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THE FUTUR OF DIGITAL CONTENTS' DISTRIBUTION
  • Sophie Boudet-Dalbin

    Docteur en sciences de l'information et de la communication (SIC) de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas, je travaille sur la distribution des contenus numériques.

    Ma recherche doctorale, pluridisciplinaire, est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes pour la distribution des films par Internet, en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs économiques, créateurs, publics internautes et entités nationales.
    ....................................

    Doctor in Information and Communication Sciences at the University Paris 2 Panthéon-Assas, I focus on digital content distribution.

    My PhD, multidisciplinary, aimes at finding concrete solutions for digital distribution of films, that would outreach stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various economic actors, creators, audience, Internet users and national entities.


  • Articles taggés avec ‘VOD’

    25
    11
    2014

    VoD : le web de demain sera-t-il ouvert ou fermé ?

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    Contenu gratuit ou payant, technologies ouvertes contre terminaux propriétaires : les acteurs de la VoD tentent différentes stratégies pour attirer et retenir leur public.

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    22
    09
    2014

    VoD gratuite : la stratégie perdante ?

    Article publié dans InaGlobal, la revue en ligne des industries créatives et des médias éditée par l’INA.



    Alors que l’on nous prédisait la fin du modèle payant sur Internet, c’est le contraire qui se profile. Médias, majors : tout le monde souhaite sa part du gâteau. Et avec l’essor de la publicité en ligne, l’enjeu est de taille.

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    20
    12
    2012

    Auto-distribution: the future for filmmakers?

    VHX: a sharp vision of digital content distribution, an innovative tool for filmmakers, a new company to follow!!

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    24
    10
    2012

    Rencontres cinématographiques de Dijon : Focus sur les enjeux du marché de la VoD

    Le week end dernier s’est tenue la 22ème édition des Rencontres cinématographiques de L’ARP, pour la 7ème fois à Dijon. L’occasion pour les professionnels et politiques de se retrouver, d’échanger et de définir des objectifs communs pour l’avenir de la filière à l’ère du numérique.

    Les débats organisés ont abordé divers sujets cruciaux : la place de la VoD dans l’écosystème, la légitimité du principe d’exception culturelle, l’accès aux salles des films indépendants, le problème de la concentration des financements et l’adaptation de la copie privée dans le cloud.

    Focus sur le débat « Quelle place pour les plateformes VoD dans l’écosystème du cinéma européen ? » qui a eu lieu vendredi 19 octobre 2012.

    Au programme : la situation des plateformes VoD en France (et plus largement en Europe) face aux opérateurs mondiaux (Apple, Amazon, Google, Netflix), l’évolution des modèles économiques et des avantages comparatifs pour l’offre légale, l’enjeu de l’intégration des nouveaux acteurs dans le financement de la création, le sujet épineux de l’adaptation du système de chronologie des médias.

    Le service à la demande Netflix, invité à participer au débat, aurait répondu selon Florence Gastaud, déléguée générale de L’ARP (qui organisait les rencontres et modérait ce débat) : « Non merci. C’est un peu tôt. Certainement l’année prochaine. » Une réponse en forme d’annonce plutôt claire. Car si l’arrivée en France du géant américain de la VoD par abonnement (S-VoD) se fait attendre depuis bientôt un an, elle semble imminente à en croire ces propos.

    Le marché français doit donc s’organiser et consolider les quelques offres de S-VoD (FilmoTV, VideoFutur, CanalPlay Infinity), malgré une chronologie des médias qui ne permet pas (pour l’instant) de proposer les films en streaming illimité avant 3 ans après leur sortie salles…

    Rodolphe Belmer, Directeur général de Canal+, a débuté le débat en soulignant que la consommation de films en VoD est aujourd’hui « un état de fait » ainsi qu’un phénomène en accélération. Désormais, être présent sur le Web n’est plus une option. Il faut aller là où va l’audience.

    Avec un chiffre d’affaires total de la VoD payante en France (à l’acte et par abonnement) estimé à 219,7 millions d’euros en 2011 (baromètre NPA-GFK), le marché des films à la demande est en pleine croissance (en augmentation de 44,4% par rapport 2010). Il demeure toutefois encore très relatif face au marché du DVD (1,38 milliard d’euros de chiffre d’affaires en janvier 2011) et avec des prix de transactions qui continuent de baisser.

    La situation est donc difficile pour les plateformes VoD françaises. En rajoutant la TVA aux prix fixés par Apple, « on ne gagne pas d’argent » déplore le représentant de Canal+. Sur ce « marché qui croît très vite, soit la rentabilité est très faible, soit on perd de l’argent » confirme Jean-Yves Bloch, Directeur de la plateforme française UniverCiné et de la fédération européenne des plateformes VoD du cinéma indépendant EuroVoD.

    Pour Canal, le plan d’action est très clair.
    3 axes d’action pour le développement de la VoD :

    (1) Adapter l’offre légale :

    Préparer les modèles de la chaîne à cette évolution en renforçant, d’une part, la ligne éditoriale sur le cinéma français ainsi que le sport, et d’autre part, en intégrant les différentes offres gratuites, payantes, à l’acte, par abonnement.

    Il s’agit donc, dans un premier temps, de développer la ligne éditoriale afin de concurrencer l’offre illégale. Un point crucial, comme le souligne José Antonio de Luna, co-fondateur de Filmin, plateforme VoD espagnole.

    Il s’agit également de proposer la palette la plus large de services, et sur tous les terminaux connectés (téléviseurs, tablettes, téléphones, ordinateurs). Dans un univers dématérialisé où tout est à portée de clic, il convient d’utiliser dans la chaîne de valeur quelque chose qui ne puisse pas être reproduit. Il est donc primordial d’être en mesure d’offrir un contenu le plus varié possible sur tous les terminaux connectés et facilement accessible.

    Mais comme le déplore Jean-Yves Bloch d’UniversCiné/EuroVoD : « Aujourd’hui, on n’a fait que remplacer le marché de la vidéo locative. » Et tandis que les exclusivités restent un atout concurrentiel, « les films doivent être sur toutes les plateformes légales afin de lutter contre le P2P » souligne José Antonio de Luna.

    (2) Ajuster la réglementation :

    Le numérique bouleverse les schémas établis. La notion de territorialité s’efface, le phénomène de globalisation s’accentue. Face à un phénomène de distorsion fiscale entre les différents pays européens, et à une situation concurrentielle déséquilibrée avec des acteurs globaux qui ne sont pas soumis aux mêmes obligations de diffusion et de financement, les acteurs de la VoD en France apparaissent pénalisés.

    Pour être concurrentiels, les mêmes règles doivent s’appliquer pour tous les acteurs souligne Rodolphe Belmer. Une position qui sera défendue par l’opérateur auprès de la mission Lescure. Et « si on n’a pas ça au niveau français, on le demandera au niveau européen » prévient le DG de Canal.

    (3) Lutter contre le téléchargement illégal :

    « Trouver un équilibre pour convaincre les autorités de sanctionner, et de plus en plus, le piratage. » Sur ce point, il s’agit pour Canal de développer au maximum l’offre légale afin de pouvoir demander au législateur d’accroître la lutte contre le P2P. Pour contrer l’offre illégal, l’offre légale doit être clairement identifiée et identifiable, rappelle Bruno Delecour, Président de FilmoTV.

    Alors tombe la question présente dans tous les esprits :
    Y a-t-il encore de la place sur le marché de la VoD pour les acteurs européens ?

    « Oui, car il faut de la concurrence » affirme Jérôme Chung, co-fondateur d’Under The Milky Way, société de services dédiée au marketing et à la distribution digitale de films et programmes audiovisuels. Sans minimiser les aspects réglementaires qui doivent être harmonisés en Europe (TVA et chronologie des médias), Jérôme Chung souligne l’aspect commercial qui demeure pénalisant pour les acteurs européens.

    Les stratégies de développement à l’international sont essentielles pour rester compétitif dans un marché composé d’acteurs globaux tels qu’Apple, Netflix, Google ou Amazon ; acteurs qui disposent de ressources financières infiniment plus importantes, d’une image de marque extrêmement forte, et qui sont déjà positionnés sur les marchés des technologies à forte valeur ajoutée tels que le cloud computing, affirme Jérôme Chung.

    Sur ce point, la route est encore longue pour les acteurs européens. Pour voir un acteur français émerger et devenir un acteur puissant, « on a un besoin important d’investissements afin de réaliser assez de marge » lance Rodolphe Belmer.

    Face à des offres d’acteurs globaux qui rencontrent un large succès, les divers services payants de VoD européens peinent à émerger. Nombre de films disponibles ridiculement bas, faiblesse de la promotion des offres et indigence des plateformes, les points noirs ne manquent pas et chacun suffit à conforter un certain manque d’enthousiasme des éditeurs et des consommateurs.

    L’intervention d’Antoine Rein, producteur chez Delante Films, membre du Conseil d’administration du Syndicat des producteurs indépendants (SPI) aura d’ailleurs permis de constater une certaine frilosité des producteurs à confier leurs films aux plateformes VoD (conditions financières, problème de l’exclusivité). Pour les ayants droit du cinéma, la valeur du film est au sein d’un catalogue et si le film est trop exposé dans le cadre d’une offre illimitée, les ventes sur les fenêtres suivantes peuvent être compromises.

    Abordé timidement, le problème crucial de la chronologie des médias est bien sûr resté en suspend. Véritable « dilemme » pour l’industrie du film, comme l’affirme Jérôme Chung d’Under The Milky Way, ce système « protège mais empêche », dans une certaine mesure, le développement du secteur.

    Tandis que Jean-Yves Bloch d’UniversCiné/Eurovod souligne le risque de cannibalisation, Rodolphe Belmer de Canal+ laisse entrevoir une évolution possible : ajuster la fenêtre de VoD par abonnement à la fenêtre de TV en clair, selon le modèle qui prévaut aujourd’hui aux Etats-Unis.

    Une pirouette qui ne règle pas vraiment le problème de l’exclusivité de la fenêtre Canal et des chaînes de TV en clair co-productrices. Cela ferait gagner en France à peine 6 mois pour le déploiement de l’offre S-VoD. Les films seraient alors disponibles dans les catalogues S-VoD 2 ans et demi (au lieu de 3) après leur sortie en salles…

    Pourtant, à l’heure où les utilisateurs préfèrent de plus en plus l’accès à un catalogue illimité plutôt que l’achat unitaire, ce marché représente également un levier extraordinaire de fidélisation, de création d’un parc d’abonnés et de différenciation des plateformes.

    En toile de fond, la question centrale de l’intégration des nouveaux acteurs au financement de la création a bien sûr été effleurée, puis traitée un peu plus en détail lors de la table ronde sur l’exception culturelle. Sur ce point, nous restons un peu sur notre faim. Mais pour parler de ces sujets, les grands absents à ce débat étaient les acteurs de l’électronique grand public et autres grands acteurs américains. Espérons que les prochaines Rencontres de l’ARP sauront se prêter au jeu de la multitude des nouveaux acteurs de la VoD pour ouvrir un dialogue constructif sur l’avenir du cinéma à l’ère du numérique.

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    15
    05
    2012

    Le compte à rebours de la chronologie des médias

    Article publié dans le magazine en ligne d’actualité et d’analyse du monde informatique, PC INpact.

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    2
    12
    2011

    La distribution des films par Internet : enjeux socioculturels, économiques et géopolitiques

    Ma thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication à télécharger ici en version résumée et complète.

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    9
    11
    2011

    La distribution des films par Internet : enjeux socioculturels, économiques et géopolitiques

    Thèse rendue, soutenance prévue courant décembre. L’aventure continue !

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    Résumé :

    A l’heure d’Internet, l’avenir du cinéma est en jeu. Les TIC nous font entrer dans une nouvelle ère dont la caractéristique centrale est le transport instantané de données immatérielles. Les modes de fonctionnement de la société, de l’économie et du droit d’auteur s’en trouvent bouleversés. L’adoption rapide des usages et l’extrême volatilité des modèles appellent à un ajustement des stratégies pour concilier développement technologique et juste rémunération des ayants droit. Avec la disparition de la notion de territorialité et la remise en cause du concept de propriété, l’Etat tente d’ajuster les diverses législations en vigueur et se lance dans une course de vitesse contre le numérique. L’industrie sort, quant à elle, progressivement d’une position défensive et s’efforce de développer des offres et services innovants. Mais la remise en cause de la chronologie des médias et l’arrivée d’une multitude d’acteurs qui ne participent pas au financement de la création, requièrent des solutions novatrices et de nature supranationale. S’il est important de faire évoluer les cadres juridiques et réglementaires pour soutenir et favoriser la distribution des films à la demande, il est également urgent de concevoir collectivement la manière dont les nouvelles pratiques de la génération connectée peuvent contribuer à un soutien équilibré de la production, condition fondamentale pour la pérennité du cinéma. Cette recherche pluridisciplinaire est une étude prospective qui vise à trouver des solutions concrètes en mesure de dépasser les stéréotypes et de réconcilier les motivations et contraintes des divers acteurs : industries, créateurs, publics, gouvernements.

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    8
    11
    2011

    Film Distribution Through The Internet: Sociocultural, Economic and Geopolitical Stakes

    PhD’s finished, defense due in December. To be continued!

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    Abstract:

    With the growth of the Internet, the future of cinema is at stake. ICT ushers in a new era whose main characteristic is the instant transportation of data. The way society, the economy and copyrights work is undergoing dramatic shifts. New uses of technology are swiftly embraced and the volatility of models demands an adjustment of strategies so that technological development does not clash the right of owners’ fair payment. Territoriality is disappearing as a notion and property is being questioned as a concept. The State tries to adjust the different legislations in force and engages in a race against digital technologies. As for the industry itself, it is progressively forsaking its defensive stance and is striving to develop innovative offers and services. But the sequencing and the emergence of numerous new actors who do not participate in the financing of creation, call for modern and supranational solutions. While legal and regulatory frameworks need to evolve in order to sustain and encourage the distribution of on demand films, it is also urgent to collectively conceive a way for the digital natives’ new practices to contribute to a balanced support to production, which represents a fundamental condition to ensure the continued existence of cinema. This multidisciplinary research aims at finding actual solutions that will be able to overcome stereotypes as well as reconcile the motivations and constraints of the various actors: industries, creators, audiences, governments.

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    12
    10
    2011

    « La S-VoD sera la seule manière de faire décoller la VoD légale »

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    Interview de Richard Huin, président & fondateur, imineo

    11/10/11


    • Concernant l’offre de films d’imineo

    - SBD : Dans la multitude des offres disponibles, comment celle d’imineo se distingue-t-elle ?

    RH : Aujourd’hui, en cinéma, tout le monde propose à peu près la même chose. La différence est faite sur les studios américains qui eux sont très durs à obtenir puisqu’ils demandent des MG très élevés par rapport à la réalité du marché sur Internet. Nous n’avons pas eu d’investissement, donc nous ne pouvions pas accéder à ces catalogues. Au niveau de l’offre de cinéma, nous avons donc une offre moins bonne puisque nous n’avons pas les majors américaines mais par contre nous intégrons tout ce qui est du direct to video. Nous allons chercher les petits producteurs qui nous donnent des DVD qui ne figurent absolument pas sur les autres grosses plateformes. Nous avons donc plutôt vocation à faire du Amazon. Nous distribuons le maximum pour nos clients. Nous avons commencé avec le fitness parce que le cinéma ne nous faisait pas confiance durant des années. Ils nous ont enfin parlé quand au bout d’un moment nous faisions partie du paysage.
    L’IPTV représente entre 20 et 25 % de notre chiffre d’affaires. Nous réalisons 80 % sur le net. Nous sommes la seule plateforme dans cette situation parce que nous sommes des spécialistes du référencement naturel et des sites d’une manière générale. Nous avons également une veille technologique très forte sur les news groups. Nous savons ce qui se vend, ce qui se télécharge. En ce moment, il y a beaucoup de bandes dessinées qui sont téléchargées au format PDF. Cela nous donne l’idée de mettre des bandes dessinées sur imineo par exemple. Nous ne regardons pas du tout comment fonctionne le monde du cinéma mais plutôt la demande du public sur Internet mais nous devons nous adapter à des règles bien établies.

    - SBD : Comment considérez-vous le film de long métrage au sein de votre offre de contenu ?

    RH : Le long métrage ne représente que 25 % de notre chiffre d’affaires. Par contre, cela attire les journalistes. En fait, c’est la chose que tout le monde regarde, alors que l’essentiel du chiffre d’affaires n’est pas du tout fait à cet endroit-là. Tout simplement parce que sur ces produits nous ne vendons essentiellement que de la location entre un à quatre euros, alors qu’une vidéo de fitness est vendue à quinze euros au format ISO sans DRM. Pour les films, c’est impossible de proposer une offre sans DRM, même pour ceux qui sont supposés être libres de droit d’auteur. Aujourd’hui, avec les DRM on punit celui qui achète légalement, ce qui favorise l’offre illégale. D’autant qu’il est beaucoup plus facile de convertir quelqu’un vers une offre légale, que de convertir un pirate vers le légal puisqu’il a déjà fait le pas. Le marché du cinéma n’est pas du tout ouvert à l’idée d’enlever les DRM. Il est encore très protégé, clairement aux dépends de la VoD. On nous impose par exemple des reversements de soixante à soixante-dix pour cent pour les nouveautés. Il nous reste alors extrêmement peu de marge. Nous ne nous concentrons donc pas sur ce segment pour le moment, mais ça changera quand nous aurons plus de moyens.

    - SBD : Des acteurs comme Netflix ou Amazon, révèlent un intérêt grandissant des consommateurs de films en ligne pour la S-VoD. Pensez-vous prochainement développer une offre par abonnement ? Quels sont selon vous les obstacles en France ?

    RH : Il est très difficile de faire une S-VoD de qualité sur le cinéma alors que pour tous les autres titres (documentaire, fitness) nous pouvons proposer des formules d’abonnement. Cela casse notre modèle économique. Nous savons que la S-VoD sera la seule manière de faire décoller la VoD légale. Mais pour l’instant, c’est complètement verrouillé, certainement par les salles de cinéma mais aussi par la chaîne Canal Plus qui voit cela arriver d’un très mauvais œil puisqu’ils vendent leur abonnement à trente-cinq euros.

    - SBD : Quel est le positionnement d’imineo face aux stratégies de partenariats multiplateformes et de TV connectée ?

    RH : Notre stratégie est évidemment de diffuser sur tous les écrans. C’est la bonne stratégie pour tout le monde. Nous développons aujourd’hui des solutions pour être disponibles sur les tablettes et les téléphones portables. Nous sommes rentrés chez Free, mais avec seulement une partie de notre catalogue. Pour les autres FAI, c’est très dur…


    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    RH : En tant qu’exploitant de plateforme, nous n’avons rien vu. Nous avons été labellisés. Pour moi, ce n’est pas comme ça qu’il fallait faire les choses. Les gens ne prêtent aucune attention aux labellisations. Ce qu’il faut, c’est être distribué partout et à un prix raisonnable.J’ai trouvé le rapport Hubac très intelligent, notamment sur le fait que chaque plateforme pourrait avoir un accès aux IPTV puisque cela représente 92 % du marché. Le téléchargement illégal a certainement un impact fort sur les ventes, nous voyons bien que la perte de chiffre d’affaires sur les ventes DVD n’a pas été compensée par la VoD. La chronologie des médias n’aide pas non plus. Avec Internet, on peut tout avoir tout de suite, il va falloir que les studios s’adaptent un jour ou l’autre.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour lutter contre le téléchargement illégal, notamment à travers la HADOPI ?

    RH : C’est un bon début, l’idée est bonne. Mais ce n’est pas comme cela qu’il faut faire. J’avais proposé à HADOPI de les aider pour bloquer les pirates. Il suffit d’interdire certains serveurs au niveau des FAI. Mais ce n’est pas possible. Pourtant, on sait le faire avec d’autres sites… Je peux comprendre que les sites pirates conviennent aux étudiants qui n’ont pas d’argent. Mais ensuite, on doit quand même faire payer, c’est obligatoire, sinon il n’y aura plus de production, ou du moins autre que les super-productions américaines.

    - SBD : La chronologie des médias vous semble-t-elle adaptée ?

    RH : Non pas du tout. Celui qui paie est pénalisé. Il n’a pas la nouveauté. Il faudrait mettre tout le monde sur le même pied d’égalité. Nous nous considérons comme une salle de cinéma et pour l’internaute c’est pareil. On pourrait imaginer qu’une nouveauté en VoD puisse être vendue trente euros, ce qui se justifie puisque l’on peut être plusieurs derrière son écran pour regarder le dernier film qui sort. On n’est pas obligé de faire payer le film dix euros comme une entrée en salles. On pourrait le vendre plus cher et ça marcherait, c’est certain, les gens sont prêts à payer pour cela. Les gens n’ont pas envie d’attendre quatre mois pour une nouveauté, alors qu’elle est déjà diffusée partout sur les réseaux. La VoD est en bout de chaîne d’exploitation d’un titre alors que la technologie Internet permet d’être en temps réel… La chronologie des médias certes protège les acteurs traditionnels de la distribution vidéo mais est très mauvaise pour les plateformes de VoD. Cela changera, j’en suis certain.

    - SBD : Que pensez-vous d’un système de répartition de la valeur de type licence globale ?

    RH : Mon cœur est pour la licence globale. Ce serait une bonne chose pour la diffusion des contenus. Et finalement, pour l’industrie, ce serait peut-être la meilleure chose. Mais en tant qu’entrepreneur, ce n’est pas bon pour moi. La licence globale est malgré tout, pour le consommateur, la meilleure des solutions.


    • Concernant les consommateurs

    - SBD : Quelle est votre analyse des tendances des consommateurs de films en ligne ?

    RH : Pendant des années, nous avions des retours extrêmement négatifs sur les DRM puisqu’un ordinateur est configuré de façon exotique : chacun à son anti virus, son firewall, et ça bloque les téléchargements de licences. De plus, ce système de protection des films n’est compatible que sur PC ou non sur Mac ou Linux. Maintenant que nous avons mis en place le streaming, c’est plus compatible pour tout le monde (Mac, Linux et PC) donc il y a moins de retour, mais évidemment ceux qui veulent télécharger les fichiers ne sont toujours pas satisfaits. Il s’agit de problèmes techniques que nous ne pouvons pas éviter. Par ailleurs, comme il n’y a pas de baisse significative des prix, les clients ne sont pas encore satisfaits au niveau du tarif alors que le film est déjà sorti depuis longtemps. Donc je dirais que la VoD, ce n’est pas encore sexy. Mais il faut attendre que les choses se développent. Il va falloir faire une offre complète, pas chère et souple, c’est évident ! Pour le moment, ce n’est pas le cas.

    - SBD : Dans quelle mesure l’offre d’imineo prend-elle en compte les médias sociaux ? Quelle est votre stratégie en terme de VoD sociale ?

    RH : Ce sont des outils puissants. Le réseau social va être un très bon prescripteur pour consommer des titres, c’est certain. Mais il faut que ce soit dans un abonnement.


    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films ?

    RH : En premier, une connexion Internet qui soit encore plus rapide. C’est la base. Cela va permettre la diffusion en HD jusque dans les tout petits villages. Aujourd’hui, beaucoup de nos clients ont des problèmes de connexion. Il suffit qu’un routeur soit en panne ou marche mal parce qu’il a été installé il y a trente ans, et l’accès à notre site est difficile.
    Évidemment, des prix attractifs, soit à l’acte beaucoup plus bas, soit en S-VoD. Pour moi, l’abonnement est le plus important. La S-VoD est le meilleur moyen pour faire descendre les prix puisqu’il n’y a plus de prix. Les plateformes uniquement en ligne comme nous sont extrêmement dépendantes de Google. Quand Google change son algorithme, nous le payons cher. La S-VoD permet d’atténuer ce phénomène de dépendance, de fidéliser les clients et de contrer la chute des prix dans le commerce physique.

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    7
    09
    2011

    « Ce qui crée l’usage, ce n’est pas que l’offre, mais aussi la facilité, l’accès »

    logo_color

    Interview de Sophie Voisin, directrice des opérations & Bruno Atlan, directeur marketing et développement international, UniversCiné

    25/08/11


    • Concernant l’offre de films d’UniversCiné

    - SBD : Dans la multitude des offres disponibles, comment celle d’UniversCiné se distingue-t-elle ?

    SV & BA : Notre ligne éditoriale fait que nous avons un positionnement différent des plateformes généralistes comme CanalPlay ou VideoFutur. Nous sommes vraiment sur le cinéma d’auteur français, européen et international, pratiquement exclusivement en VOST. Cela ne veut pas dire que nous soyons dans un ghetto du film d’auteur. Au contraire, nous sommes très ouverts. Nous sommes là pour faire découvrir du cinéma « intelligent » à un large public. Donc, il y a plus de VO, pas les mêmes films et nous éditorialisons fortement.
    Nous pourrions nous comparer à FilmoTV pour l’approche présentation. Mais, nous allons tourner des bonus vidéo, rédiger des articles avec une équipe éditoriale. FilmoTV est plus dans la critique cinéma. UniversCiné est plus dans l’interview de réalisateurs, des formats un peu plus longs. Le fait de pouvoir rencontrer ceux qui font le cinéma était un des leitmotivs de l’équipe. Donc l’équipe éditoriale se déplace, profite des tournages, va sur les festivals, y compris européens, et ramène des interviews qui sont montées. Nous n’utilisons pas de base documentaire existante, nous la créons de toute pièce. Sur pratiquement 1 600 films, les synopsis, les pitchs, les articles, en dehors des citations presse, tout est produit en interne.

    - SBD : Comment considérez-vous le film de long métrage au sein de votre offre de contenu ?

    SV & BA : Nous n’offrons quasiment exclusivement que du long métrage. Nous avons quelques courts qui sont là souvent parce que nous avons le long d’un même réalisateur et que nous voulons montrer son œuvre complète. Nous avons beaucoup été sollicités pour rentrer des courts mais avons choisi de nous concentrer sur le long métrage parce que nous ne pouvons pas tout faire et que c’est là que se trouve le potentiel commercial. Après, cela nous arrive de faire d’autres choses, comme par exemple avec le Cinéma du réel. Là, il s’agit de cinéma documentaire de création, avec des formats un peu atypiques. Cela vient enrichir notre offre de manière événementielle. Mais sinon, nous sommes vraiment cent pour cent cinéma.

    - SBD : Des acteurs comme Netflix ou Amazon, révèlent un intérêt grandissant des consommateurs de films en ligne pour la S-VoD. Pensez-vous prochainement développer une offre par abonnement ? Quels sont selon vous les obstacles en France ?

    SV & BA : Nous sommes en plein dedans. Historiquement, nous représentons un collectif de producteurs et distributeurs qui ne voulait pas que le marché de la VoD aille trop vite vers la formule d’abonnement. Nous pensions qu’il y avait de la destruction de valeur dans un marché qui n’était pas mûr. L’histoire nous a donné raison jusque là puisque le marché s’est quand même développé de manière soutenue, à l’acte. Il y a un vrai marché qui s’est développé en IPTV, en France, sur la VoD à l’acte. Aujourd’hui, la croissance du marché en T-VoD se ralentit un peu. Effectivement, même dans un pays où la chronologie des médias est à 36 mois pour la S-VoD, il y a des offres qui sont en cours de développement, qui arrivent de l’étranger ou de la France. Nous n’y sommes pas opposés et allons participer sans aucun doute à ce mouvement, tout en gardant cette logique de maximisation de la valeur du marché. Nous pensons qu’il faut aussi respecter la valeur de la salle et de la consommation à l’acte. Il faut continuer à avoir des offres à l’acte parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas s’abonner. Il s’agit de voir comment articuler intelligemment les offres de VoD par abonnement et à l’acte. En France, il y a des acteurs suffisamment bien installés sur la VoD à l’acte pour ne pas avoir, dans deux ans, un Netflix avec 80 % du marché de l’abonnement.
    Nous avons décidé d’être plus royalistes que la chronologie des médias et de mettre des œuvres plus « anciennes » que les trois ans, puisqu’il y a encore de la valeur à l’acte sur des films qui ont 3-4 ans, d’autant plus sur notre secteur. Nous allons chercher les inédits, les perles rares, des films qui n’ont pas forcément été vus ou de niche. Nous avons aussi toujours été assez hauts dans les prix pratiqués. Lorsque tout le monde est venu à 4,99€ sur la VoD, nous oscillions entre 3,99€ et 4,99€, pour nous ajuster à iTunes. Mais dès le départ, nous nous sommes positionnés sur la fourchette haute, sans trop de regrets.
    Le problème principal de la S-VoD aujourd’hui est que cela vient directement en concurrence avec des offres télévisuelles payantes ou gratuites, de type Ciné Cinéma, avec des droits assez proches. La valeur qu’offrent les chaînes de TV est encore supérieure à celle qu’offre la S-VoD. Après, les chaînes de TV n’ont pas vocation à passer tous les films. Donc, il y a une question de concurrence entre ces deux médias et de gestion des fenêtres.
    Sur la T-VoD, notre marge est de l’ordre de 10-15 %. Sur la S-VoD, c’est encore difficile de dire comment va se répartir la valeur. Nous en sommes encore aux balbutiements. Les modèles vont évoluer à mesure que le marché va mûrir. Nous allons peut-être prendre plus de risques en préfinancement, en achat de films avant leur sortie. Nous allons rémunérer ce risque d’une manière ou d’une autre. La VoD génère quand même pas mal de ressources par rapport à l’investissement en production qui est fait tous les ans en France. La vocation d’UniversCiné était de créer une structure qui ait les moyens de mettre Internet au service du préfinancement de la production, avec prise de risque dans la production. Cela devient aujourd’hui possible. Sur le DVD, beaucoup d’intermédiaires se sont mis dans la chaîne et souvent, cela n’a bénéficié qu’à de très gros films, cela n’a pas forcément favorisé la diversité. La vocation d’UniversCiné est justement d’arriver à faire bénéficier tout le monde de productions assez variées et diverses, des revenus Internet.
    Nous ne croyons pas au gratuit financé par la publicité. C’est un peu l’illusion d’Internet. On ne s’y retrouve jamais. On ne peut pas préfinancer un film avec des modèles publicitaires. Seule la concentration de grands acteurs de la télévision peut permettre de préfinancer des films avec ce modèle. Sur Internet, l’éclatement des acteurs et le volume publicitaire ne sont pas très crédibles pour l’instant.

    - SBD : L’offre UniversCiné est désormais disponible en Belgique. Envisagez-vous d’autres partenariats ?

    SV & BA : Nous sommes fortement soutenus par MEDIA pour construire le réseau EuroVod et continuer à l’étendre. Tout d’abord, pour l’échange de droits croisés. Un producteur allemand va être plus facilement en mesure de nous trouver des droits sur un film allemand pour tous les pays d’EuroVod, et inversement. L’idée est de faciliter la circulation des œuvres grâce à ce réseau. Il s’agit aussi d’échanger les bonnes pratiques, de soutenir le développement de la VoD sur le cinéma indépendant, de mutualiser nos expériences du marché, etc. Notre objectifs serait de mutualiser le plus possible nos moyens techniques entre ces différentes plateformes pour devenir plus compétitif et résister à des acteurs plus généralistes, qui appartiennent à de grands groupes. Ce n’est pas toujours simple. Il y a des barrières culturelles, linguistiques. Mais nous y travaillons en tous cas.
    Il n’y a pas une volonté de porter UniversCiné. UniversCiné Belgium a décidé de garder la marque. Mais, par exemple, nous développons une plateforme en Pologne pour le compte des Polonais. Nous avons de l’avance. Nous avons été précurseur. Donc nous semons un peu le modèle et aidons techniquement et opérationnellement nos partenaires européens. Nous leur faisons gagner du temps sur la technique, sur l’expérience que nous avons. Nous sommes donc en train de développer des technos pour la Pologne, une nouvelle initiative avec les Césars polonais. En Suisse, ça s’appelle UniversCiné Swizerland. Mais en Irlande, ça s’appelle Volta. Volta étant la première salle de cinéma en Irlande, ils ont voulu faire allusion au symbole. Nous ne partons pas sur un modèle « supranational », avec une plateforme en anglais pour tout le monde afin de vendre le cinéma indépendant. Il s’agit de films qui ne sont pas parmi les plus faciles d’accès. Nous faisons donc un travail éditorial pour les pousser. Nous devons être présents dans la langue du pays, proches du public, de la vie culturelle. Il y a une stratégie marketing dans chaque pays. Donc, ce n’est pas forcément la même marque. En outre, l’éditorialisation, la mise en avant de l’offre n’est pas du tout la même sur un même film en Belgique qu’en France par exemple. Ce n’est pas une question de langue mais plutôt de culture. On pénètre mieux son marché quand on est proche de son public. Après, nous travaillons aussi sur des approches communes, des passerelles.

    - SBD : Quel est le positionnement d’UniversCiné face aux stratégies de partenariats multiplateformes et de TV connectée ?

    SV & BA : Nous avons vocation à distribuer le label UniversCiné sur tous les canaux pour trouver notre public, que se soit auprès de tiers opérateurs en IPTV ou câble, ou sur le Web. Là, c’est un peu différent car nous souhaitions concentrer l’audience sur notre site. Nous avons donc des partenariats historiques avec Virgin Mega et Arte VOD sur une toute petite partie du catalogue. Après, nous avons la stratégie d’aller sur les nouveaux devices. Pour les TV connectées, nous sommes un des premiers services à avoir été lancé sur LG, depuis fin juin. Le portage sur tablette Android est prévu d’ici la fin de l’année. Une petite partie de notre catalogue est sur iTunes. Ce qui ne nous empêchera pas d’étudier la possibilité de porter notre service sur iPad et iPhone, avec une appli pour 2012, sachant que leur stratégie est d’enfermer les éditeurs dans iTunes et les empêcher d’aller développer les appli.


    • Concernant le téléchargement illégal et la réponse législative

    - SBD : Tandis que nombre d’études affirment que le téléchargement illégal nuit fortement à l’industrie du film, de plus en plus d’études tendent à montrer que le piratage n’affecterait que peu les ventes, voire aurait un effet positif sur la consommation légale des contenus, à mesure que l’offre légale se développe. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    SV & BA : Nous sommes persuadé que le téléchargement a un impact très négatif sur les ventes. C’est illusoire de croire le contraire. C’est vraiment de l’hypocrisie. Cela nous porte préjudice de manière sérieuse. Le site Internet représente 5 % de notre volume d’affaires, clairement parce qu’il y a cette culture du piratage et du tout gratuit sur le Web. On peine clairement à développer l’offre. Quelques études montraient que, sur une période donnée, en prenant un échantillon de notre offre, on avait presque les mêmes ratios entre les volumes piratés et nos ventes. Les gens cherchent la même chose en gratuit ou en payant. S’ils le trouvent en gratuit, ils ne vont pas payer.

    - SBD : Quelle est votre évaluation des actions menées par le gouvernement pour lutter contre le téléchargement illégal, notamment à travers la HADOPI ?

    SV & BA : Il n’y a clairement aucune volonté politique. C’est une coquille vide. Il y aurait vraiment les moyens de suspendre, de fermer les sites. Les lois n’ont pas besoin d’être liberticides pour fermer les plateformes de téléchargement illégal. Nous avons l’impression que l’on a mis en place une réponse pour aller prévenir les téléchargeurs qu’ils n’ont pas le droit de faire du P2P, alors qu’il y a des offres de streaming qui pullulent. On ferait mieux d’avoir une unité super efficace qui serait là pour fermer ces sites. Ce n’est pas forcément une bataille perdue d’avance. Cela aurait pour sûr un impact sur le marché de la VoD.

    - SBD : La chronologie des médias vous semble-t-elle adaptée ?

    SV & BA : Aujourd’hui, nous avons plutôt tendance à défendre la chronologie des médias telle qu’elle est. Le passage de la VoD à 4 mois a eu un effet bénéfique sur les ventes en VoD. Sur les DVD, cela a permis de maintenir et d’enrailler la chute. Les 2 mois supplémentaires servaient beaucoup au piratage. Et cela n’a pas handicapé la salle pour autant. Après, que la S-VoD soit à 36 mois, cela nous semble plutôt raisonnable pour l’instant. Nous avons tendance à défendre ce modèle, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Les fermetures de fenêtres pour les TV payantes sont légitimes, dans la mesure où il y a préfinancement ou achat. Certes, les fenêtres exclusives sont peut être un peu longues par rapport aux périodes de diffusion, ce qui rend le film indisponible pendant une longue période. Il faut voir comment cela va s’organiser à terme. C’est vrai que le public ne comprend pas toujours pourquoi le film disparaît des offres de VoD à l’acte pendant près de deux ans. Ce n’est pas logique pour le grand public. Après, cela ne concerne pas la VoD en vente définitive, qui se développe, notamment sur l’IPTV. Free a commencé avec Disney et d’autres vont suivre.

    - SBD : Que pensez-vous d’un système de répartition de la valeur de type licence globale ?

    SV & BA : Nous défendons le rôle de l’éditeur, de la recommandation, de la prescription. Nous voyons mal comment ce travail pourrait être rémunéré ou identifié dans un modèle complètement ouvert où tout le monde échange ce qu’il veut, et où on finit par rémunérer je ne sais pas comment, je ne sais pas qui. Tout le travail d’édition que les acteurs de la VoD ont mis en place serait complètement balayé par un système de licence globale. Et, comment mesure-t-on ce qui est réellement consommé ? Comment remonte-t-on aux ayants droit ? Nous trouvons cela très déstructurant pour le marché. Cela ne nous semble pas très réaliste, d’autant que le marché s’est déjà structuré, avec cette année entre 150 et 200 millions d’euros sur la VoD à l’acte. Mais peut-être qu’il y a des systèmes intelligents qui vont être trouvés et que l’on ne connaît pas encore, ce dont nous doutons.


    • Concernant les consommateurs

    - SBD : Quelle est votre analyse des tendances des consommateurs de films en ligne ?

    SV & BA : On se rend compte que le consommateur de VoD n’est pas le jeune 15-25, comme on pouvait le croire au départ, avec les usages technologiques. Le jeune de 15-25 pirate beaucoup plus qu’il n’achète. Après, ce sont des questions de pouvoir d’achat. Mais nous sommes plus sur les 25-59, qui ont déjà un certain pouvoir d’achat et ne vont pas s’embêter à pirater. L’évolution des usages touche un public de plus en plus large. Cela semble de moins en moins compliqué, notamment sur une box.

    - SBD : Dans quelle mesure l’offre d’UniversCiné prend-elle en compte les médias sociaux ? Quelle est votre stratégie en terme de VoD sociale ?

    SV & BA : Nous avons une communauté implicite sur notre site mais qui n’est pas encore très active puisque nous ne lui avons pas donné les outils pour s’exprimer. Nous avons commencé à mettre les premiers modules, tels que Facebook Connect. Nous réfléchissons également à faire de la VoD directement sur Facebook, puisque l’on voit que les studios américains s’y mettent. Les réseaux sociaux et la recommandation au sens large jouent effectivement un rôle et peuvent faire émerger des films. Sur nos types de films, qui ont été peu marketés, sont peu connus, le communautaire joue un rôle. Nous y sommes très attentifs et essayons de nous interfacer avec les réseaux sociaux existants. Mais nous n’avons pas l’ambition de recréer un réseau social, comme Mubi. Nous sommes partis de l’offre, l’avons étendue, et maintenant que les usages sont installés, avec une distribution multicanaux, nous allons nous interfacer avec les réseaux sociaux existants. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir de petites fonctionnalités communautaires de base (l’annotation, le commentaire).


    • Pour conclure

    - SBD : Quels seront selon vous les facteurs clé de succès pour la distribution numérique des films

    SV & BA : La qualité et la profondeur de l’offre ; sa structuration, son éditorialisation. C’est ce qui a fait que le marché de la VoD a décollé. Après, il y a évidemment l’accessibilité sur tous les devices. On se rend compte que ce qui crée l’usage, ce n’est pas que l’offre, mais aussi la facilité, l’accès. Et, la continuité de service.

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