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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
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    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


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    21
    03
    2007

    YouTube : un modèle économique illégal ?

    Un milliard de dollars de dommages et intérêts. Une injonction de cesser de violer les droits d'auteur à l'avenir. C'est ce que réclame Viacom, le géant des médias américains. Mardi 13 mars, Viacom a déposé plainte contre YouTube pour « violation massive et intentionnelle des droits d'auteur ». Depuis que Google a racheté YouTube en octobre dernier, le géant des médias en ligne a tenté de conclure des accords avec les majors afin de pouvoir diffuser leur contenu sur son site de partage vidéo. Les tensions entre nouveaux et anciens médias sont désormais apparentes.

    Dans un communiqué de presse, Viacom (MTV, Paramount, DreamWorks, Comedy Central, Nickelodeon, etc.) accuse Google de développer un « modèle économique clairement illégal », exploitant la dévotion des fans et bénéficiant de recettes publicitaires en partie induites par du contenu piraté. Environ 160 000 vidéos du contenu de Viacom auraient été mises en ligne sur le site de partage vidéo et visionnées plus de 1,5 milliards de fois. Dans la bataille économico-philosophique que se livrent les nouveaux médias et les industries du divertissement, Viacom lance une offensive qui pourrait se révéler décisive pour le futur de la distribution de contenu audiovisuel en ligne.

    Google ne cache pas son ambition de devenir le leader de la vidéo en ligne, à l'image de l'iTunes Store d'Apple pour la musique. La vaste audience de YouTube combinée à sa maîtrise de la publicité en ligne représentent pour Google un commerce lucratif, dont il envisage de partager les revenus avec les grandes industries des médias et autres créateurs de contenu. YouTube a déjà noué plus de mille partenariats de diffusion (avec notamment la BBC, CBS, Fox, NBC Universal, Time Warner et la NBA).

    Certaines majors ont ainsi autorisé la diffusion légale de leur contenu sur YouTube en échange d'un partage des revenus publicitaires. Elles préfèrent trouver un accord pour une compensation financière car le célèbre site de partage vidéo demeure un formidable outil promotionnel. Mais les accords sont difficiles à finaliser et la prolifération sur YouTube de vidéos protégées par les droits d'auteur ne fait qu'augmenter la colère des majors. Celles-ci doivent en effet quotidiennement passer en revue tous les clips en ligne sur YouTube pour voir si leur contenu en fait partie.

    Google veut devenir le fer de lance d'une révolution des modes de consommation et de distribution vidéo. Mais Viacom revendique désormais sa part du gâteau. Avec l'essor de la publicité en ligne, l'enjeu est de taille. Il s'agit d'attirer la nouvelle génération de clients, d'aller là où va l'audience.

    D'un point de vue légal, le Digital Millennium Copyright Act de 1998 (DMCA) interdit le contournement des mesures techniques de protection (tout comme la loi DADVSI en France). Cependant, un amendement (le « Safe Harbor ») protège les sites Internet qui contiennent du contenu pirate posté par les utilisateurs, tant que les sites le suppriment immédiatement sur demande de l'ayant droit. Le verdict de cette action en justice, si cela va jusqu'au procès, dépendra de l'interprétation de cet amendement.

    Google affirme être protégé par le DMCA. Viacom est persuadé du contraire. La compagnie affirme qu'à la différence des fournisseurs d'accès à Internet, qui n'ont vraiment aucune idée de ce qui circule à travers leur réseau, Google est en contact direct avec ses clients. D'un côté, rien ne prouve que YouTube encourage les internautes à violer les droits d'auteur. Google a également toujours réagi promptement lorsque les ayants-droit le lui ont demandé. D'un autre côté, le bénéfice financier que Google tire de ce modèle économique peut très bien jouer en sa défaveur.

    Cette bataille est le symptôme d'une guerre que se livrent anciens et nouveaux médias, deux points de vue différents sur le développement d'Internet. Ceux qui veulent créer des logiciels pour permettre aux individus et entreprises de communiquer et évoluer, et ceux qui veulent garder le contrôle d'un contenu qu'ils ont créé et dans lequel ils ont investi beaucoup d'argent.

    Prenons l'exemple de l'industrie du disque. Les innovations sont venues des entreprises logicielles. Avec son lots de ratés, comme Napster. Les majors ont quant à elles réagi avec un temps de retard. Et si le téléchargement illégal semble avoir diminué, c'est moins par peur du procès que grâce au développement d'une offre légale créative et adaptée à la demande.

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    7
    03
    2007

    New Ways of Sharing Ad Money With YouTube Celebrities

    Some YouTube contributors are feeling like hot commodities, being wooed by the site's competitors with promises of guaranteed exposure and/or a share of advertising money. The most popular YouTubers generate millions of visits and tens of thousands of subscribers. It only seems fair that the YouTube stars have their piece of the cake. Thus, the video sites, like YouTube, Google Video or Revvers, that earn advertising revenues, could not continue to exploit quality user-generated content without paying for it. So, last January, Chad Hurly, YouTube's co-founder, said the company would in the coming months begin sharing advertising revenue with contributors. In the meantime, competitors are taking action.

    In an article from last February 26, the New York Times reveals that Metacafe proposes $5 for every 1,000 views, with their most popular acts netting tens of thousands of dollars. YouTube could share about 20 per cent of ad money gleaned from each video clip with the clip's producer. Until then, the famous video site has been stung by the departure of its most popular acts. Lonelygirl15, an online show about the exploits of a fictitious teenager, left for Revver, which pays producers half of all advertising revenue. The comedy duo Smosh is now exclusively on Live Video. As every TV network, film studio and record label has done for decades, the video sharing sites are thus trying proactively to sign talents.

    YouTube is by far the most popular video site on the Web, with about 26 million visitors in December, according to the Internet statistics firm comScore Media Metrix. Yahoo Video arrives in second position, with 22 million. As for the most important independant site, it is Heavy, with 6.5 millon visits. YouTube can expect hardball tactics from competitors given the economic stakes. But no YouTube competitor can boast of getting millions of eyeballs in a week. The rivals have to pay cash, money that comes from ads. And what advertisers want is to see millions of eyeballs.

    Revvers well understood this. The site, which earns ad revenues based on the number of clip views, encourages producers to distribute their videos on as many sites as possible, without exclusivity. The strategy is to let creators know the rival sites have also a great system. What the amateur producers want first is fame. Fortune comes after. The video sites give them exposure and feedback from the public. Thus, they can get some experience. While hoping video blogging might become some kind of career, one can wait for the YouTube proposition, which will hopefully be profitable for everybody.

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    7
    03
    2007

    Vers une rétribution des contenus amateurs

    Certains contributeurs de YouTube sont devenus de vraies stars, démarchées par les sites concurrents, qui leurs offrent des garanties d'exposition et/ou un partage des revenus publicitaires. Les producteurs-amateurs les plus populaires génèrent des millions de visites et des dizaines de centaines d'inscriptions au site. Il apparaît légitime que les stars de YouTube aient leur part du gâteau. Les portails vidéos, comme YouTube, Google Video ou Revvers, qui récoltent des revenus publicitaires, ne pouvaient pas continuer à exploiter ainsi un contenu amateur de qualité sans le rétribuer. En janvier dernier, Chad Hurly, co-fondateur de YouTube, a ainsi annoncé que l'entreprise allait dans les mois à venir partager ses revenus publicitaires avec les contributeurs. En attendant, la concurrence s'active.

    Dans un article du 26 février dernier, le New York Times révèle que Metacafe propose 5 dollars tous les 1 000 visionnages. Ce qui peut représenter des dizaines de milliers de dollars pour les vidéos les plus visionnées. YouTube pourrait quant à lui partager environs 20 pour cent des recettes publicitaires obtenues pour chaque clip avec son producteur. En attendant, le célèbre portail vidéo a été piqué à vif par le départ de certains de ses contributeurs les plus populaires. Lonelygirl15, véritable buzz, auteur d'une série de vidéos en forme de journal intime d'une adolescente, est parti sur Revver, qui donne la moitié de tous ses revenus publicitaires à ses producteurs. Le duo comique Smosh est désormais en exclusivité sur Live Video. Tout comme les réseaux TV, les studios de cinéma et les labels de musique le font depuis toujours, les sites de partage de vidéos tentent ainsi de signer les talents de façon pro-active.

    YouTube est de loin le portail vidéo le plus populaire, avec environs 26 millions de visites en décembre, selon le service de mesure sur Internet comScore Media Metrix. Yahoo Video arrive en deuxième position, avec 22 millions. Quand au site indépendant le plus important, il s'agit de Heavy, avec 6,5 millons de visiteurs. YouTube peut s'attendre à ce que ses concurrents emploient les grands moyens étant donné les enjeux financiers. Mais aucun concurrent ne peut se vanter d'attirer des millions d'internautes en moins d'une semaine. Les autres sites doivent alors payer cash. De l'argent qui provient des publicités. Et ce que veulent les publicitaires, c'est avoir une audience de millions d'internautes.

    Revvers l'a bien compris. le site, qui perçoit ses revenus publicitaires sur la base du nombre de visionnage des clips, encourage ses contributeurs à distribuer leurs vidéos sur le plus grand nombre de sites possible, sans exclusivité. La stratégie est de rentrer en contact avec les stars de YouTube et de leur montrer que les portails concurrents marchent tout aussi bien. Ce que recherchent ces producteurs-amateurs, c'est principalement le succès. La fortune vient après. Les portails vidéos leur apportent visibilité et feed-back de la part du public. Ils peuvent ainsi « se faire la main » et acquérir une certaine expérience. En attendant qu'il soit possible de faire carrière dans le « video blogging », espérons que YouTube fera une proposition profitable pour tout le monde.

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