are we really in a new era? What is this new culture? How can we make the best of it? What traps should we avoid?

    Web 2.0: Not so new

    The now very trendy term « Web 2.0″ expresses the promise of a new Internet version. This is maybe not a revolution but there are undeniable evolutions. How do we understand the difference between marketing buzz and real social transformations? What is really new with the Web 2.0?

    Communication is the key word. There is nothing new in the desire to meet people and build communities. However, the Internet users can now express their preferences and interact with (virtually) the entire world, with sites like MySpace, by posting a commentary, voting, and sharing a file. The participatory culture reaches a new scale, with P2P systems in particular.

    User-generated content is also a great Web 2.0 novelty. It goes along with remix. With sites like YouTube that offer fast and simple tools, the « reuse culture » becomes widespread. It is no longer about reaffirming the authority of the original piece but illustrating the intention of the new one. No more passive contemplation, it is an open call to join in. Thus, the media convergence goes along with a producer-consumer convergence.

    As long as there have been humans, individuals have gathered in order to collaborate, think and act. Since the last few years, a new kind of collective intelligence appeared, in a way that would have never before been possible. The free collaborative encyclopedia Wikipedia shows the power of the Internet that makes it possible for experts and non-experts to collaborate and produce a quality content accessible to all (the ones who are connected to the Internet…).

    The business world is also part of this new gathering, with sites like eBay or Amazon. From now on, as Chris Anderson explained it with his Long Tail concept, there is room for all products, no more storage problems. All niche[s] markets can make up a market share that rivals or exceeds the few bestsellers and blockbusters. From this abundance came the « culture snack », as defined by Wired magazine. « Pop culture now comes packaged like cookies or chips, in bite-size bits for high-speed munching. It's instant entertainment – and boy, is it tasty. »

    A new social activism appears. New social activists take hold of the Internet to criticize and offer an alternative to the capitalist system. The aim is to connect to the Web for political action and get off the Internet to act in the real world.

    While the Web 1.0 challenge was access, the Web 2.0 demands better understanding of the beneficiaries of all those changes and of the growing industry appropriation of the Internet.

    Copyright 2.0: Not so fair play

    New technologies change the way we see property. In cyberspace, value no longer lies in object but in access, the author is no longer individual but collective, the aim is no longer to safeguard the original but to create an evolving piece of art. How do we make two very different semantics of property coexist? What is the impact on our relationship to new technologies? How can copyright evolve?

    Copyright is based on a classical liberal framework with the notion of exclusive right. Digital copyright has threatened all that, through non-commercial users. The DRM tried to limit the bleeding. But the industry realizes its limits. It is now important to think about a way to compensate user-generated content. Collective licensing also appears as an interesting way of expressing a new copyright view.

    Aside from the legal repression, the industry has been attempting for a few years to educate the Internet users through anti-piracy campaigns which show users as criminals. Those actions seem to protect only the industry interests and raise the problem of
    the presence of corporations in classrooms. They shape how a whole generation sees new technologies. Then, fair use is not presented at all or is discussed as risky.

    The US copyright law, faced with technological changes, evolved along with court rulings. In 1984, the Supreme Court decision in the case Sony v. Betamax reaffirms fair use by allowing VHS recording and copying for personal use. In 2005, the case MGM v. Grokster rules on the P2P systems. A victory for the majors. One who distributes a device with the object of promoting its use to infringe copyright is liable for the resulting acts of infringement by third parties. Last March, Viacom filed a lawsuit, accusing Google of copyright infringement. If this goes to trial, the sentence will be decisive for the evolution of copyright and the Web 2.0.

    We must keep in mind that capitalist culture is part of the new technologies. Thus, as soon as we buy a computer, we are owned by a big corporation.

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    2
    05
    2007

    Conférence internationale au MIT sur le Web 2.0

    Le week-end dernier, 27-29 avril 2007, la conférence internationale MiT5: Creativity, Ownership and Collaboration in the Digital Age s'est tenue au MIT (Massachusets Institute of Technology) à Cambridge, USA. Divers spécialistes des technologies numériques et du média Internet y étaient réunis pour réfléchir sur les implications sociales, économiques et juridiques du Web 2.0. Tous avec les mêmes interrogations. Sommes-nous vraiment dans une nouvelle ère ? Quelle est donc cette culture émergente ? Comment en tirer le meilleur parti ? Quels pièges éviter ?

    Web 2.0 : pas si nouveau

    Le terme « Web 2.0″, désormais très à la mode, porte en lui la promesse d'une nouvelle version d'Internet. Il ne s'agit peut-être pas d'une révolution mais les évolutions sont indéniables. Comment faire la part entre buzz marketing et réels bouleversements sociaux ? Qu'est-ce que le Web 2.0 apporte de vraiment nouveau ?

    La communication est le maître-mot. Le désir de rencontrer des gens et construire des communautés n'a rien de nouveau, mais l'internaute peut maintenant exprimer ses préférences et interagir avec (virtuellement) le monde entier, par le biais de sites comme MySpace, en postant un commentaire, en votant, en mettant à disposition des fichiers. La culture participative atteint alors une nouvelle échelle, avec notamment les systèmes de P2P.

    La possibilité pour l'usager de soumettre son propre contenu (user generated content) est également une des grandes nouveautés du Web 2.0. Cela va de paire avec le remix. En mettant à disposition des outils simples et rapides, des sites comme YouTube généralisent la « culture du détournement ». Il ne s'agit plus de réaffirmer la crédibilité de l'œuvre originale mais d'illustrer sa propre démarche. L'intention n'est plus la contemplation passive, c'est un appel ouvert à la participation. Ainsi, la convergence des médias est couplée avec une convergence producteur-consommateur.

    De tous temps, les individus se sont unis afin de collaborer, réfléchir, agir. L'intelligence collective atteint aujourd'hui de nouvelles proportions. Le projet d'encyclopédie libre Wikipedia montre la puissance d'Internet qui permet de faire collaborer experts et amateurs pour produire un contenu de qualité accessible à tous (ceux qui sont connectés à Internet…).

    Le monde marchand est lui aussi touché par cette mise en commun d'une nouvelle ampleur, avec des sites comme eBay ou Amazon. Désormais, comme l'a montré Chris Anderson avec son concept de Long Tail, tous les produits ont leur place, plus de problème de stockage. Tous les marchés de niches réunis rapportent autant que les hits. De cette abondance est née la « culture snack », comme l'a définie le magazine Wired. L'industrie soigne l'emballage de produits que l'internaute va venir picorer frénétiquement.

    Un nouveau type d'activisme social voit alors le jour. De nouveaux acteurs sociaux s'emparent d'Internet pour critiquer et offrir une alternative au système capitaliste. L'enjeu est de rassembler dans le monde virtuel autour d'une action politique pour ensuite agir dans le monde réel.

    Tandis que l'enjeu du Web 1.0 était l'accès, les défis du Web 2.0 sont de savoir à qui vont profiter tous ces changements et d'être conscient de l'appropriation grandissante d'Internet par l'industrie.

    Droit d'auteur 2.0 : pas si fair-play

    Les nouvelles technologies bouleversent la notion de propriété. Dans le cyberespace, la valeur ne réside plus dans l'objet mais dans l'accès, l'auteur n'est plus individuel mais collectif, il ne s'agit plus de sauvegarder l'original mais de créer une œuvre évolutive. Comment faire coexister deux sémantiques de la propriété très différentes ? Quel impact sur notre relation aux nouvelles technologies ? Quelles évolutions possibles pour le droit d'auteur ?

    Le droit d'auteur s'est construit autour de l'économie libérale avec la notion de droit exclusif. La numérisation des données et la généralisation massive des échanges non commerciaux sont venues questionner la loi. Les mesures de protection technique (DRM) ont tenté de limiter l'hémorragie. Mais l'industrie réalise ses limites. Il apparaît désormais important de combler le vide juridique autour de la compensation des contenus amateurs. Les licences collectives semblent également un moyen intéressant de faire entendre une nouvelle vision du droit d'auteur.

    En plus de la répression juridique, l'industrie tente depuis quelques années d'éduquer les internautes à travers des campagnes d'éducation contre le piratage qui criminalise le public. Ces actions semblent ne protéger que les intérêts de l'industrie et soulèvent le problème de la présence des entreprises au sein de l'école. Elles façonnent l'appropriation des nouvelles technologies de toute une génération. Puis, pour ce qui est du « fair use », l'équivalent du droit de copie privée français, celui-ci disparaît totalement ou bien est présenté comme trop risqué.

    La loi américaine du droit d'auteur, confrontée aux évolutions technologiques, a évolué au fil des décisions de justices. En 1984, la décision de la Cour suprême, dans l'affaire Sony contre Betamax, permet d'établir le concept de « faire use » en autorisant l'enregistrement et la copie VHS à des fins non commerciales. En 2005, l'affaire MGM contre Grokster légifère sur les systèmes de P2P. Une victoire pour les majors. Toute personne qui distribue un dispositif en promouvant son utilisation pour violer le droit d'auteur peut désormais être tenue responsable pour toute violation de ce droit par les utilisateurs de ce système. En mars dernier, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour violation des droits d'auteur. Si cela va jusqu'au procès, le jugement promet d'être décisif pour l'évolution du copyright et du Web 2.0.

    Il ne faut pas perdre de vue que la culture capitaliste fait partie intégrante des nouvelles technologies. Ainsi, dès l'achat d'un ordinateur, l'utilisateur est déjà enfermé dans une technologie propriétaire.

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    27
    03
    2007

    NBC & News Corp: response against YouTube?

    The news popped up on Thursday, March 22. NBC and News Corp, the two industry giants in media and entertainment are joining forces to build a new network for showing their content on the Web. The announcement comes barely a week after Viacom filed a copyright-infringement lawsuit against YouTube. In the battle between new and old media, it's getting pretty busy. The online video market builds itself up. Alliances are made. The nine-year-old law meant to govern copyright in the digital age (the DMCA of 98) seems already outdated. But one thing is sure, a businness model is imposing itself on the Internet: free content financed by advertising.

    The Web site is supposed to be launched in the US at the beginning of the summer 2007. It has not been named yet. NBC and News Corp's content will also be broadcasted on Web portals like AOL (Time Warner), MSN (Microsoft), MySpace (News Corp) and Yahoo. The two groups' TV shows, video clips and movies (Universal Picture and 20th Century Fox) will be available for free in streaming. The customers will be able to pay and download to own some movies, like on the Apple's iTunes Store. Furthermore, the users will have the possibility of uploading their own videos. NBC and News Corp will split advertising revenue and the host sites will get a cut from the advertising that is shown on their sites.

    Is it really a response against YouTube? News Corp President Peter Chermin says it is not designed to be a YouTube-killer. In fact, he spoke with Google (YouTube parent company) chief executive Eric Schmidt about joining the venture. We don't know the negotiations' result yet. The objective seems to be a broadcasting over many sites. The image quality on the partners' sites could make the difference. However, even with lesser quality videos, can YouTube hegemony be offset? And is that really the point?

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    27
    03
    2007

    NBC & News Corp : riposte anti-YouTube ?

    La nouvelle est tombée jeudi 22 mars. NBC et News Corp, les deux géants américains des médias, s'allient pour créer un nouveau réseau de diffusion de leurs contenus vidéos sur Internet. Le projet a été annoncé à peine une semaine après que Viacom ait déposé plainte contre YouTube pour violation des droits d'auteur. Dans le conflit qui oppose nouveaux et anciens médias, les actions fusent. Le marché de la vidéo en ligne s'organise. Les alliances se forment. La loi américaine relative au droit d'auteur à l'ère numérique (la DMCA de 98) est sur la sellette. Mais une chose est sûre, un modèle économique est en train de s'imposer sur Internet : le contenu vidéo gratuit, financé par la publicité.

    Le lancement de la plate-forme de diffusion est prévue pour le début de l'été 2007, outre-Atlantique. Le projet n'a pas encore de nom définitif. NBC et News Corp distribueront également leur contenu sur plusieurs portails Internet, comme AOL (Time Warner), MSN (Microsoft), MySpace (News Corp) et Yahoo. Programmes télévisés, vidéo-clips et films (Universal Picture et 20th Century Fox) des deux groupes seront disponibles gratuitement en streaming. Certain films pourront être téléchargés et conservés contre paiement, à l'image de l'iTunes Store d'Apple. De plus, les internautes auront la possibilité de mettre en ligne leurs propres vidéos. Selon le modèle envisagé, la plate-forme sera donc financée par la publicité qui apparaîtra sur les portails.

    Peut-on qualifier cet accord de « riposte anti-YouTube » ? Peter Chermin, directeur exécutif de News Corp, certifie le contraire. Il a d'ailleurs contacté Eric Schmidt, le patron de Google (propriétaire de YouTube), pour lui proposer de se joindre à l'initiative. Le résultat des négociations est encore inconnu. L'objectif semble être une diffusion sur le plus de supports possibles. La qualité de l'image sur les sites partenaires pourrait faire la différence. Cependant, même avec des vidéos de moindre qualité, l'hégémonie de YouTube peut-elle vraiment être contrebalancée ? Et est-ce vraiment le propos ?

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    21
    03
    2007

    YouTube: an illegal business model?

    More than $1 billion in damages and an injunction prohibiting Google from further copyright infringement: that is what Viacom seeks. Tuesday, March 13th, Viacom finally filed a lawsuit, accusing Google of « massive intentional copyright infringement ». Since it bought YouTube last October, Google has been chasing deals that would give it the right to put mainstream video programming on the site. The tensions between new and old media companies are now visible.

    In a press release, Viacom, the parent company of MTV, Comedy Central, Nickelodeon, Paramount and DreamWorks, accuses YouTube of developing a « clearly illegal business model », « exploiting the devotion of fans to others' creative works in order to enrich itself and its corporate parent Google ». Almost 160,000 unauthorized clips of Viacom would have been available on YouTube and viewed more than 1.5 billion times. In the philosophical and financial battle between media and tech companies, Viacom made a move that could prove to be decisive for the future of on line video distribution.

    Google openly express its ambition of becoming the leader of online video, like the Apple's iTunes Store for music. Google plans to combine YouTube's vast audience with its mastery of online advertising technology to create a lucrative business whose revenue it will share with large media companies and other content creators.

    YouTube has succeeded in signing licensing deals with content providers, like the BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner and the NBA, that will allow it not only to gain rights to programming, but also to insulate itself from any liability for past copyright violations on YouTube. Thus, some prefer finding a deal because of the strong promotional power of YouTube. However, as the negotiations have dragged on, major media companies have grown increasingly frustrated over the proliferation of copyrighted video on YouTube. Indeed, they have to scour every day the entirety of what is available on the site to look for their content.

    Google sees itself as leading a revolution of video consumption and distribution. But from now on Viacom wants to take a fair share of this new market that benefits from the rapid expansion of online advertising. The stakes are high. It is about attracting the new costumers' generation, going where the audience goes.

    In legal terms the suit relies on the Digital Millennium Copyright Act (DMCA) of 1998, which made it illegal to deploy technology intended to circumvent legitimate copyrights. But the law included a so-called « safe harbor » provision, which indemnified some kinds of Internet companies if they immediately blocked or removed such content when a copyright holder informed them it was there. The resolution of this lawsuit, if it comes to trial, will hinge on the interpretation of this provision.

    Google declares itself to be protected by the DMCA. Viacom is convinced of the contrary. The major claims that unlike internet providers who really have no idea about what is flowing through their channels, Google is an active participant with its users. From one side, it is unclear whether YouTube encourages the people to infringe on copyrights. Google has also always promptly removed the copyrighted content when asked to do so. On the other side, the financial benefit that Google is getting from the business model could rule against it.

    This battle is the symptom of a war between old and new media, two different points of view about what is happening on the Internet, and what should happen. One side wants to create software that enables people and companies of all size and importance to communicate and gain power, and the other side wants to retain control of content they have spent a lot of money to create.

    Let's take the music industry's example. Innovations first came from software companies, with some mistakes indeed, like Napster. Then, the major media companies reacted after. And if the illegal downloading seems to have lowered, it is less because of lawsuit fear than because of the development of a convenient and affordable way to get music legally.

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